CAÎSDIDATS POUR LES SCEAUX. [1699J
chancoiier de l'ordre , dont M. de Barbezieux eut la charge. Il avoit alors soixante-neuf ans, et il touchoit au décanat du conseil. Qui eût voulu faire exprès un chancelier de cire l'eût pris sur M. Boucherai. Jamais figure n'a été si faite exprès; la vérité est qu'il n'y falloit pas trop chercher autre chose , et il est difficile de comprendre comment M. de Turenne s'en coiffa, et comment ce magistrat soutint les emplois, quoique fort ordinaires, par lesquels il passa. Il ne fut point ministre . et MM. de Louvois et Colbert. qui étoient lors les principaux, contribuèrent fort M son élévation pour û'avoir aucun ombrage à craindre. De sa première l'emme Fr. Marcnand, il eut Mmes de Fourcy et de Morangis: de la seconde qui étoit une Loménie, veuve d'un Nesmoiid' .avec trois filles, il n'en eut que Mme d'Harlay. Ses trois gendres furent conseillers d'État, et le dernier. amhas.^adeur plénipotentiaire à la paix de Ryswick. comme il a été dit en son temps. Le chancelier avoit quatre-vingt-quatre ans quand il mourut. Il y avoit longtemps qu'il étoit infirme, et que M. et Mme d'Harlay qui logeoient avec lui. ses secrétaires, et surtout Boucher, qui étoit le premier et qui ne s'y est pas oublié, faisoient tout et lui faisoient tout faire.
M. de Pontchartrain . le premier président , MM. Courtin , d'Aguesseau . l'omereu, La Reynie. conseillers d'État, et les deux premiers au conseil royal des finances, furent ceux dont on parla le plus. Quelques-uns parièrent aussi de MM. de Gaumartin et Voysin.
Le premier président, comme ou l'a déjà vu. avoit eu deux fois parole du roi d'être chancelier; la première, étant procureur général orsqu'il donna l'invention du chausse-pied de la légitimation du chevalier de Longueville , sans nommer la mère , pour faire passer celle des enfants de Mme de Montespan; la dernière, étant premier président, lorsqu'il inventa pour eux ce rang au-dessus des pairs, si approchant, quoique inférieur, de celui des princes du sang; mais l'affaire de M. de Luxembourg sur la préséance, qui le brouilla sans ménagement avec les ducs, et qui outra M. de La Uochefoucauld contre lui, les rendit inutiles. M. de La Rochefoucauld . qui n'ignoroit ni ces paroles ni leur cause, se fit une application continuebe de le perdre là-dessus dans l'esprit du roi , et lui donna tant de coups d'estramacon . dont il ne se cachoit pas, qu'il vint à bout de ce qu'il désiroit. Aucun de nous ne
iaison esi juste et le nom bien appliqui'. l'ieiTC, par exemple, a \ine charge de l'ordre depui.s queli[ues années, il la vend à Paul et obtient le livevei ordinaire. Jean veut se parer de l'ordre siuis bouise délier. Aveo ragrément du loi, et le marché fait et déclaré avec Paul, Jean se met enlre Pierre et lui, l'ail un achat simulé de la charge de Pierre, et y esl reçu par le roi. Quelques semaines après, il doiuie sa démission, l'ail une vente simulée à Paul, el obtient le brevet accoutumé. » C'était ce brevet de véiéran des ordres du roi que l'on appelail |i' /•«/'<? des ordres.
\. La seconde l'emine du chancelier Boucherai, Anne -Françoise de Loménie, n'était pas veuve d'un Nesraond, mais de Nicolas Breiel, seigneur de Grémonville, and)assadeur de France à Venise de (645 à <647 el mort à Paris en 1648. La Diograjikie universelle et \e Dictionmiire de lit noblesse se soui trompés sur la date de la mort de Nicolas Brclel. Celle date esl fixée par les iiayiers de la famille de Grémonvdle.