‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;Chapitre 82 sur 348 · MORT DE MADEMOISELLE DE C0?;DÉ · texte numérisé non relu

MORT DE MADEMOISELLE DE C0?;DÉ

cent mille livres qui allèrent bien à un million avec les droits . et si' les héritiers en conservent beaucoup de meubles, et pour plus de cent mille francs' de statues dans les jardins. Aux déiicnses prodigieuses de Mme du Maine, on peut présumer que M. du ÎTaine n'auroit pas été en iHat de faire une telle acquisition sans les bontés ordinaires du roi pour

Mlle de Condé mourut à Paris . le 24 octoijre , d'une longue maladie de ptitrine, qui la consuma moins que les chagrins et les tourments qu'elle essuya sans cesse de M. le Prince, dont les caprices continuels étoient le fléau de tous ceux sur qui il les pouvoit exercer, et qui rendirent cette princesse inconsolable de ce que deux doigts de taille avoient fait préférer sa cadette pour épouser M. du Maine . et sortir ds sous ce cruel joug. Tous les enfants de M. le Prince éloient presque nains, excepté Mme la princesse de Conti, l'aînée de ses filles, quoique petite. M. le Prince et Mme la Princesse étoient petits, mais d'une petitesse ordinaire: et M. le Prince, le héros, qui étoit grand, disoit plaisamment que. si sa race alloit toujours ainsi en diminuant, elle viendroit à rien. On en attribuoit la cause à un nain que Mme îa Princesse avcit eu longtemps chez elle: et il étoit vrai que. outre toute la taille et l'encolure. M. le Duc et Mme de Vendôme en avoient tout le visage. Celui de Mlle de Condé étoit beau, et son âme encore plus belle; beaucoup d"esprit, de seiis. de raison, de douceur, et une piété qui la soutenoit dans sa plus que très -triste vie. Aussi fut- elle vraiment regrettée de tout ce qui la connoissoit.

M. le Prince envoya Lussan. chevalier de l'ordre et premier gentilhomme de sa chambre, à ma mère pour la prier de lui faire l'honneur, en qualité de parente (ce furent ses termes), d'accompagner le corps de Mlle de Condé, que Mlle d'Enghien, qui a depuis été Mme de Vendôme, conduiroit aux Carmélites du faubourg Saint -Jacques, où elle avoit choisi sa sépulture. Ma mère qui n'alloit guère, et (jui , non plus que mon père jusqu'à sa mort, ni moi non plus . n'avoit aucune liaison avec l'hôtel de Condé . ne put qu'accepter . et se rendit en niante dans son carrosse à six chevaux à Thôtel de Coudé, chez Mlle d'Enghien. La duchesse de Châtillon . jadis Mlle de Royau . dont j'ai parlé à propos de mon mariage , étoit l'autre conviée. Gomme on sortit, elle prit le devant sur ma mère qui n'avoit garde de s'y attendre. Elle crut que c'étoit une faute d'attention de jeunesse: mais, comme ce fut pour monter en carrosse, la duchesse de Châtillon y entra eiicore la première , et se voulut placer à côté de Mlle d'Enghien. Ma mère, sans monter, témoigna sa surprise à Mlle d'Enghien, et la supplia de lui faire rendre sa place ou de trouver bon qu'elle s'en retournât. Mme de Châtillon 'yipondit qu'elle savoit bien qu'elle étoit de beaucoup son ancienne et qu'el-e a Ifoit précéder, mais qu'en cette occasion la parenté devoit d-oidel , -jt {0 elle étoit plus proche. Ma mère, toujours froidement mai» at' ;c ul ai/ da

^ . Et si es nne vieille loculion concsiiondant à et cepen lai. . 2. Saint-Sin m (emploie souvent, comme .gn l'a déjà ■•ija;' |i ', a mots livres KlJ'rancs, ans y attacher un sens distinct.

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