ORIGINE DU CHAPEAU
prince à son père au lieu de lui coûter la tête, il ne voulut pas se trouver à une cérémonie où les princes du sang, les bâtards et M. de Lorraine se couvriroient, et où il 'lenaeureroit découvert, et c'est ce qui empêcha la maison de Lorraine de s'y trouver, et tous les autres qui ont cet avantage. Mais pour entendre cette différence au.x mêmes personnes de se couvrir aux audiences des ambassadeurs . et de ne se couvrir jamais en aucune autre occasion, il faut remonter à l'origine de cette distinction.
Anciennement tout le monde étoit couvert devant nos rois à l'ordinaire de la vie, et dans les cérémonies par conséquent, et quand autour du roi quelqu'un avaloit son chaperon', les plus près du roi lui faisoient place, parce que c'étoit une marque qu'il vouloit parler au roi. Le changement des chaperons en bonnets, puis en loques, altéra peu à peu cet usage et l'abolit à la fin, tellement que personne ne se couvrit plus devant le roi à l'ordinaire de la vie , ni dans les cérémonies hors celles où cela fut ou réservé ou marqué, comme au sacre, aux pompes funèbres, aux cérémonies de l'ordre, et alors il ne s'agissoit point d'être prince, mais seulement d'avoir l'office qui faisoit qu'on éloit couvert, comme les pairs et les officiers de la couronne au sacre et au lit de justice , tout le monde aux convois des pompes funèbres , et tous les chevaliers au chapitre et au festin de l'ordre. Les ambassadeurs étoient reçus et accompagnés par des chambellans du roi à leur entrée et à leur audience . et cela a duré jusqu'à la puissance des Guise et à leurs projets. Comme M. de Guise fut le premier qui fit ajouter à la formule de son serment de pair ces parole? à la suite des autres si difiérentes : Ei comme un bon conseiller de cour souveraine . pour llatter le parlement et la magistrature, ce qui a été ôté longtemps depuis-, comme il fut le premier homme non-seulement de sa dignité et de son état, mais de quelque distinction qui ait été marguillier d'honneur de sa paroisse pour s'attirer la bourgeoisie, au delà de laquelle cette marguillerie n'avoit jamais passé: aussi dans ces mêmes desseins voulût-il gagner les puissances étrangères et s'en attacher les ambassadeurs. Comme il pouvoit des choses assurément plus importantes, il mit en usage de conduire à l'audience de cérémonie ceux des premières têtes couronnées . c'est-à-dire du pape.de l'empereur et des rois d'Espagne et d'Angleterre. sous prétexte de sa charge de grand chambellan , et de les présenter au roi. Eux se trouvèrent bien plus honorés d'être menés par lui que par des chambellans . et cette conduite leur donnoit occasion de civilités qui iutroduisoient visites, commerce et affaires. De M. de Guise l'usage par ces mêmes raisons s'en étendit peu à peu à ses enfants, à ses frères, puis à ses cousins, d'abord pour le suppléer, dans la suite comme une
< . Le cliajjeron était une coifTure en usage principalement sous les règnes de Jean, Charles V el Charles Yl; elle éi;»il en lirap, bordée de foui-ruies avec une longue queue qui relombail par derrière. AvaUr est un vieux mol synonjme de descendre ou af>atsser. On n'ôlait pas toujours son chaperon en parlant aux princes. Monstreiel rapporte que la reine Isabi-au, ou Isabelle de Bavière, haïs.sail Jean Turel, jMice qu'en lui parlant il ne lc:vriit point sou chaj/eron.