‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 3)Chapitre 110 sur 298 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Riche prise de contrebandiers de Sainl-Malo dnns la mer du Sud. — Albéronii inqniel de la ?anlé du roi d'Espagne. — Adresse d'Aldovnmdi pour servir Albéroni à Rome. — Foiblesse singulière du nti d'Espagni' ; abus (|ui s'en^ fait. — Frayeur du pape. — Cellamare fail des pratiques secrètes pour soulever la France contre le régent. — Sentiment de Cellamare sur le roi de Sicile. — Il confie à son minisire l'ordre qu'il a de faire une étrange déclaration au régent. — Forte déclaration de Beretli en Hollande. — Scélératesse d'Alliéroni à l'égard du roi di' Sicile. — Audace des Impériaux , et sur quoi fondée. — Nouvelle difliculté sur les garnisons. — Scélératesse de Stairs. — Fausseté et pis des ministres anglois à l'égard de l'Espagne. — Le czar s'offre à l'Espagne. — Intérêt et inaction des Hollandois. — Vanteries, conseils, intérêt de Beretli. — Succès des menées de Cadogan en Hollande. — Menteries, avis, fanfaronnades, embarras de Beretti qui tombe sur Cellamnre. — Le duc de Lorraine demande le déd'immapenienl promis du Montfenal. — Manèges de Beretti. — Sa coupable envie contre Monleléon. — Manèges et bas inléiêt de Beretti qui veut perdre Monteléon. — Audace des ministres impéiiaux. — Abbé Dubois bien connu de Penterrieder. — Embarras du roi de Sicile et ses vain''S démarches et de ses minisires au dehors.— Monteléon intéressé avec les négociants anglois. — Ses bons avis en Espagne lui tournent à mal ; il s'en plaint. — Superbe de l'empereur. — Partialité des minisires anglois pour lui. — Leur insigne duplicité à l'égard de l'Espagne. — Les ministres anglois pensent juste sur le traité d'Ulrecht, malgré les Impériaux. — L'Anghleire subjuguée par le roi Georges. — Les ministres anglois contents de Châteauneuf — Conduite et manèges de Beretti. — Conduite, avis et manège de Cellamare. — Vagues raisonnements. — Monteléon en vient enfin aux menaces. — Stanliope emploie en ses réponses les artifices les plus odieux ; lui donne enfin une réponse par écrit, devenue nécessaire à Monleléon. — Surveillants de Monleléon à Londres ; sa conduite avec eux.

! Avant le départ de la flotte , on reçut à Madrid la nouvelle de la prise fque Martinet, officier françois , servant le roi d'Espagne dans sa marine, avoit faite aux Indes occidentales de quelques vaisseaux de Saint-Malo. Le vice-roi du Pérou écrivit que le produit des vaisseaux pris montoit à ' deux millions huit cent mille pièces de huit, tant en argent comptant qu'en marchandises d'Europe et delà Chine, qu'il avoit fait mettre dans les magasins de Lima. Un tel secours venoit fort à propos pour fournir aux frais de l'expédition. Outre l'argent le roi d'Espagne profitoit encor» des vaisseaux pris. Il en choisit les trois meilleurs pour les joindre à deux autres qu'il avoit dans la mer du Sud, et pour en former ensemble une escadre destinée à empêcher la contrebande. Ce succès, et l'espérance d'en obtenir de plus grands en Italie, ne contrebalançoient pas la peine et l'inquiétude que le dérangement de la santé du roi d'Espagne causoit à Albéroni. Il prévoyoit ce qu'il auroit à craindre si ce prince, attaqué depuis quelque temps d'une fièvre dont les médecins sembloient ignorer la cause et la nature, venoit à manquer. Il pouvoit juger que les Espagnols lui demanderoient un compte sévère de son adminislratiou, et qu'il lui seroit peul-étre difficile de »« ijustifier d'avoir engagé

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