‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;Chapitre 273 sur 348 · SIÈGE DE LANDAU · texte numérisé non relu

SIÈGE DE LANDAU

mande , la reine son épouse l'avoit accompagné et alla tenir sa cour à Heidelberg . en attendant la fin de la campagne. Catinat et Villars cherchèrent tous les moyens possibles de pénétrer jusqu'à Landau . mais le Spirsbach , de longue main bien retranché et garni du Rhin jusqu'aux montagnes, leur parut impénétrable. Ils ne trouvèrent pas plus de facilité par derrière les montagnes; tellement qu'ils mandèrent à la cour qu'il n'y falloit pas songer. Là-dessus Catinat reçut ordre d'envoyer Villars vers Huningue avec la plus grande partie de son armée, pour donner de la jalousie aux Impériaux et entreprendre même ce que l'occasion lui pourroit offrir. L'électeur de Bavière venoit de se déclarer : il offroit d'amener vingt-cinq mille hommes sur les bords du Rhin ; on vouloit le favoriser et le joindre: ce fut l'objet de cette division de l'armée de Catii.at vers le haut Rhin. Cependant Landau, à bout de tout, et ouvert de toutes parts, capitula le 10 septembre, ayant tenu plus d'un mois au delà de toute espérance. Les conditions furent telles que Mélac les proposa, et les plus honorables et avantageuses en considération de son admirable défense. Le roi des Romains lui fit l'honneur de le faire manger à sa table . et voulut qu'il vît son armée et qu'elle lui Tendît tous ceux des feld-maréchaux. Peu de jours après , il retourna à Vienne avec la reine sa femme.

De part et d'autre le siège fut meurtrier . et le comte de Soissons y mourut en peu de jours d'une blessure qu'il y reçut. Il étoit frère aîné du prince Eugène et neveu paternel et cadet de ce fameux muet le prince de Carignan: le prince Louis de Bade et le comte de Soissons étoient enfants du frère et de la sœur. Le comte de Soissons père étoit fils du prince Thomas, qui a fait tant de bruit et de mouvements en France et en Savoie . fils et frère de ses ducs , et mari de la dernière princesse du sang de la branche de Soissons , sœur du comte de Soissons tué à la bataille de la Marfée, dite de Sedan, qu'il venoit de gagner. Le comte de Soissons-Savoie . neveu de ce prince du sang , attiré en France par les biens de sa mère et les établissements que son père y avoit eus . y avoit épousé une Maucini, nièce du cardinal Mazarin. pour laquelle, au mariage du roi . il inventa la charge de suri, .tendante de la maison de la reine-, et en même temps de la reine mère qui, non plus que toutes les autres reines, n'en avoit jamais eu. pour son autre nièce Martinozzi, femme du prince deConti. La brillante faveur, les disgrâces , les étranges aventures de la comtesse de Soissons qui la firent fuir à Bruxelles ne sont pas de mon sujet. Elle fut fort accusée d'avoir fait empoisonner son mari à l'armée, en 1U73. Il étoit gouverneur de Champagne et colonel général des Suisses et Grisons. Sa sœur la princesse de Bade fut longtemps dame du palais de la reine, qui n'eut et ne prétendit jamais au cune préférence sur les duchesses et les princesses de la maison de Lorraine , qui étoient aussi dames du palais , et qui toutes rouloient ensemble sans distinction entre elles et faisoient le même service. Elle eut part à la disgrâce de la princesse de Carignan sa mère . et fut remerciée. Le prince Louis de Bade, si connu à la tète des armées de l'empereur, é^oit filleul du roi , et avoit passe en France sa première jeunesse.

Le comte de Soissons, sans père et ayant sa mère eo situation ae

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