BUREAU DE CINQ COMMISSAIRES
nal del Gindice. Celui-ci étoit frère de Cellamare, et passa sa vie à Rome dans les charges de prélature, puis de la maison du pape, et enfin dans le cardinalat. Pour Cellamare , il donnera ample occasion de parler de lui.
Il y avoit longtemps que le pape, persécuté par son nonce Bentivoglio, par les cardinaux de Rohan , surtout de Bissy , et par les plus emportés de ce parti , s'étoit rendu à eux malgré lui , à refuser des bulles. Grand nombre d'église étoient sans évêque , quoique nommés la plupart. Il en étoit de même des abbayes, et le cardinal Fabroni tenoit le pape de court avec ses emportements ordinaires, pour empêcher que le pied lui glissât là-dessus. Dans les commencements de cette résolution, ils n'auroient pas été fâchés d'accorder des bulles à des conditions honteuses pour la France et pour des évèques, utiles à la domination romauie , qui est le but où toutes choses tendent en cette cour : des lettres soumises des nommés au pape, des signatures chez le nonce telles qu'il les auroit présentées , exclusion indépendante de qui ils auroient voulu. Le régent, quelquefois ébranlé, seroit assez volontiers entré en composition sur la qualité des conditions ; mais le maréchal d'Huxelles , qui avoit quelquefois de bons intervalles sur ces matières de Rome, lui en remontra si bien la honte présente, et les conséquences pernicieuses pour l'avenir, qu'il le raffermit contre les manèges de toutes les sortes que la cabale employoit auprès de lui. A la fin , pressé par ceux qui avoient plus de sang françois dans les veines, il prit un parti dont Rome et les siens ne le jugeoient pas capable, et qui, toutes les fois qu'on en prendra un semblable suivant la nature des afi"aires , amènera toujours cette cour à raison.
Le régent déclara au conseil de régence qu'il falloit pourvoir à la dureté de la cour de Rome; que, puisqu'elle s'opiniâtroit depuis si longtemps à refuser des bulles contre la loi réciproque du concordat, il falloit chercher et trouver le moyen de se passer d'elle là-dessus; qu'il étoit d'avis d'établir un bureau de personnes capables de faire les recherches nécessaires à cet effet, d'en rendre compte au conseil de régence le plus tôt qu'il seroit possible, et aussitôt après se servir de la voie qui auroit été reconnue la meilleure pour faire sacrer tous les évèques nommés. Le conseil applaudit d'une voix , au grand regret de M. de Troyes qui n'osa se commettre à se montrer d'avis différent , et qui se contenta de consentir d'une inclination de tête, en faisant la grimace en dessous. Tout de suite le régent proposa le choix qu'il faisoit de cinq commissaires pour composer ce bureau", et nomma le maréchal de Yilleroy, d'Aniin , le maréchal d'Huxelles, Torcy, et moi pour chef de ce bureau qui se tiendroit chez moi, comme l'ancien pair de ce bureau et de tout le conseil de régence, et le choix en fut approuvé. C'éloit à moi à donner les jours de bureau, et pour cela à en préparer les matières; à moi encore, quand le travail y seroit achevé, de le rapyorter au conseil de régence.
La matière m'étoit tout à fait nouvelle, je voulus m'en instruire à fond. Je pris donc soin de m'informer de ceux qui seroient les plus capables de me bien endoclriner. Je les vis au nombre de sept ou huit qui passoient pbur l'être le plus eu cette matière. J'eus quelques convers«-