‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 33 sur 122 · FRANÇOIS DE DINTEVILLE II DU NOM · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE DINTEVILLE II DU NOM

1530 1 ,554, d'une fête, et ne voulurent y vaquer k aucune de leurs affaires temporelles, pour mieux marquer la joie quMIs ressentoient.

Dès te trentième août suivant, il fit présenta Ârnoul Gontier, chantre de la cathédrale , et h so|; frère Palamèdes Gontier, secrétaire du roi , pour le temps de leur vie, d'un jardin qu'il possédoit à Auxerre dans la rue des Lombards , au-dessus de la maison et du jardin de la chapelle de Saint-Clément. Ce présent leur convenoit; ils demeuroient dans cette rue. Voulant favoriser les habitants de Gy-rEvéque, dont il reconnut que le territoire étoit incommode, et les labourages de petit rapport, il accorda, le 28 décembre suivant, à leur communauté, 45 arpents de bois pour leur usage , k condition qu'ils ne pourroient en transporter hors du territoire, et qu'ils lui seroient redevables chaque année, par chaque feu, de la somme de douze deniers. Jusqu'à sa mort, il fit presque chaque année, quelque embellissement dans l'église cathédrale. Outre ce qu'il fournit k l'exemple de son oncle pour continuer et achever la tour, il destina, en 1545, une somme pour orner l'église de peintures en différents endroits. La prodigieuse statue de saint Christophe étoit alors bien avancée ; on y avoit travaillé pendant son absence , selon le goût particulier d'un chanoine (1). Mais le prélat étoit bien éloigné d'avoir des idées si grossières. Il étoit doué d'un goût exquis pour la peinture (2), et pour tout ce qui dépendoit de la mécanique, connoissance qui avoit peut-être été l'un des fondements des faux soupçons qu'on avoit eus contre lui. Si ce prélat fit décorer les piliers de l'église d'images en relief, comme le Chapitre le lui avoit permis en 1543 (5), il en est resté peu de chose, peut-être parce que les calvinistes jetèrent a terre ce qui avoit été fait par ses ordres. Les deux portes collatérales des ailes du chœur étoient ornées de figures différentes de celle qu'on y voit aujourd'hui ; k l'une des deux étoit représentée l'histoire de la Visitation de la Sainte-Vierge. Ces figures pouvoient venir de lui, aussi bien que celles qui étoient dans la chapelle de Saint-Georges, au-des«

(1) Jean OU?ier, cnré de Champlemy.

(2) Claade Robert dit, dans ses additions au Gallia Christiana, que cet évéque dépeignit de sa propre main, à Régennes, les

châteaux appartenant à Tévéché d'Auxerre avec leur voisinage.

p) Reg. Cupit.

QUATRE-VINGT-DOUZliME ËVÊQCB d'àUXERRB. 127

SOUS de l'endroit où Ton voit encore les armoiries de sa famille. Certainement il donna, en 1547, le vase de porphyre que Ton voit sous une petite voûte qui soutient la statué de saint Christophe. L'inscription qui se lit au pied de ce vase oblong, marque avec quels sentiments de piété il souhaitoit que les fidèles prissent de Teau bénite en entrant dans la maison de Dieu. Il fit aussi orner la chapelle de Saint-Germain, située au-dessous de celle du revestiaire , de peintures a fresque fort délicates qui représentent les principales actions et miracles de ce saint évêque; et vraisemblablement la clôture de cuivre de cette chapelle est un effet de sa magnificence (a). Les évéques d'Âuxerre dont on fait l'office ou qui passent pour bienheureux, furent représentés par son ordre sur les murs de la chapelle de Saint-Sébastien (6). Il est encore probable que le haut des peintures de la rose du grand portail est de son temps et fait à ses frais. Quelques-uns même ont cru Yj voir représenté au-dessus de l'image saint Jacques. Pour ce qui est de ses ornements, il différa jusqu'à Tan 1554 ; et on verra ci-après qu'on ne les reçut que peu de jours avant sa mort.

Quoique cet évêque aimât beaucoup à décorer les templeç matériels, on peut dire qu'il s'attacha .encore davantage à former les temples spirituels. Les luthériens avqient profité de son absence pour s'insinuer dans son diocèse, principalement dans les lieux qui sont au centre du royaume, sur la route de Paris à Lyon, le long du rivage de la Loire. Il entreprit de connoitre en peu de temps le mal qu'ils pouvoient avoir causé ; et pour en faire plus vite la perquisition , il s'associa l'évêque d'Ebron de l'ordre de Saint-Domique, qui fit les visites dans un canton du diocèse, pendant que, de son côté, il les faisoit dans un autre. L'an 1545 ils visitèrent à ce dessein différentes paroisses (1). L'évêque d'Ebron étoit le 25 novembre à Cravan, où il accorda des indulgences à ceux qui contribueroient à l'avancement de l'église qu'on bâtissoit

(i) Ex auiographo.

(a) Tous ces objets dVt sont détraits aujourd'hui. (N* d, E.)

(h) Ces fresques existent encore en partie. (iV. d. E.)

1580 Si 1554.

Page 1