FRANÇOIS DE DINTEVILLB 11 DU NOM
alors (a) ; et François de Dinteville aux Quatre-Temps de décembre fit Tordinalion de Varzy. La ville de Cosne-sur-Loire paroît avoir été la première où il s'aperçut que Thérésie avoit pris quelques racines. Pour les arracher entièrement, il y retourna au mois d'octobre 1545, em* menant avec lui Tarchidiacre de Puisaye (1). Ce fut dans le cours des visites de celte année-là, que le droit de procuration lui ayant été refusé par l'abbé de Saint-Germain, pour la visite de la cure de Moutiers, sans avoir égard qu'en 1543 Tévêque d'Ebron avoit été logé au prieuré, il crut devoir pousser cet affaire en parlement (2). C'est peut-être pour cela qu'on ne trouve rien de lui en 1546. Etant à Gien en 1547, il fut averti que plusieurs habitants de cette ville, aussi bien que de Briare, Bony , Neuvy, Cosne, Pouilly et La Charité se dispensoient du devoir pascal ; il ordonna aux curés de faire des exhortations sur cette matière le dimanche des Rameaux, et de tenir un registre de ceux qui s'approcheroient des sacrements, pour l'apporter au synode après la quinzaine de Pâques. D'autres affaires l'ayant appelé à Paris en 1549 (3), il chargea Jacques de Montracé, cordelier, évêque de Russion, de faire dans tout le diocèse les fonctions épiscopales, et de veiller par des visites à la conservation de la foi. La discipline étoit encore alors trèsexacte pour l'observation du carême, et l'on n'avoit garde d*y faire de brèche, dans un temps ou l'abstinence étoit combattue à découvert (4). Aussi les pieux catholiques du diocèse s'abstenoient encore alors de l'usage du beurre et du fromage pendant le carême , et ceux qui vouloient en user demandoient la permission à l'évêque. J'en ai lu un exemple (5) dans la personne de Françoise de Clermont, femme de Charles de Rochechouard , seigneur de Saint-Amand (6). Parmi les prédicateurs qu'il avoit approuvés, il y en eut qui favorisèrent la nouvelle
vl) Reg, Cap.
(2) Reg, Episc. Signât. Dachié.
(3J Ibid.
(4) Reg. Duchié.
(5) Recueil de forma les de son temps.
(6) Voy. les Preuves, 1550.
(a) Le chœur et la tour de cet édifice sont de ce temps et de style Renaissance. On lit sur un cartouche de la tour : « De may le 25, l'an 1551 a esté fondée cette >» tour, priez Dieu pour tous en commun. » (lY. d. E.)
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réforme ; il leur ôta aussitôt ses pouvoirs, et les obligea de quitter son diocèse, entre autres, un nommé Chaponneau qui avoit scandalisé par ses sermons tout le peuple de Gien (1). L'année même qu'il fit publier la convocation du concile de Trente (i) , en conséquence de Tavis du cardinal de Bourbon, archevêque de Sens, un prêtre de Gien fut assez hardi pour se marier à une jeune veuve de Cosne. Ce prêtre arrêté et convaincu en septembre 4551, fut condamné au feu après avoir été dégradé (3). François de Dinteville ôta quelquefois aux officiaox particuliers du diocèse la connaissance de certaines affaires, les évoquant k Aoxerre, afin qu'elles j fussent jugées avec plus de maturité (4) L*usage du bras séculier ne fut pas la seule voie qui vint au secours pour arrêter les progrès de l'hérésie (a). L'évêque d'Âuxerre embrassa comme les autres prélats tous les moyens généraux, tels que la prière, les jubilés, et les confréries. Dans ces temps nébuleux parut fort à propos la confrérie du Saint-Sacrement. Dès-lors, elle passa jusqu'aux églises de la campagne (5). Vers le même temps commencèrent en certaines églises des saints pour la paix de l'Eglise; ceux qui yassistoient gagnoient des indolgences. Les prières que le roi avoit demandées en 1555, contre le progrès de l'hérésie prévinrent la publication du jubilé que Jules III avoit accordé. Noire évéque, conformément à la volonté du roi, ayant ordonné en 1553 des prières pour obtenir l'extinction de l'hérésie (G),
ïsaùi 1551.
(I) HisU de la prise d'Aaierre» pièces joit., p. 5.
(î) Yoy. Preuves, ao. 1551.
(3) Heg. Dachië, 1551, 21 sept.
(4) Big. Ducbié,2acM551.
^5) Reg, Duchié, 27 mart 1554. Fond, k Saint-Mamerl d'Auxerre» par Marie Bonnet, femme de Germain Gbein.
(6) Hlst. de la prise d*Aaxerre, pièces just., p. 5.
(a) En 1542, les Inthériens de Gien devenaient nombreux. L'évêque chargea H. de Longueil, chanoine de Gien, de recevoir les révélations des hérétiques qui devaient les faire sous peine d'excommunication. Mais le procureur du roi et celui des habitants de la ville protestèrent et déclarèrent vouloir s'en tenir à la sentence délateur de parlement qui ordonnait que les révélations seraient reçues par les corés des paroisses assistés d'un marguillier. Aussi, le 17 août, le bailli de Gien Tendit une sentence portant défense à M. de Longueil de passer outre à peine de 60 Unes d'amende et de prison, « d'autant que ledit de Longueil est suspect et s'est > vanté qu'il lu j cousteroit son bien ou qu'il auroit raison des luthériens de Gien. • - àrek. de f Tonne, Documents historiques. (JV. d. E.)
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