‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;Chapitre 141 sur 348 · SINGULARITÉ DE SIGNATURES · texte numérisé non relu

SINGULARITÉ DE SIGNATURES

Puisque j'y suis', je ne veux pas oublier une singularité de ces deux seigneurs et de quelques autres d'Espagne : le duché de Bragance en Portugal relève du comte de Benavente , duquel les armes sont sur la porte du château de Bragance, à la droite de celles du roi de Portugal : toutes deux saluées une fois l'an en cérémonie; le premier salut est aux armes du comte et le second à celles du roi.

Le duc de Medina-Celi. qui lors étoit sept fois grand d'Espagne, et dont les grandesses se sont depuis plus que doublées, mais qui n'en a pas plus de rang ni de préférence parmi les autres grands que s'il n'en avoit qu'une , ne signe jamais que El Duque Duque . pour faire entendre sa grandeur par ce redoublement de titre sans ajouter de nom. Le marquis de Villena , qui est aussi duc d'Escalona , signe El Marqués . sans y rien ajouter; mais le marquis d'Astorga, qui est Guzman et grand d'Espagne aussi, signe de même, de manière qu'il faut connoître leur écriture pour savoir lequel c'est. Il est pourtant vrai que le droit passe en Espagne pour être du côté de Villena. et qu'il est comme le premier marquis d'Espagne. Le duc de Veragua signe tout court El Almirante Duque . à cause de son titre héréditaire d'amiral des Indes , donné aux Colomb'.

Il faut maintenant achever les conseillers d'Etat. Je n'ai fait connoître que ceux qui ont eu part au testament d'une manière ou d'une autre. Ce caractère est le bout de l'ambition : il ne faut donc pas oublier ceux qui en étoient revêtus à l'avènement de Philippe V. J'ai déjà parlé^ du cardinal Portocarrero , du comte d'Oropesa. de don Manuel Arias, l'un président exilé , l'autre gouverneur du conseil de Castille , de Mendoze . évêque de Ségovie. exilé et grand inquisiteur, du duc de Medina-Sidonia, du marquis de Villafranca, du comte de San-Estevan del Puerto etd'Ubilla secrétaire des dépêches universelles. J'ai parlé aussi du comte de Benavente qui devint conseiller d'État pour avoir été mis comme grand dans la junte par le testament. Reste à dire un mot de Mancera, de l'amirante. Aguilar, Monterey, del Tresno, Fuensalida. et Montijo, sur lesquels je ne me suis pas étendu , quoique j'aie déjà dit quelque chose de quelques-uns de ces sept derniers.

Pour retoucher le marquis de Mancera^ de la maison de Tolède, grand de première classe et fort riche, président du conseil d'Italie, à quatre-vingt-six ans qu'il avoit lors de l'arrivée du roi [il] avoit l'esprit aussi sain et aussi net qu'à quarante ans et la conversation charmante , doux , sage . un peu timide , parlant cinq ou six langues , bien et sans confusion, et la politesse et la galanterie d'un jeune homme sensé. De

4 . Nouveau passage omis dans les précédentes éditions jusqu'à Comme il n'y connoissoit personne (p. 1 92). C'est le complément indispensable de ce que Saint-Simon a déjà dil du conseil d'État d'Espagne à l'époque de l'avénement de Philippe, V.

2. On a vu plus liaui, p. <70 , que le duc de Veragua descendait par les femmes de Chrisloplie Colomb.

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