PHILIPPE DES ESSARTS
28 janvier 1421 , ces deux chaDoines avoient remis leurs iniérets entre les mains de Tabbé de Pontigny, arbitre choisi par le Chapitre; et que le 18 décembre 1422, on fit grâce à Pierre Rebrachien. Malgré tout cela, Tévéque ne resta point en repos qu'il n'eût fait biffer ce statut, quoiqu'il ne fût pas spécialement pour ses officiers, et qu'il regardât aussi ceux qui prendroient des offices du doyenné. Une des demandes de sa part dans la transaction qu'il passa avec le Chapitre, fut que ce statut seroit ôlé. Celle transaction finit les difficultés qui duroient depuis treize ans ou environ. Elle fut passée aux requêtes du palais, à Paris, le 8 mai 1425. Le Chapitre, qui avoit arrêté Robert Chaletret, clerc notaire de la cour spirituelle de l'évêque, et qui avoit souvent fait citer et même excommunié Pierre Rebrachieu , son officiai, demeurant dans Thôlel épiscopal , et son familier, obtint de Philippe des Ëssarts» qu'il se déportât de sa plainte, moyennant qu'on supprimeroit le statut qui regardoit ses officiers ou familiers : et le prélat accorda que tous les exploits de justice faits par les mêmes officiers dans les maisons canoniales , esquels lieux iceulx de Chapitre ont toute jurisdiction spirituelle et temporelle seuls et pour le tout y seroient réputés pour non avenus, déclarant par la n'avoir acquis aucun nouveau droit sur le Chapitre {a).
Jusqu'ici le nom de Philippe des Essarts ne paroit que dans des mémoires de procédure ; on le trouve marqué en quelques anciennes éditions du Missel d'Âuxerre (1), à l'occasion de la nouvelle fête des saintes femmes Marie Jacohi et Salomé. Un d'entre les trois chanoines qui porloient le nom de Jean le Fèvre et qui avoient été reçus sur la fin de l'épiscopat de Michel de Creney, fit ériger, avant l'an 1420,
(1) Au 25 mai.
(a) Philippe des Essarts avait voulu enlever au Chapitre la nomination du cliapelain de THôtel-Dieu. L'auteur d'un petit mémoire sur Thistoire de cette maison, rapporte, d'après une note insérée sur la couverture d'un vieux registre, que Pierre des Essarts, prévôt de Paris cl frère de l'évoque, avait pris si chaudement le parti de son frère dans celte affaire, qu'il menaçait partout de faire pendre les chanoines au premier arbre qu'il rencontrerail. (iV. d, £.).
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un aotel sous l'invacation de ces saintes, proche celui de Notre-Damedes-Verlus, au portail de l'église. L'ayant doté, il obtint du Chapitre qu'on y chantât une grand*messe le 25 mai, j<mr de leur fête ; ainsi leur culte commença à s'établir dans Âuxerre. La guérison miraculeuse d'Etienne Moron , chanoine et sous-chantre , arrivée par rintercession de ces mêmes saintes , la veille de leur fête , augmenta beaucoup la dévotion. Le sous-chantre écrivit leur vie et leur translation, et composa en leur honneur un office qu'il étendit autant qu'il lui fut possible. Jean le Fèvre, natif de Tonnerre, restant alors seul des trois chanoines de ce nom, agît auprès de Philippe des Essarts ; et afin de faire recevoir cette fête dans les paroisses, il obtint de lui des indulgences pour ceux qui, vraiment pénitents, réciteroient l'office de ces saintes en public ou en particulier, ou y assisteroient, savoir : quarante jours pour chaque heure de l'office. On en fixe la concession à l'an 1424.
Cet établissement est le seul qu'on sache avoir été fait du temps de Philippe des Essarts. Pendant son épiscopat , l'édifice du portail de l'église cathédrale, du côté de l'évéché , fut commencé en 4415 (1), et ensuite continué par les libéralités de Jean de Molins, chantre et chanoine, et celles des fidèles. Quelques-uns ont cru y apercevoir les armoiries de Philippe des Essarts , qui sont trois croissants (a) ; mais la part que put avoir cet évêque, fut que le Chapitre ayant obtenu des indulgences du pape Jean XXIII , datées de Constance, le 15 mars, pour tous ceux qui y contribueroient, il les publia en ajoutant celles de quarante jours , par ses lettres données à Auxerre le 27 mai 1415. Renaud de Fontaines, dont nous avons parlé ci-dessus , les avoit obtenues de ce concile où il fut député par la province de Sens, au mois d'octobre 1414. Ce fut le même Renaud qui envoya aux chanoines d'Âuxerre , ses confrères, la
(1) Regist. CapiL , U jul. Ui^
(a) On voit un écu chargé de trois écuseons, mais il est impossible de le déchiffrer aujourd'hui. (iV. d. E.)