‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 3)Chapitre 32 sur 298 · DU CONSEIL DE RI^GFNCE · texte numérisé non relu

DU CONSEIL DE RI^GFNCE

tions et des mémoires de quelques-uns. Celui de tous qui me satisfit le plus par sa profonde science, sa mémoire ?u les faits, son sens et son jugctnent pour l'aiiplicalion et le raisonnement, et ce que je trouvai assez rare parmi ces doct''s, par 1m politesse et ia scienc; du monde, fut un :ilil)e Heunequin, retiré dans une maison d'une des cours de l'aliliaye de Sainte-Geneviève. M. Petitpied, qui avoit été des années en Hollande exile aprè^ au loin, puis rapp otlié près de Faiis, me satisfit fort aussi, et un M. Le Gros, qui d'^meiiroit en Sorbunne. Je demandai à M. le duc d'Orléans de permettre à M. Petitpied de revenir à Paris, par^ e ^ine je ne pouvois pas aller souvent le cherchera Asnières. Il me 1 accord i, et cela finit son e.vil.

Je n'eus pas le temps de me rendre bien habile ni de tenir un seul bureau. Rome en prit une telle frayeur que, sans balancer, le pape manda le cardinal de La Trémouille, à qui le régent avoil déf'-ndu de prendre les bulles de Camlirai, sans que les auiie.s nommés eussent les leurs en même temps. Le pape, sans lui faire de plai-iies au larti que le régc'ot prenoil, qui avoit répandu l'alarme dans Rome, lui déchira qu'il accord.iit toutes les bulle-', et le pua de ne pas ditlerer de deiiécher un courrier à Paris pour y porter cette nouvelle. Klie lit grand plaisir et auroit dû servir d'une grande leçon à l'avenir pour se conduire avec Rome. Les bulles furent expédiées incontinent après , et on n'entendit plus parler à Paris que de sacres d'évêques. Oncques depuis , Rome ne s'est jouée à un pareil refus, ni à faire faire aucune proposition à pas un nommé pour en obtenir. Ainsi finit ce bureau avant de s'être pu assembler, dont nous ftlmes tous fort aises, et je pense que l'opinion que de longue main Beiitivo},'lio et les principaux boute-feux avoient donnée à Rome de la plupart des commissairus, sur les matières qui regardent cette cour, et la constitution en par:iculi3r, n'y fit guère moins d'imp-ession que la chose même, et que celle cour comprit par là qu'on vouloit sérieusement conduire à fin. Il y avoit trois archevèthés et douze ou treize évêchés.

On apprit la mort du comte d'Albemarle, gouverneur de Bois-le-Duc, et pénéral des troupes hoUandoises. Je le remarque, parce que ce fut lui dont la faveur naissante auprès du roi Guillaume prévalut sur celle de Portlnnd, pendant sa brillante amliassade ici, aussitôt après la paix de Ryswick, et que cette jalousie lui fit abréger le plus qu'il put. La faveur de Porliand [fut] la plus ancienne, la plus entière, la plus durable, et qui avoil eu la conliance de tous les manèges de ce prince en Hollande, pour s'y rendre peu A peu le maître, comme il le devint, de toutes ses pralii|ues dans toutes les cours de l'Europe, pour allumer et entretenir la guerre contre la France, enfin de toute l'affaire d'Angleterre, où devenu roi. il le fit comte de Portland, chevalier de la Jarretière, ''l iui donna des charges et des emplois. Portland, jusqu'à ce qu'il fill pair d'Angleierre. portoit le nom de l'enting, qui étoit celui de sa famille. Il étoit Hollandois. et sa faveur avoit commencé dès le temps qu'il étoit page de ce même prince d'Orange, et toujours augnieiiié depuis. Ki'i'pel, Hollandois comme lui, le désarçonna pondant sa courte ambassade de France , quoique sa faveur fût nouvelle. 11 fut fait

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