‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 3)Chapitre 28 sur 298 · DOUGLAS OBSCUR ET MISÉRABLE · texte numérisé non relu

DOUGLAS OBSCUR ET MISÉRABLE

d'Auch, où il n'a mis le pied de sa vie , prétendit présenter le livre ^^^ évangiles à baiser au roi , de préférence à l'évèque de Metz , premier a"" mônier, parce que le grand aumônier cardinal n'y éloit pas. Cette dispute toute nouvelle empêcha le roi de baiser l'évangile. Deux jours après le régent déci<la en faveur du premier aumônier, à qui les cardinaux ne l'ont plus disputé depuis. Il est vrai aussi que depuis que je suis chevalier de l'ordre, je me suis trouvé à une fête de l'ordre oii il n'y eut ni grand ni premier aumônier, où les cardinaux de Polignac et de Bissy éloient en leurs places de commandeurs, et où le cardinal de Polignac présenta au roi l'évangile à baiser, de préférence aux deux aumôniers de quartier présents en leurs places, qui ne le disputèrent pas. Ce même jeudi saint, après ténèbres, le roi alla voir Mme la Princesse et Mmes ses deux filles, de Conti et du Maine, sur la mort de Mme de Vendôme.

On a vu, t, VIII, p. 307 et suiv. , l'affreuse aventure du Prétendant, échappé à Nonancourt par le courage et la sagacité de la maîtresse de la poste, à Douglas et aux autres assassins, dépêchés sous lui par Stairs après ce prince , et leur impudence après leur coup manqué. Ce Douglas étoit depuis tombé dans la dernière obscurité, par l'horreur de tous les honnêtes gens ; mais il éloit souffert à Paris sous la protection de Stairs , à qui le régent ne pouvoit rien refuser. Douglas, fort misérable, avoit fait des dettes de nature à pouvoir être arrêté chez lui. On le tenta: il se sauva par les derrières, et Stairs s'interposa en sa faveur. Mais le répit accordé fut court, et ne servit qu'à lui donner moyen de sortir de Paris et de se cacher ailleurs. On n'en a plus ouï parler depuis , quoiqu'il ait traîné encore du temps en France son infâme et obscure vie, qu'il auroit dû perdre entre quatre chevaux en revenant de Nonancourt. Il avoit épousé à Metz une demoiselle qui avoit du bien et qu'il a laissée veuve sans enfants il y a bien des années, et presque à la mendicité.

Mme la duchesse de Berry fit presque de suite deux traits qui furent très-contradictoires, et qui montrèrent également l'excès de son orgueil et de son peu de jugement. Entraînée par les roués de M. le duc d'Orléans, avec qui, toute fille de France qu'elle étoil, elle soupoit souvent, et dont plusieurs éloient pour se recré[iir d'avec cette prétendue noblesse à qui tout éloit bon, [elle] se hasarda de parler chez elle, publiquement et fort mal à propos, au maréchal de Villars sur ses lettres aux colonels, dont cette prétendue noblesse s'avisoit de se plaindre. On fut surpris de la sagesse et de la modération du maréchal, qui n'éioit pas fait pour recevoir, non pas même du régent, une réprimande publique; cette princesse, transportée d'orgueil, qui se croyoil droit de tout, et qui n'avoit pourtant pas celui de reprendre personne sur ce qui ne lui manquoit pas de respect, et si encore, avec la mesure conve able aux personnes, ne comprit pas qu'elle étoit en cela l'instrument et e jouet d'un ramas de gens de toutes les sortes, excités adroitement par M. et Mme du Maine et les plus dangereux ennemis de M. le duc d'Orléans, pour le culbuter, et qui, en attendant que leurs conducteurs vissent le moment de les faire frapper au vérilalile but , se laissoient éblouir du beau dessein démettre tout dans une égalité qui , en défigurant l'État, le rea«

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