‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;Chapitre 136 sur 348 · GRAND ÉCUYER · texte numérisé non relu

GRAND ÉCUYER

à la charge du grand écuyer. C'est le seul seigneur sans exception qui aille dans Madrid à six mules ou à six chevaux, et à huit s'il veut, ave un postillon , parce que c'est un carrosse et un attelage du roi. S'il mène quelqu'un avec lui, qui que ce pût être, il n'est pas permis au grand écuyer de le faire monter devant lui ni de lui donner la droite, et cela n'en retient personne ni ne fait aucune difficulté pour aller avec lui l'aire des visites ou à la promenade. Le duc del Arco, dont j'aurai lieu de parler, qui l'étoit pendant mon ambassade, fut le parrain de mon second fils pour sa couverture de grand d'Espagne. Il vint donc le prendre en grande cérémonie pour le mener au palais, mais par politesse, et pour lui pouvoir donner la place et la main, il vint avec son carrosse et ses livrées à lui, et rien de l'écurie. Il tient une table où, comme partout ailleurs, il est servi par les pages du roi, qui font à son égard et toujours loul ce que feroient les siens. Chez lui encore ils servent tous ceux qui tnaiigent à sa table comme s'ils étoient à eux. mais aussi ceux qui servirent hier se mettent aujourd'hui à table , et mangent de droit avec le grand écuyer et avec tous ceux qui mangent chez lui , et ainsi de suite tous les jours. Le premier écuyer tient la petite table quand il y en a une , et fait les honneurs chez le grand écuyer. En son absence il a toutes ses fonctions, mais il n'ôte en dehors le service qu'aux gentilshommes de la chambre et non au sommelier; il ne va point à six chevaux ou mules par Madrid , ne monte point à la suite du roi dans le carrosse marqué pour le grand écuyer, et n'est point servi par les pages du roi qu'à table seulement chez le grana écuyer comme tous ceux qui y mangent. Il suit le roi dans une voiture à part ou à cheval.

Le capitaine des hallebardiers ne peut être mieux comparé lui et sa compagnie en tout et pour tout qu'aux Cent-Suisses de la garde du roi' et à leur capitaine: c'est une ancienne garde des rois d'Espagne.

Je parlerai en son temps des capitaines des gardes du corps que Philippe V a établis , et qui avec leurs compagnies étoient avant lui inconnus en Espagne , ainsi que des deux colonels de ses régiments des gardes qui sont aussi de son établissement.

Le patriarche des Indes n'a pas seulement la plus légère idée qui ait la moindre conformité à ce grand titre. Il ne peut rien aux Indes, il n'en touche rien, il n'en prétend même rien, il y est inconnu. C'est un évêque sacré m partibits, dont la fonction est d'être toujours à la cour pour y suppléer à l'absence de l'archevêque de Saint-Jacques de Compostelle qui n'y paroît jamais, non plus que tous les autres évèques /l'Espagne qui résident continuellement. Celui-là est grand aumônier aé par son siège, et cette place de grand aumônier enferme tout ce que 10 us connoissons ici sous les noms de grand aumônier', premier aumô-

1. Les Cent-Suisses étaient une aiicienne compagnie des gardes dn roi ){ui étaient armés de hallebardes et choisis parmi les hommes delà plus hauti laille.

2. La charge de grand aumônier élail considérée comme uue de-s plus importanles du roj:iunie ; il n'avait pas seulement la d reclion de la chapelle royale, mais la surveillance des hôpitaux, la numinnlion des professeurs du L'oliégc royal (plus tard Tollége do Vrance), la disposition d'une partie dr.q

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