CHAPITRE XIX
Soupçons mal fondés d'intelligence du roi de Sicile avec le roi d'Espagne.
— Frayeurs du pape, qui le font éclater contre l'Espagne et contre Albéroni, pour se réconcilier l'empereur avec un masc|ue d'hypocrisie.
— Ambit.on d'Aubenton vers la ponrpro romaine. — Albéroni, de ])lus en plus irrité contre Aldovrandi, est déclaré par le pape avoir encouru les censures, — Rage, réponse, menaces d'Albéroni au pape. — Les deux Albane, neveux du pape, opposés de parti. — Le cadet avoit douze mille livres de pension du feu roi. — Vanleries d'Albéroni et menaces. — Secret de l'expcdilion poussé au dernier point. — Vanité folle d'Albéroni.
— Il espère et travaille de plus en pics à brouiller la France. — Le régent serre la mesure et se moque de Ceilamaro et de ses croupiers , qui sont enfin détrompés. — Conduite du roi de Sicile avec l'amba-^sadeur d'Espagne, à la nouvelle de la prise de Palerme. — Cellamare fait le crédule avec Slanhop«, pour éviter de quitter Paris et d'y abandonner ses menées criminelles. — Ses précautions. — Conduite du comte deStanhope avec Provane.
— Situation du roi de Sicile. — Abandon plus qu'aveugle de la France à l'Angleterre. — Rage des Anglois contre Chàleauneuf. — Pratiques, situation et conduite du roi de Sicile sur la garantie. — Blâme fort public de la politique du régent. — Il est informé des secrètes machinations de Cellamare. — Triste état du duc de Savoie. — Infatuation de Monteléon sur l'Angleterre. — Albéroni l'ait secrètement des propositions à l'empereur, qui les découvre à l'Angleterre et les refuse. — Le roi de Sicile et Albéroni crus de concert, et crus de rien partout.
L'armée d'Espagne, débarquée en Sicile sous le commandement du marquis de Lede . avoit pris Palerme le 2 juillet. MafTei, vice-roi de Tile, s'étoil retiré à Messine, et personne ne doutoit que cette ville, attaquée par les Espagnols , ne se rendît aussi facilement que Palerme. On doutoit encore si le roi de Sicile, averti depuis longtemps par l'abbé del Maro, son ambassadeur à Madrid, des dispositions de l'Espagne, n'étoit pas secrètement de concert avec Sa Majesté Catholique, et si ce ne seroit pas en conséquence de cette intelligence secrète que les troupes du Piémont avoient été augmentées depuis peu jusqu'au nombre de qua-