‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 3)Chapitre 37 sur 298 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

État de la négociation à Londres pour traiter la paix entre l'empereur el le roi d'Esp;igne. — Deux ditricullcs principales. — Staremberg le plus opposé à la cession future de la Toscane. - ■ Propositions des Impériaux pleines de jalousie el de holne. — Plaintes wrtiticieuses des Impériaux du régent. — Point (Je la tranquillité de l'ilalie pendant la négociation. — Partialité ouverte des Angluis pour l'empereur. — Leurs hauteurs et leurs menaces au réginl. — Le roi d'Angleterre, inquiet sur ie nord, s'assure du czar ; méprse le roi de Prusse. — La czaiine veut s'assurer de la Suède pour la transmission de la succession de Russie a son fils. — Agitations el reproches du czar sur celte affaire. — Le régent pres>é par l'Angleterre. — L'Espagne ne pense qu'à se préjiarer à la guerre ; déclare à l'Angleterre qu'elle regardera comme infraction tout envoi d'escadre angloise dans la Méditerranée. — Albéruni ennemi de la paix. — Ses etToits: ses manèges; sa politique. — 11 veut gagner le régent el le roi île Sicile. — Forle conversation d'AIhéroni avec le ministre d'Aufileterre. — Plaintes el chimères d'Albéfoni. — H écrit au régent avec hardiesse. — Inquiétude sur Nancié. — Albéroni espère du régenl, pressé parCellaraare el Prnvane, d'auf^menler l'inlauierie el d'envoyer un ministre à Vienne. — Le régent élude enlin leurs demandes. — Reproches de Cellamare à la France; son peut coLstenl d'une audience du régent. — Ce lamare, pour vouloir trop pénétrer el approfondir, se trompe grossièrement sur les causes de la conduite du régeut.

La paix à faire entre l'empereur et le roi d'Espagne étoit toujours sur je tapis et l'objet de l'attention de toute l'Europe. Penterrieder pour l'empereur, et l'abbé Dubois pour la France, la négocioient à Londres avec les ministres du roi d'Angleterre. La Hollande paroissoit s'en rapporter à ce monarque , sans charger de rien à cet égard le ministre que la république tenoit à Londres. Le Pensionnaire, dévoué en *oute dépendance à ce prince, apprenoit de lui-même ses volontés, lorsqu'il vouloit faire enfer cette republique dans les engagements qu'il vouloit prendre de concert avec elle. Monteléon, ambassadeur d'Espagne à Londres, très-habile et fort expérimenté, auroit été plus capable que personne de servir utilement son maître, si ce prince eût voulu traiter teur le plan qui lui étoit proposé. Monteléon croyoit que la paix convemoit à l'Espagne, mais il craignoit de dire franchement son avis, persuadé qu'Alhéroni ne pensoit pas comme lui, et que ce seroit se perdre inutilement que de combattre son sentiment et peul-èlre son intérêt. Il se contenta donc pendant quelque temps de combattre l'espérance que ce tout-puissant ministre avoit prise de voir bientôt des troubles en Angleterre , en lui démontrant que la désunion du roi d'Angleterre et du prince de Galles ne causeroit aucun mouvement dans le royaume, qu'il n'y avoit aucun fondement à faire sur les mesures et l'impuissance des mécontents du gouvernement , et que le roi d'Angleterre trouveroii ùaaa

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