CHAPITRE XXIX
Harcourt refuse l'armée d'Italie. — Vendôme l'accepte el part. — Grand prieur refusé de servir. — Feuquières refusé de servir; son étrange caractère. — Colandre colonel avec choix. — La FeuiUade maréchal de camp tout à coup. — Mme de Chamhonas dame d'honneur de la duchesse du Maine. — Changement chez Madame. — Maréchale de Ciérembault. — Comtesse de Beuvron. — Mort de Fouquet, évêque d'Agde. — P. Camille se fixe en Lorraine : sou caractère. — Sourdis. — Mariage de sa fille avec le fils de Sainl-Pouange. — Mariage du duc de Richelieu avec la marquise de Noailles. — Mort du bailli d'Auvergne. — Médailles du roi. — Jalousie sur Louis Xin. — Comte de Toulouse pour la mer avec le comte d'Eslrées. — Mgr le duc de Bourgogne en Flandre avec le maréchal de Boufilers el le marquis de Bedmar. — Le maréchal d'Estrées en Bretagne. — Chamilly à la Rochelle, etc. — Catinal sur le Rhin. — Son sage et curieux éclaircissement avec le roi et Chamillarl. — Jugement arbitral du pape entre l'électeur palatin et Madame, qui proteste.
La principale [dépouille] tenoit en grande attention : c'étoit le commandeibent de l'armée d'Italie. Il étoit pressé d'y pourvoir. Le lendemain , vendredi , le roi , au sortir de sa messe . entra chez Mme de Main tenon , où Chamillart fut quelque temps en tiers. Tout ce qui étoit à Marly étoit dans les salons , attendant le choix du général qu'on voyoit bien qui s'alloit déclarer. Ma curiosité m'y porta comme les autres. Chamillart sortit , vit M. le prince de Conti, alla lui dire un mot. Chacun le crut l'élu; on applaudit, mais l'erreur ne dura guère. Chamillart fut fort court avec !ui. s'avança lentement cherchant des yeux, et, apercevant Harcourt, alla droit à lui. Alors on ne douta plus, et tous les yeux s'arrêtèrent sur eux. Rien ne se marioit mieux avec le désir du roi d'Espagne d'aller en Italie , et d'y avoir ce général sous lui. Mais Harcourt en étoit alors à cet assaut du conseil dont je viens de parler, et au plus fort de ses espérances que lui-même n'avoit pas encore détruites en parlant avec ce grand mépris des ministres au roi , comme il fit depuis. Il n'eut donc garde d'accepter un commandement qui anéantissoit toutes ses mesures si avancées pour entrer dans le conseil. Il se défendit sur sa santé et refusa. Lui et Chamillart parlèrent à l'écart assez longtemps avec action. Tout ce qu'il y avoit là d'yeux n'en perdoientaucune, et virent enfin ces deux hommes se séparer, et ChamiÛart seul retourner chez Mme de Maintenon. Il y fut peu et ressortit. La curiosité étoit plus allumée. Il s'avança , chercha des yeux , et fut joindra M. de Vendôme. Leur conversation fut très-courte. Tous deux ensemble allèrent chez Mme de Maintenon. Alors on fut assuré du choix et de l'acceptation. Il fut déclaré lorsque le roi passa dans son appartement- Le boii il fut longtemps chez Mme de Maintenon avec le roi et Chamillart ;