‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;Chapitre 198 sur 348 · ÉTRANGE COUTUME · texte numérisé non relu

ÉTRANGE COUTUME

que la mediannate; U ne se paye point par l'impétrant , et ne se remet ja!i.ais aux successeurs;

Mutation, autre droit, moins fort que le premier, plus fort que le denier, qui se paye par tout successeur k son avènement à la grandesse, et ne se remet jamais. Droits contraints par saisie et par suspension de rang quand il plaît au roi, jusqu'à parfait payement, dont [)lusieurs e.xemples.

Fief le plus petit en tout genre, mais relevant immédiatement du roi . suflit ^'Our établir une grandesse; elle s'établit quelquefois sur le nom. sans fief, dont exemples existants, àriraitation des ricos-hombres, cadets, sans grands fiefs dans leurs décadences : en ces cas. abonnemen' pour fixer la quotité des tributs susdits.

Indifférence entière, parmi les grands, des titres de duc, marquis et comte . venue de ce que ces titres s'établirent en Espagne vers la fin des ricos-hombres, dont la dig'nité, étant unique, ne reçut rien de ces titres que la simple dénomination; la grandesse ayant été substituée à la ricohombrerie pour unique dignité d'Espagne , les titres de duc , marquis et comte y sont restés de même condition qu'auparavant , encore que , dans le fait, il ne reste plus aucun duc espagnol qui, par succession de temps, ne soit devenu grand, espagnol s'entend, et dont le duché soit en Espagne. De pareille condition de ces trois titres est celui de prince , qui ne donne et n'ajoute quoi que ce soit par lui-même en Espagne, et que nul Espagnol naturel n'a encore porté.

Rien de distinct en la succession aux grandesses de la manière de succéder à tous les autres biens. Les femelles en sont capables en tout temps en Espagne , et sont préférées aux mâles par la proximité du sang . et ainsi de femelles en femelles. Appelées de même aux substitutions des terres ou majorasques , qui sont très-fréquentes et toujours à l'infini ; d'où naît la difficulté du commerce des terres de toute espèce qui se trouvent presque toutes substituées , et les autres soumises aux créances. De là encore cette obscurité presque impénétrable des vrais noms et des vraies armoiries, qui tombent aux appelés avec les biens.

Ce qui ajoute encore avec indécence à cette obscurité . est l'ancienne coutume de donner aux Maures et maintenant encore aux juifs qui se convertissent, et que les grands seigneurs tiennent au baptême, nonseulement leur nom de baptême, mais celui de leur maison, avec leurs armes qui passent pour toujours dans ces familles infimes . et qui , avec le temps, les confondent uvec les véritables, et les leur substituent encore plus aisément lorsqu'elles viennent à s'éteindre.

Bâtards en Espagne ont des avantages inconnus cliez toutes les autres nations chrétiennes, venus du mélange avec les Maures qui y a si longtemps duré.

Peu de différence des bâtards de deux libres d'avec les légitimes , un peu plus de ceux d'une fille et d'un homme marié. Ils héritent et sont capables de recueillir les substitutions. De là plusieurs maisons de cette origine, et quelquefois redoublée, qui n'en sont guère moins considérables. D'autres en nombre dont ce défaut est obscur. Pour ceux d'une femme mariée , ou les doubles adultérins , leur proscription et l'infamie

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