CHAMILLART FAIT CONTRÔLEUR GÉNÉRAL
le billard ne fût plus à la mode. 11 cultiva si bien Mme do :^rnintPnoa depuis <|u'il fut devenu se 'enlaire à Paris t à la cour , qu'eUe :e choisit pour administrer les revenus et toute les affaires temporelles de Saint- Cyr, ce qui lui donna un rapport continuel avec elle. Il se fitheiucoup d'amis à la cour : M. de Chevreuse. dont es terres venoiont pres(}ue jusqu'à Versailles par e duché de Chevrense et par celui de Monifort. a oit fait et refait divers échanges avec la maison de Saint-Cyr, dans lesquels le roi et Mme de Maintenon étoient entrés, et avoit beaucoup de terres limitrophes et même enclavées avec les leurs. Ce a donna lie;; à Chamillarl de travailler souvent avec lui , et occasion d'acquérir vérit blement son amitié et celle du duc de Beauvil iprs , qui a duré autant que leur vie. Avec tant de véhicules, celui de Saint-Cyr surtout et la protection de Mme de Maintenon qui se faisoit un si grand intérêt d'avoir un contrôleur général tout à fait à elle , ce choix ne fut pas un instant balancé , et le : oi s'en applaudit publiquement.
Il vécut dans cet emploi ave;; une douceur, une patience, une affabilité qui étoi; inconnue, et qui lui gagna tout ce qui avoit affaire à lui. Il ne se rebutoit point des propositions les plus intptesni des dema de ■ le plus absurdes et les plus réitérées: son tempérament y contribuoit par un flegme qui ne se démentoit jamais, mais qui n'avoit rien de rebutant : sa manière de refuseï' persuadoit du déplaisir qu'il en resseutoil, et celle d'accorder ajoutoit à la grâ e. I! éloit en effet extrêmement porlé à obliger et à servir, et fâché et éloigné de faire la moindre peine. Il se fit aim r passionnémeni des intendants des finances, dont s;s manières émousserent le liépit de voir leur c det devenu leur maître, et adorer de ses cmmis et des financiers. Toute la cour laima de même par la facilité de son accès, par sa politesse e! p r une infinité de services, et le roi lui maïqua continuellement une affe tion qui se peut dire d'ami, et qui augmenta to .s es jours. Sa femme et lui étoient enfants des deux sœurs. Elle étoit vertueuse et fort polie: mai elle ne savoit que jouer, sans l'aimer, mais faute de savoir faire autre chose ni que dire, après avoir demandé à chacun comment il se portoit : la cour ne put la former, et à dire vrai, c'éloit la meilleure et la plus sote femme du monde , et la pi s inutile à son mari.
Hors son fils alors enfant, Charaillart fut malheureux en famille, malheur grand pour chacun, mais extrême po :r un ministre qui n'a le temps de rien . et qui a un besoin i rincipal , pour se soutenir et pour faire . d'avoir autour de soi un groupe qui rassemble et concilie le monde, qui soit instruit àtou moment des intrigues de ce qui se passe, et de l'histoire du jou-, qui sache raison .er et combiner, et qui soit capable de le mettre en deux mots au fait de tous les jours. Il avoit deux frères plus sots encore que sa femme, et le second yjoignoit la suprême impertinence à la sublime bêtise, et tous deux, malgré la faveur, se faisoient moquer d'eux sans cesse et ouvertement. L'un étoit évêque de Dôle, qu'il fit évèque de Senlis. à qui il ne manquoit qu'un béguin et des manches pendantes : bon homme et bon prêtre d'ailleurs, qu'il falloit envoyer à Mende ou à quelque évêché comme cela riche et au bout du royaume. L'autre qui étoit dans la marine , il le passa à