DUC DE BOUILLON
qui en sauta les murs, se fit huguenote et se sauva chez l'électeur palatin . fille du premier duc de Montpensier, mariée en 1572, morte en 1582 de la peur qu'elle eut à Anvers du premier assassinat de son mari, manqué et blessé légèrement d'un coup de pistolet, à table auprès d'elle, il eut Louise - Julienne , épouse de Frédéric IV, électeur pahitin, qui de luthérien se fit calviniste, et qui mourut en 1610- Il eut d'elle quantité d'enfants, entre autres Frédéric V, électeur palatin, qui se perdit en usurpant la couronne de Bohême, et fut grand-père de Mme la Princesse, etc., la duchesse des Deux- Ponts, l'électrice de Brandebourg, épouse de l'électeur J. Guillaume. De ce même lit, le prince d'Orange eut la maréchale de Bouillon, morte en 1642. la comtesse d'Hanau, la duchesse de La Trémoille. une abbesse de Sainte-Croix de Poitiers, qui se sauva de l'hérésie, et une autre fille mariée à un prince palatin de Lensberg. Enfin de Louise, fille du célèbre amiral de Coligny. veuve sans enfants du seigneur de Téligny , il laissa Henri -Frédéric, prince d'Orange, qui succéda à ses charges et à son autorité en Hollande, mort en 1647 , et qui ftit grand-père du fameux Guillaume, prince d'Orange, mort dernier de cette branche, sur le trône d'Angleterre, 19 mars 1702. On voit d'un coup d'oeil quelles et coml)ien d'alliances étrangères son mariage donna au maréchal de Bouillon parmi les protestants.
Ceux de ses filles et du célèbre vicomte de Turenne , son second fils , qui n'eut point d'enfants , ne lui en procurèrent pas moins en leur genre, parmi ce qu'il y eut de plus considérable parmi les protestants de France , de tous lesquels le père et les enfants surent tirer de grands et de continuels avantages au dedans et au dehors ; c'est ce qui détermina le cardinal Mazarin , effrayé des dangers qu'il avoit courus et dans lesquels il avoit entraîné le royaume , à s'attacher deux hommes tels que les deux fils du maréchal de Bouillon, mort à Sedan, en mars 1623. à soixante-huit ans , et à ne rien épargner pour s'en faire un bouclier personnel, en leur donnant par le traité de l'échange de Sedan, qu'ils avoient perdu et qu'ils ne pouvoient ravoir ni le conserver après tant et de si étranges félonies . en leur donnant, dis-je , des millions, des terres qui se peuvent appeler des États . des emplois les plus importants et un rang inconnu en France , qui en souleva toute la noblesse , et qui étoit inou'i. même si nouveau pour ceux de maisons efi"ectiveraent souveraine, composé d'usurpations, de ruses, de violences, parmi les troubles, les tourbillons et les forfaits de la Ligue.
Le duc de Bouillon, fils aîné du maréchal, épousa en 1634 une fille de Frédéric, comte de Berg, gouverneur de Frise, qui n'avoit pas moins d'esprit, de courage, d'entreprise et d'intrigues que son mari, ni moins de capacité à les ourdir et à les conduire; avec de la besuté, de la vertu , un mérite aimable et soutenu et de la grandeur d'âme : elle mourut à quarante-deux ans, en 1657, et M. de Bouillon à Pontoise, où étoit la cour, en 1652, à quarante-sept ans.
M. de Turenne son frère prit soin de ses neveux et de ses nièces. On a vu à quelle fortune il porta ses trois neveux ; les deux autres furent tués en duel avant qu'il eût le temps de les agrandir. Des cinq nièces, l'une ne daigna passe marier, et mourut à quarante- trois ans, sans