‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 2)Chapitre 193 sur 335 · DIGRESSION SUR LES ALLIANCES ÉTR-^NGÈRES · texte numérisé non relu

DIGRESSION SUR LES ALLIANCES ÉTR-^NGÈRES

sujets du roi , comme le car '.inal eut le front de le lui écrire , et comme son frère aîné aima mieux risquer tout que de s'avouer tel, comme cela est expliqué ici et l'adresse fort étrange par laquelle d'Ague.=seau . lors procureur général, le sauva sans s'avouer sujet. Mais revenons à leurs mariages.

H. de La Tour, vicomte de Turenne, qui se fit huguenot, à quoi il gagna tant, et qui servit si bien Henri IV jusqu'à ce que ce prince lui fit épouser l'héritière de La Marck , dame de Bouillon , Sedan , etc. , et qui lui fut depuis si perfide, si ingrat et si félon, lui et sa postérité [à Henri IV] et à celle de ce monarque qui l'avoit fait maréchal de France pour ce mariage , si connu auparavant sous le nom de vicomte de Turenne , et depuis sous celui de maréchal de Bouillon , n'avoit point eu de mères que de la noblesse françoise. Veuf sans enfants de cette héritière qui avoit un frère de son père et des cousins germains , il conserva par force et par la protection de Henri IV qui s'en repentit bien depuis, comme on le voit par les Mémoires de Sully . et par tous ceux et les histoires de ce temps-là; il conserva, dis-je, toute la succession de l'héritière qui lui servit à figurer contre son roi et son bienfaiteur au dedans et au dehors du royaume , en s'appuyant des huguenots françois et étrangers , et par des mariages étrangers qu'ils lui facilitèrent. Ainsi il se remaria à la fille puînée du célèbre Guillaume de Nassau , prince d'Orange, fondateur de la république des Provinces- Unies, qui cherchant de son côté à s'assurer des huguenots de France, pour se faciliter et se continuer l'appui si nécessaire de cette couronne à sa république naissante et à la continuité de la grandeur et de la puissance qu'il y avoit acquises et la transmettre aux siens , fit volontiers ce mariage de sa fille et d'une autre encore fort peu après , avec Charles de La Trémoille , second duc de Thouars , pair de France , qui étoient les deux plus grands seigneurs huguenots de France. Mais, pour montrer quelles alliances celle-là leur donna au dehors . il faut voir ici les enfants que ce célèbre prince d'Orange eut de quatre femmes qu'il épousa successivement : d'Anne d'Egmont, fille du comte de Buren, il laissa Philippe- Guillaume, qui à sa mort en 1582. par un assassin, à cinquante-un ans étoit entre les mains des Espagnols, fut catholique et attaché à eux toute sa vie, et n'eut point d'enfants d'une fille du prince de Condé, mort à Saint-Jean d'Angély , et de Charlotte de La Trémoille. Il étoit mort particulier en 1618, un an avant son épouse. Sa sœur unique de même lit fut la comtesse d'Hohenlohe. D'Anne, fille de Maurice, électeur de Saxe, il eut Maurice, prince d'Orange, qui succéda à ses charges et à sa puissance, dans la république des Provinces-Unies, et ne s'y rendit pas moins célèbre , mais il ne se maria point , et mourut en 1625, à cinquante -huit ans; Louis, comte de Nassau, mort sans alliance aux guerres des Pays-Bas; et une fille mariée à un bâtard du bà;ard don Antoine, prieur de Crato, qui se prétendit roi de Portugal, après la mort du cardinal-roi , lorsque Philippe II envahit cette couronne sur la branche de Bragance , qui y fut depuis rétablie. Ce gendre du prince d'Orange courut les mers en qualité de vice-roi des Indes, et n'eut point de jjostérité. De Charlotte de Bourbon, professe et abbesse de Jomrre,

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