‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 3)Chapitre 72 sur 298 · GRANDS PRÉPARATIFS EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

GRANDS PRÉPARATIFS EN ESPAGNE

à tous deux. Stanhope lui demanda si le roi d'Espagne enverroit des troupes eu Italie, et s'il exerceroit des actes d'hostilité pendant qu'on trailoit actuellement la paix. Le colonel vouloit obtenir une promesse de cessation d'armes de l'Espagne pendant la négociation. Le cardinal parut choqué du discours que le colonel lui tenoit entre ses dents. Il répondit que Sa Majesté Catholique feroit passer huit mille hommes en Sardaigne, tant pour se défendre contre les entreprises des Allemands, que, parce que l'empereur envoyoit lui-même continuellement des troupes dans l'État de Milan et dans le royaume de Naples ; qu'au reste elle n'étoit pas en état d'exercer présentement aucun acte d'hostilité , et que vraisemblablement les réponses de Vienne arriveroient avant que l'Espagne pût rien entreprendre. En même temps qu'Albéroni faisoit Toir par ses réponses si peu de dispositions à la paix , il pressoit avec plus de diligence que jamais les préparatifs de guerre. Tous les officiers sans exception eurent ordre de se rendre à leurs corps. On disposa toutes les choses nécessaires pour l'embarquement de quatre régiments de dragons qui de Barcelone dévoient être transportés en Sardaigne avec leurs chevaux. L'intendant de marine eut ordre de préparer à Barcelone les vivres nécessaires pour l'embarquement de vingt bataillons. On fit venir à Madrid le marquis de Lede et don Joseph Patino , l'homme de confiance d'Albéroni , pour leur donner les ordres du roi d'Espagne. Tout étoit en mouvement pour la guerre, jusqu'à Riperda, encore ambassadeur de Hollande, qui promit d'engager au service d'Espagne quelques Hollandois, officiers généraux de mer dans le servi9fi de ses maîtres.

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