‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 41 sur 122 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

JACQUES AMYOT, XCVIe ÈVÊQUE D'AUXERRE.

La vacance du si^e épiscopal d'Âuxerre, qui commença le 20 1570 h 1503. février 1570, et qui dura un peu plus d'un an, ne changea presque rien (a). Le Chapitre continua les pouvoirs de vicaire général à Gaspard Damy, qui Tavoit déjà été sous trois évéques d'Âuxerre consécutivement , sauf les protestations que le doyen et l'archidiacre firent pouf la conservation de leurs droits (2), La seule innovation à laquelle cette vacance donna occasion, est, que le Chapitre qui avoit toujours nommé et conféré en corps les bénéfices pendant les vacances du siège, statua, le 10 février 1571 , que chaque chanoine nommeroit ou présenteroit à son tour par semaine, en commençant par le doyen ,

(1) Reg. Cap., 51 jamuar. 1576 et 4 junii \ t^) Reg. Capit. 1570, \Ofeh.

(a) Cette année le teyne ou synode annuel du clergé diocésain eut lieu dans le chœur de la cathédrale. La collation que donna le Chapitre se composa de 400 gâteaux et de Tîn rouge et blanc— Compte de la Régale. {N, d, E.)

Il 11

1070 k 1593. jusqu'à ce que le siège épiscopal fût rempli , et qu'à la vacance soivanie on reprendroit le tour où Tod eu seroit resté. Mais cette cojiclQsioD ne put avoir lieu cette fois-la , puisque dès le commencement du mois de mars, Jacques Âmyot , successeur du cardinal de la Bourdaisière , prit possession de Tévêché par procureur.

Plusieurs historiens ont écrit certaines particularités de la vie de Jacques Âmyot sur des ouï-dire , et sans avoir devant les yeux des mémoires fidèles. Tels sont Yarillas, Brantôme, Saint-Réal, et même M. de Tfaou. Comme ils ont été déjà réfutés par un critique célèbre (1), on trouvera bon que je me dispense de rapporter les circonstances qu'ils ont marquées de sa jeunesse , sans cependant passer sous silence ce que j*ai appris par les écrits de ceux qui ont souvent parlé à ses amis les plus intimes, et auxquels il ne cachoit rien, quand roccasion se présentoit de dévoiler ses plus grands secrets. On ne peut mieux être informé des commencements de sa vie , que par le mémoire qu'il en dressa lui-même, et qu'il confia à Renaud Martin, Tun de ses commensaux, pour Tachever après sa mort. Là-dessus Rouiilard a rédigé ce qu'il en dit dans son Histoire de Melan , et en cela il aura toujours la préférence parmi les critiques. Ce mémoire ayant été inséré à la fin du livre manuscrit de la cathédrale d'Âuxerre , qu'on appelle Gesta Pontificum^ a été rendu public par le P» Laibbe , jésuite , au bout de cette collection sur les évéques d'Âuxerre. C'est ce que Bayle parolt avoir ignoré, lorsqu'il a remarqué que cette vie latine n'a pas été imprimée. Jacques Âmyot y dit de lui-même qu'il étoit né à Melun, le 50 octobre 1513, de parents plus avantagés du côté de la vertu que de celui de la fortune. Il ne déclare point la profession dont étoit sou père Nicolas Âmyot; mais ses commensaux le tenoient pour le fils d'un petit marchand de mercerie ; ce qui s'accorde avec Rouiilard qui dit que ce marchand vendoit des bourses et des aiguillettes. Lorsqu'il eut appris les premiers rudiments à Melun, il alla à Paris où il continua ses études de grammaire , servant de domestique à quelques écoliers d'un collège qu'il n'a jamais nommé; sa mère, Marguerite d'Amours on des Amours 9 avoit soin de lui envoyer exactement chaque semaine un

(1) Ba^Ie dans son DicUonnaire,

QUATRE- YIMGT-8EIZ1ÈME ÉVÊQUE d'aUXERRE. 465

pain par les bateliers de MeluD. L'avidité d^apprendre le poursuivant jusque dans la nuit , il avoit recours à la lumière que pouvoient fournir quelques charbons embrasés, et il s'en servoit au lieu de chandelle ou d'huile, tant étoit grande alors son indigence ; avec ces foibles secours pour les premiers commencements , il ne laissa pas d'atteindre les classes supérieures. Il apprit la langue grecque au collège du cardinal le Moine, sous Jean Evagre rémois, qui tenoit une classe exprès pour cette langue. Il étudia la poésie sous Jacques de Tusan, professeur ropl, l'éloquence et la philosophie sous Pierre Danès (1), et les mathématiques sous Oronce Finée , tous trois professeurs royaux établis nouvellement par François I^^« S'étant fait passer maître ès-arts à dix-neuf ans (2), il alla à Bourges pour y étudier le droit civil avec un jeune homme qui fut depuis célèbre avocat en parlement (5). Y étant arrivé, Jacques Gollin, lecteur ordinaire du roi et abbé deSaint-Âmbroise, le fit précepteur, de ses neveux, et l'engagea à accepter une chaire de professeur dt^s langues latine et grecque dans l'université de Bourges, qu'il lui obtint par le moyen de Marguerite , sœur unique du roi de Navarre» duchesse de Berri. Après avoir eu soin pendant quelque temps des neveux de l'abbé de Saint-Ambroise , M. de Morvilliers, lieateoant-générsil au bailliage de cette ville, étant informé de son mérite, le donna h M. Bochetel, seigneur de Sacy, secrétaire du roi, qm étoit son beau-frère, pour veiller sur les études et sur l'éducation de ses eo&nts. Pendant les dix à douze années qu'il fut professeur et précepteur à Bourges, il commença k traduire quelques ouvrages grecs en bagne française , et il avoua depuis à ses amis , que ce temps-lk avoit été le meilleur et le plus tranquille de toute sa vie. Il travailla d'abord à la traduction de l'histoire de Théagène et Ghariclée , et se mit ensuite ï traduire quelques vies des hommes illustres de Plutarque. Cette dernière traduction dédiée à François P**, fit tellement connoltre la

(1) Ce P. Danés lui fil apprendre quelque* oraiioni de Cicéron.

(2) n y aToit déjà eo un Pierre Amyot , maître ès-arta , qui assista pour l'Universilé de Varis au concile de Constance . et qui, daas la délibération que fit la nation de

France sur les annales, opina contre. Thet. anecdot. t. u,p. 1556.

(3) Il est faux qu^Amyot se fil religieui dans Tabbaye de Saint-Ambroise, comme quelques-uns l'ont avancé, entre autres le sieur BuUart, en ses illustres historiens.

164 JACQUES AMTOT,

1570 ^ 1903. pénétration d'Amyot dans la langue grecque, que le prince lui ordonna de continuer le reste de l'ouvrage, et lui donna pour récompense Tabbaye de Bellozane, qui venoit de vaquer par la mort de Yatable. Ce fut le derni.er bénéfice consistorial auquel ce roi nomma. Âmyot ne croyant pas devoir attendre une plus grande fortune en France, prit le parti d'aller en Italie pour perfectionner sa traduction de Plubrqoe par le moyen des manuscrits, et par les conférences avec les savants de ce pays-lk. C'étoit vers Tan 1546. H. de Morvilliers de Bourges, ambassadeur à Venise, le mena avec lui en Italie, où il fit toutes les recherches nécessaires. Un peu après le retour de cet am bassadeur, Âmyot fut chargé par Odes de Selve, son successeur dans l'ambassade, et par le cardinal de Tournon , alors résidant à Rome, de présenter au concile assemblé de nouveau, îi Trente, le 1®^ septembre 1551 , les lettres du roi Henri second avec ses protestations; il s'acquitta[d*une commission si difficile avec toute la satisfaction possible , ainsi qu'on peut voir par la lettre qu'il écrivit le 8 du même mois à H. de Morvilliers (1). Le désir ardent de se perfectionner dans les auteurs grecs par la connoissance des manuscrits, lui inspira d'aller de Venise k Rome. Jean le Doux, évéque de Mirepoix, l'y retint près de deui ans. Le cardinal de Tournon convaincu de Thabilelé d'Amyot dans toutes les affaires, et même celles qui regardoient la couronne, voulut l'avoir pour compagnon de voyage a son retour de Rome, avec Denis Lambin, qui fut depuis professeur royal de langue grecque a Paris. Ce cardinal arrivé à la cour, apprit que le roi souhaitoit un précepteur pour les ducs d'Orléans et d'Anjou. Il présenta Âmyot à Henri II, qui lui donna cette charge dont il jouit le reste de son règne et sous celui de François II (2). Pendant qu'il fut précepteur des princes, il acheva sa traduction des hommes illustres de Plutarque, et la dédia à Henri II. Ensuite il entreprit celle des œuvres morales du même auteur qu'il acheva sous le règne de Charles IX, à qui il la dédia. Ce prince, auparavant {connu sous le nom de duc d'Orléans, étant parvenu à la couronne l'an 1560, se souvint de son

(1) EUe Mt dans les mémoires d* Alphonse Yari^as , publiés en 1700, et dans d'autres imprimés plus anciennement.

(î) yù TU les Tenions qu*Amyot faisoit

faire par Ciiarles , duc d*Orléans, de Toraison de Cicéron pro Marco Marcello , écrites de la main de ce prince , qui régna depw< sous le nom de Charles IX.

Vt'ATRE-YlNGT-SBlZIÈHIB ÉVÊQUE d'aUXBRRB. 165

précepteur, el dès le lendemain de son avènement, 6 décembre, il le 1570 ^ isw. fit son grand-aumônier, son conseiller d'État, et conservateur de l'Uni- Tersité de Paris (1). Il lui donna encore depuis Tabbaye de Roches au diocèse d'Auxerre, et celle de Saint-Corneille de Compiègne. Le jeune roi Tappeloit son maître, lorsqu'il vouloit lui parler familièrement (2) ; mais il lui fit aussi quelquefois des reproches, par exemple sur sa trop grande frugalité, en ce que pouvant faire bonne chère, il se contentoit soQ?ent de manger des langues de bœuf. Trois ou quatre ans après, il fbt doyen de la cathédrale d'Orléans, sans qu'on sache de quelle manière, sinon qu'on croit que l'évéque Jean de Horvilliers y contribua. L'évéché d'Auxerre étant venu à vaquer par la mort du cardinal de la Boordaisière, arrivée en cour de Rome, le pape Pie V pourvut à tons les bénéfices de ce cardinal plenojurê^ et nomma à l'évéché d'Auxerre un particulier dont le nom n'est point venu b notre connoissance ; ce qui causa une grande dispute entre le roi et le pape. Cette circonstance, quoique combattue par l'historiographe Renaud Martin , se trouve alléguée dans des écritures du Chapitre d'Auxerre de l'an i 592 (3) , où il est marqué que les chanoines avoient été fort sollicités par celui qui atoit des provisions du pape, de le recevoir, et de lui délivrer les revenns échus pendant la vacance, et qu'ils n'en voulurent rien faire. Le pape obligé de condescendre aux volontés du roi, et informé d'ailleurs des qualités extraordinaires d'Amyot, le nomma à cet évéché, et Henri III qui désiroit ardemment Tavancement de son maître (c'est le nom qu'il lui donnoit toujours) , sut bon gré au Saint-Père d'avoir confirmé sonchoii. Amyot ayant accepté, et s'étant fait sacrer à Paris, envoya sa procuration ^ Laurent Petitfou , archidiacre d'Auxerre. Celui-ci la présenta avec les bulles le 3 mars 1571 et prit possession. Le même jour, François de la Barre fut reconnu vicaire général, et Jean Amyot, auditeur des comptes, promit par écrit sur le registre, au nom du nouvel évéque, son frère , une chapelle d'ornements. La disette où se trouvoit l'église d'Auxerre par sa spoliation totale arrivée trois ans auparavant , aussi bien que les difficultés qu'on venoit d'essuyer

(1) De Thon, in vita sua. I Dupay, coté SI .

{% Vie latine de Charles IX , ms. de I (3) Koy. PreuTe9,159î;t. ir.

lûTO k 1593. auprès des héritiers da cardinal de la Bourdaisière , eogagèreut les chanoines à user de celte précaution inouïe jusqu'alors. Dans Paonée même, il obtint du roi la permission de quitter la cour et devenir à Âuxerre. Il s'arrêta à Sens , le 24 mai , jour de rÂscensioo , et y prêta le serment ordinaire de soumission et d^obéissance (1) , qu'il signa sur le grand autel en présence du cardinal de Pellevé, archevêque , et fit le présent accoutumé d'une cbape au trésor de la métropolitaine. Il avoit fait ajourner au mardi 29 . mai les quatre vassaux ordinaires, pour le porter depuis l'église de Saint-Germain jusqu'à la cathédrale. Les trois derniers ne firent aucune difficulté, et pourvurent à cette fonction; mais Jean Girard, avocat du roi au bailliage d'Âuxerre, chargé de la procuration de Charles IX , représenta qu'il ne convenoit pas que ce prince fût sujet à cette soumission, et soutint (quoique faussement) que cela ne s'étoit aucunement pratiqué depuis que les rois avoient succédé aux comtes d' Auxerre dans la propriété du comté. Le nouvel évêque, à qui ces représentations furent réitérées dans l'église de Saint-Germain , allégua plusieurs passages et histoires propres à faire connoitre que ce n'étoit pas à sa personne privée, ni aux évêques même en particulier, que cet honneur étoit rendu , mais à Dieu. Se contentant cependant de la soumission que firent jusqu'au bout de l'église de Saint-Germain, René de Pemaj, seigneur de la Bertauche, et son fils, pour le duo de Nevers en tant que baron de Donzy et de Saint-Yerain, et de celle de Guillaume de la Bussière , seigneur de la Bruère , pour le baron de Toucy , il déclara qu'il ne vouloit pas se servir de son droit, et qu'il feroit le reste du chemin à pied sans préjudicier à ses successeurs; comme , en effet, il le fit de l'église de Saint-Germain k la cathédrale, précédé par le clergé séculier et régulier, accompagné des quatre personnes qui représentoient les quatre barons; et la chaise où il auroit dû être porté, fut soutenue élevée proche de lui, durant tout le chemin, par quatre bourgeois de la ville au noih des mêmes barons; ce qui revenoit assez au cérémonial pratiqué k Tenirée de Philippe de Lenoncourt, onze ans auparavant.

(I) Exmss. Sefwn,

QUATRE-VINGT-SEIZIÈME ÉVÊQUE d'âUXERRE. 167

Jacques Amjot étoit âgé de cinquante-huil ans lorsqu'il prit posses- 1570 ^ 1593, sioD de révêché d'Auxerre ; il avoua lui-même en arrivant qu'il n'étoit ni théologien, ni. prédicateur , n'ayant presque étudié que des auteurs profanes. Il commença à se faire une occupation journalière de la lecture de TEcriture-Sainte, des saints Pères grecs et latins. En attendant qu'il fût en état de prêcher devant son peuple, il chargea de cette fonction Pierre Viel, docteur en théologie, qu'il avoit amené avec lui, et qui prêcha en effet en sa présence) plusieurs sermons dans la cathédrale. Ce théologien eut aussi avec lui de fréquentes conférences sur les endroits les plus remarquables de TEcriture-Sainte , touchant les points dogmatiques controversés et sur les questions de Técole. Ix)rsque Âmyot eut commencé à lire la somme de saint Thomas, il s'y appliqua de telle manière qu'il la posséda presque en entier. On lui persuada de se hasarder de parler en public ; et quoiqu'il se défiât beaucoup de ses forces et que la foiblesse de sa voix ne lui inspirât pas beaucoup de courage, il prêcha d'abord les jours solennels , mais dans tiD style si clair et si châtié et en même temps si enrichi de sentences , que les savants sortoient de la prédication bien plus éclairés qu'ils n^y étoient arrivés, et les igiiorants n'en revenoient point sans être instruits de leurs devoirs et rendus meilleurs qu'auparavant. Des commencements si heureux l'encouragèrent à prêcher plus souvent, il ne laissa passer aucune des grandes fêtes sans officier et prêcher tant qu'il résida à Auxerre. On prétend qu'il se tenoit en chaire d'une manière singulière. Ayant fait faire h neuf la chaire de bois que l'on voit encore (a) , en place de celle que les huguenots avoient brûlée , il vouloit qu'on en tournât l'ouverture du côté de l'auditoire et s'y tenoit assis dans un fauteuil. Quoiqu'il débitât ses sermons en françois, il les composoit cependant en latin, et l'on en a conservé longtemps les minutes.

Voici le régime de vie qu'il observa pour devenir théologien et prédicateur depuis son avènement à l'épiscopat : levé h cinq heures du matin en toutes saisons, il récitoit son office de la nuit, puis il se tenoit enfermé dans son cabinet jusqu'à l'heure de la grandWsse, étu-

(a) Cette chaire n'existe plus. {N. d, E.)

168 UCQCBS AMTOT,

1570^1593. ^^^°^ ^^^ l'^'*^^ ^^"^ j'^î parlé. Après la grand' messe ii relenoitle célébraDt el quelques diguilés ou chanoines à diner. Pendant le repas on ne s'entretenoitque de matières de littérature ou de choses honnêtes, en sorte que sa table pouvoit passer pour nne véritable école de piété ou de science, d'où Ton ne se retiroit point sans être devenu plus savant ou plus pieux. La conversation, après le repas, duroit l'espace d'une heure; il retournoit ensuite à sa bibliothèque et continuoit jus-qu'au soir les études commencées le matin. C'est ainsi qu'il s'arrangeoii les jours ordinaires, excepté que FÂvent et le Carême il célébroît la messe en particulier avant que d'aller à la grand'messe des chanoines. Les dimanches et fêtes, il as^istoit aux premières et secondes vêpres et à matines, et disoit aussi une messe basse. Les jours de grandes fêtes auxquels il devoit prêcher vers l'heure du midi, il remettoit au soir le repas ordinaire des officiers du chœur. Lorsqu'il alloit par la ville , il étoit habillé en grand-aumônier, dit son historien. Dans son palais épiscopal il se tenoit vêtu en évêque. Â l'église, si c'étoit l'été, il étoit en rochet et surplis, bonnet carré et aumusse ; en hiver, il étoit comme les chanoines, excepté que sur l'habit long il ne portoit point l'aumusse ronde, c'est-à-dire le petit capuchon (1).

On peut se ressouvenir ici de la description que j'ai faite ailleurs de la triste situation où se trouvoit l'élise d'Ânxerre, lorsque le cardinal de la Bourdaisière fut remplacé par Jacques Amyot (2). Tout ce que

{\) Ex acHs CapiU ÀuHss. pro Capit. | {t Hist.dela Prised'Àoxerre (a^. BeUw. 1620, fig, Huot,

(a) L'abbé Lebeuf passeMégèrement ici sur les guerres de religion qui dévastèrent l'AuicrroiSy pour ne pas répéter ce qu'il a dit dans sa PrUe â/Àuxerre, On voit par les documents généraux du temps jusqu'à quel point la dévastation des monastères et des églises avait eu lien.

En 1572, un rôle des bénéCces du diocèse, occupés par les Rebelles et abandonnés par leurs possesseurs, nous apprend que les pays des bords de la Loire étaient particulièrement maltraités. On cite dans cette liste les abbayes de Saint-Laurent, de Bouras (brûlées), la Cbartreuse de Basseville (ruinée) , les prieurés de La Charité, de Saissy, du Pré, de TEpau ; ces deux derniers brûlés; ceux de Revillon , d'Entrains, de Ratilly, de Plain-Marchais, ruinés. (Arch. de TYonne, documents historiques).

(iV. d. E.)

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les chanoines avoient pu faire darant les anuées 4568, 1569 el 1570, 1570 ^ 1699. se réduisoit au plus nécessaire. L'église ayant besoin d'être bénie de DOUTeao à cause des profanations horribles que les huguenots y avoient commises, le nouveau prélat commença par Ik aussitôt après son arrivée, et il en fit la bénédiction le vendredi 22 juin 1571. Le 27 du même mois il rebénit celle des Cordeliers, dans laquelle avoit été le prêche des calvinistes. De là il se transporta k Varzy, ville principale de son temporel ; il y étoit le 5 juillet , suivant les lettres d'institution d'official qu'il y fit expédier. En venant se faire recevoir à Auxerre , il avoit apporté pour la cathédrale des ornements de drap d'or, où le Chapitre ne trouva à redire que dans le nombre des chapes , parce qu'il n'y en avoit point pour ceux qui chantent les répons, et que les nappes d'autel y manquoient ; ce que les chanoines disoient avoir coulame d'être donné (1). Le prélat y suppléa depuis par le moyen d'un autre ornement de soie de couleur blanche qu'il fit donner par le sieur du Halde, dont il n'avoit point voulu prendre les profits du quint denier pour l'acquisition de la terre de Beauche (2). Après avoir un peu garni la sacristie, il n'épargna rien pour rendre au chœur son ancien hstre; il fit refaire à neuf, en 1573, les chaires des chanoines, tant basses que hautes (5). Le trône épiscopal qu'on voit aujourd'hui k gauche, est aussi de son temps ; il l'avoit fait mettre k droite et dans la place même où étoit l'ancienne chaire de pierre que les huguenots n'avoient point gâtée, k cause de la simplicité dont elle étoit. Il donna les sept colonnes de cuivre qui accompagnent le grand autel; celle du milieu finit en crosse et soutient la suspense du Saint-Sacrement (a). La table de marbre dont il fit refaire l'autel, est une ancienne tombe qui provenoit de la sépulture de quelque personne considérable ; on

(1) Mémoire de i 592 contre lui. | (ô) Ex inscripHone ad introït, Chori.

{% Ibid.

(a) L'inscription qai rappelait ces restaurations était ainsi conçue : « Jacobus » Amyotns Antissiodori episcopus , cum à perduellibus baereticis fœde laceratum , » direptum , ornamentisque omnibus spoliatum reperisset hoc templum , exedram > istdm divinis laudibus concinnendis accomodatam ad Dei Opt. Max. gloriam , » domusque rjus decorem de intègre instaurandam curavit. 1573. » (N, d. E.)

no JACQUES AMYOT,

1570 k 1598. ^ prétendu que c'éloit elle qui couvroit le tombeau du saiot évêque Bernard de Sully, inhumé au milieu du chœur. Il fit la consécration de ce nouvel autel, le 15 juillet 1576» quelque temps après avoir reça de Rome un os du bras de saint Saturnin, célèbre martyr de la même ville, que le cardinal de Pellevé , archevêque de Sens , avoit tiré de son titre de saint Jean et saint Paul, relique très-avérée (1). La donation du cardinal est datée de Rome, le 2 janvier 1576. Ce fut aussi aux dépens du nouvel évêque que le sanctuaire fut fermé de murs ; les grillages de fer qui le fermoient auparavant avoient été rompus ou emportés. En même temps que les ouvrages dont je viens de parler se firent en bois, en cuivre, en pierre, l'évéque Amyot songea à la construction d'un nouveau jeu d'orgues qu'il avoit dessein de placer au coin dn cbœur. Il fit venir, pour la confection des tuyaux , le frère Hilaire, religieux de Nolre-Dame-en-risle , à Troyes, de l'Ordre du Val-des- Ëcoliers, qui passoit pour très-expérimenté. Le bas des vitrages du tour du chœur, qui avoit été cassé par les calvinistes , fut refait à ses dépens en meilleure partie, Tan 1575. On y voit ses armoiries dans le fond , aussi bien que celles du Chapitre et du doyen François de la Barre. Il en eut fait autant à celles de la nef, si le maître de fabrique de l'église se fût un peu prêté à cette bonne œuvre. Comme on ne voyoit pas bien clair sur le grand autel, à cause de l'épaisseur des vitrages des bas^côlés , il fit ôter une verrière entière du côté droit, placée sur la porte qui conduit au Chapitre, et y fit substituer du verre blanc avec une simple image de saint Jacques , son patron. Voulant qu'on se ressentit aussi de ses libéralités en argenterie, il donna, en 1583, deux chandeliers d'argent et un bénitier de même matière (2). Sa vie latine ajoute qu'il y joignit deux encensoirs avec leurs navettes pareillement d'argent. Les bréviaires et autres livres rédigés â l'usage du diocèse d'Âuxerre, n'avoient jusqu'alors été imprimés qu'en lettres gothiques. Il conçut, en 1578, le dessein de faire réimprimer, en lettres romaines, les bréviaires, missel, manuel et psautiers, et l'on nomma quatre chanoines pour revoir ce qu'il y auroit à corriger (5). Mais de

(t) Voy. Preuves, 1576. 1 (3) Reg. Capii,, Jjultù 157

(«) Reg. Capit., 19 febr. 1583. !

QUATRE- VINGT-SElZli^B ÉVÉQUB d'aUXERRE. i71

lous ces projets, celui du bréviaire fut seul exécuté. L'impression s'en fit a Sens en 1580; l'ouvrage ne fut point revu d'une manière qui répondit kla réputation d'un si grand prélat ; la distribution des lectures paroit un peu mieux ordonnée que dans les éditions précédentes; mais la poésie est aussi pitoyable qu'auparavant. La déférence que l'on eut pour l'étymologie qu'il attribuoit au nom latin d'Àuxerre, fit qu'on laissa imprimer partout Ànlissiodorum au lieu d^AtUissiodarum , personne n'osant alors contredire. Il avoit déjà destiné une préface latine pour le missel, au cas qu'il eût été réimprimé (1), mais l'ouvrage ne fut point mis en état de paroltre. Les conférences que l'on eut avec ce prélat à l'occasion du bréviaire, procurèrent au Chapitre une décharge d*office. Jusqu'alors on n'avoit célébré de vigiles des morts qu'à neuf leçons et neuf répons, mais aussi les chantoit-on très-mal, surtout depuis quelques années. Le prélat consentit qu'on réduisit chacune de ces vigiles à un seul nocturne (2), à condition qu'on en chanteroit les antiennes et les répons sans précipitation ni confusion , selon le chant grégorien et non pas syllabiquement comme on s'étoit avisé de faire en quelques églises. Le Chapitre avoit aussi ôté longtemps auparavant, par déférence pour l'évêque, certains usages qui pouvoient lui déplaire. Chaque chanoine , à son tour, devoit faire l'office de chantre au chœur le jour de Noël et de Saint-Etienne, revêtu d'une dalmatique, la mitre en tête et la crosse en main. On statua, le 22 décembre 1572, que dans la suite celui qui feroit cet office de chantre n'auroit ni mitre, ni dalmatique, et qu'il porteroit un bâton cantoral (5). Il étoit res^é jusqu'à son temps un vestige de la vie commune parmi les chanoines d'Auxerre. Tous les jours de jeâne du carême ils entendoient une lecture de piété, en Chapitre, avant complies, et pendant celte lecture on buvoit quelques coups de vin tiré de la cave commune du Chapitre (4). Cela pouvoit s'appeler véritablement collation. Au sortir de là on rentroit à l'église en récitant le Miserere et autres suffrages pour

(1) Cette préface ou lettre pastorale qoe je poœédois écrite de sa main , a été perdue aTec beaucoQp d'autres papiers mêlés parmi ceux qae j'avois prêtés au P. le ^rnn de J'Oratoire, mort à Paris en 1729.

(S) Reg. Capit., 2S maii 1S80.

(5) On croit que la vieille crosse de cuifre^ dont le haut est conservé dans le Trésor, « servi A cet usage.

(4) Voy, les fragments de rites tirés d'un ms. du xiii« siècle, aux Preuves, t. iV.

1570 i 1598. J^* morts (i), après quoi on chahloit complies. Sur ce que le petit rafraichissement pris eu cette occasion , ne fut pas regardé par certains chanoines, comme suffisant pour finir la journée, et que quelques-uns y suppléoient de nouveau, on abrogea la coutume d'aller boire un coup eu Chapitre , et en même temps celle d'y aller entendre une lecture d'homélie ou d'autres matières pieuses. Cet usage fut supprimé le 28 novembre 1586, et l'on croit que les commensaux et les amis de l'évéqne influèrent le plus dans ce changement. Il y avoit dès-lors des gens qui combattoient mal à propos des choses dont ils ne savoient pas Torigine ; et il failoit contenter ceux qui trouvoient les complies trop bien placées au coucher du soleil. Certains auteurs mal instruits (2) ont parlé du procès des chanoines d*Auxerre, touchant les bords du camail^ comme s'il avoit été commencé sous ce prélat et qu*il y eût pris quelque part. Il est vrai que le nom d'Amyot fut célèbre dans ce triste procès ; mais ces auteurs auroient dû savoir qu'il n'est pas question de l'évéque, mort cinquante ans auparavant; Edme Amyot, doyen de la cathédrale, fut auteur de ces troubles vers l'an i642.

Quoique l'évéque Amyot prêchât , il ne laissa pas d' attirer dans son diocèse de savants personnages qui pussent remplir dignement la chaire de la cathédrale. Après la mort de Jacques de la Halle, célèbre docteur, chanoine théologal et pénitencier, arrivée en 1575, voyant la foible santé de son successeur, il retint à Auxerre un de ses compatriotes appelé Denis Perronnet. C'étoit un docteur qui avoit fait profession chez les Carmes, mais qui étoit sorti de cet Ordre avec permission du pape Pie V. Il fut, en effet, reçu a la prébende théologale et à la pénitencerie, le 6 septembre i577, en produisant un certificat d'Arnaud» évéque de Bazas, touchant la canonicité de sa sortie. A peine avolt-il commencé son stage rigoureux , qu'on lui permit d'accompagner

(1) Comme personne n*a pa troiiTer Torigine de ce Miserere, je croirois que c'est un reste des anciennes prières qui se faisoient uniquement dans le carême A Auxerre, pour le chanoine dernier mort dans le cours de fannéé précédente. La vie de Tévéque Ilobert m'a fourni celte pensée. Comme nous sommes dans un temps où Ton fait

main-basse sur tout ce qui ne parott pas de l'office canonial, on peut craindre de voir snpprimer cela au premier jour, afin que complies qui s'en trouTent un peu retardées par là soient encore dites plus tôt.

(2j Le Diction, univ. de la France. Fouillé de Beaunier. Pi^aniol de la Force.

QUATBE-VIMGT-SEIZIÈME ÉVÊQUE D*AUXERRE. 175

Tévêque dans la visite du diocèse, afin d j annoncer la parole de Dieu, ^^j^ ^ ^^ On peut se convaincre par le grand nombre de serinons imprimés de ce théologien, avec quelle assiduité il s'acquitta du devoir de la prédication. Ce pénitencier obtint du prélat, l'année suivante, une confirmation de la réunion, que Pierre de Belle-Perche avoit faite de la chapelle de Saint-Germain k la pénitencerie. La ville de Gien, où il restoil quelques hérétiques , fut une de celles où l'évéque fut plus attentif à n'envoyer que de savants prédicateurs. Il conféra , outre cela , la chantrerie de la (Collégiale de celte ville, à un ecclésiastique pieux, docte et prudent, capable de faire beaucoup de bien. De statuts synodaux qu'ait faits Âmyot, nous connoissons uniquement ceux qu*il publia au synode du i^^ mai i582, lesquels regardent toute la matière du mariage; et comme malgré les soins qu*il se donnoit, les mariages en degrés prohibés ou clandestins se mnltiplioient, Laurent Petitfou, son officiai, accorda monitoire en i585, pour avoir des révélations sur les personnes qui étoient ainsi mariées. Touchant la même matière, il reçut et exécuta, en 1584, un bref de Grégoire XIII, qui donnoit absolution et validoit le mariage de nobles personnes François de la Rivière et d'Anne de Yeilhan, lesquels, sans être informés des décrets du concile qui n'étoient pas encore publiés en France, s*étoient mariés en degré prohibé. Huit ans auparavant , le même pape avoit adressé à ce prélat le jubilé qu'il l'avoit supplié d'accorder a ses diocésains , à Toccasion de Tannée sainte arrivée en 1575; ce qui paroit prouver que ces jubilés n'étoient point envoyés qu'ils n'eussent été demandés par les évéques , chacun pour leur diocèse. Âmyot fut d'une grande exactitude sur le port des cheveux courts. Il est marqué dans des mémoires de son temps , qu'ayant aperçu des curés au synode , avec des cheveux longs , il les fit approcher et leur rendit la chevelure aussi courte que l'étoit la sienne, laquelle, comme il paroit par son mausolée, étoit très-régulière (a). Sur la requête que les habitants deClamecylui présent tèrent, en 1582, touchant l'office divin du Chapitre et de la paroisse,

(a) On vit quelquefois an xvi« siècle des actes singuliers à propos du port des cheveux et de la barbe. En 1548, le Chapitre de Sens refusa au serment de fidélité Févèque snffragant de Nevers, parce qu'il avait une longue barbe. {N. d. E.)

174 JACQUES AMTOT,

1570 Si 1588. ^' ^^ ^'^ règlemeol, en 1586, pour la décence da culte de Dieu en Féglise de Saint-Martin. Celui qu'il entreprit de donner, en 1575, aux chanoines réguliers de Tabbaye de Saint-Père , n'avoit pas eu un succès si prompt. Son promoteur l'informa dans la visite qu'il y fit le second jour d'août, que ces religieux ne conservoient presque plus de marques de la cléricature : on ne les voyoit le plus souvent que dans l'habit le plus éloigné de leur état, celui qu'ils portoient à l'église leur devenoit odieux, et ils se disposoient k s'habiller comme les chanoines de la cathédrale, se disant chanoines comme eux. Le prélat leur enjoignit le port du rochet, outre la grande tonsure , etc. Ils en appelèrent ii Sens et de là à Lyon, et partout ils furent condamnés à se soumettre aux règlements salutaires de leur évéque. Ou ne voit point d'éclat semblable dans aucune autre des églises de la ville qu'il visita dès le commencement de son épiscopat. Le second dimanche d'après Pâques, 1572 ou 1575, il fit la réconciliation, pour ne pas dire une véritable dédicace de l'église de Saint-Regnobert. Etienne Panserot , religieux de Saint-Marien, curé de Notre-Dame-la-d'Hors , l'ayant averti que les catholiques avoient ramassé plusieurs ossements du corps de saint Vigile au moment que la châsse de ce saint fut profanée par les calvinistes , Laurent Petitfon, grand archidiacre et officiai, fut commis pour s'informer juridiquement sur ces reliques ; ce qui étant fait, AmyojL se transporta dans l'église paroissiale, le 10 juillet 1588, et les enferma dans une nouvelle châsse, déclarant que c'éloit véritablement des reliques du saint évéque d'Âuxerre, fondateur de cette église (1). La peste qui régna dans le pays durant quelques années de son épiscopat , l'engagea à accorder permission d*ériger, dans toutes les paroisses de la ville, une confrérie sous l'invocation de Saint-Roch, par ses lettres datées de Paris, le 22 juin 1585. Les maladies contagieuses ayant recommencé dans un autre temps , il entra encore davantage dans la dévotion des citoyens, et bénit la nouvelle chapelle qu'ils avoient fait bâtir sous l'invocation de ce même saint, proche le bâtiment destiné aux pestiférés. Ayant appris le besoin où la ville éloit d'avoir une maison assurée pour les grandes écoles , il acquit un certain canton de la grande rue Saint-

(1) Voy. les Preuves, t. iv, n9 449.

QUATRE--V1KGT-SBIZ1ÈIIE ÉVÊQUB D*AUXBRRE. 175

Germain et y fit construire un corps de logis considérable. Il avoit eu dessein d'y mettre les PP. Jésuites ; mais ils n'y furent pas introduits de son vivant par la faute du P. Pigenat , qui alla trop lentement dans la conduite de cette affaire et ne prit pas soin de la conclure avant le temps des (roubles qui suivirent la tenue des états de Blois.

L'application que donna l'évéque Âmyot aux besoins spirituels et temporels de son diocèse (a), et surtout de sa ville épiscopale, ne l'empêcha pas de vaquer soigneusement à son temporel. Le château de Régennes avoit été très-endommagé pendant les guerres civiles de la religion ; cependant les évéques l'habitoient volontiers à cause de sa situation. II fit relever les ruines causées par le feu. et le rendit logeable. Ed 1572, il se fit donner un dénombrement de la terre et seigneurie de Beaucbe, par le duc et la duchesse de Nivernois. Deux ans après, il reçut une pareille déclaration de Françoise des Colons , veuve du seigneur d'Ougny et de Seponse, en Nivernois, pour les fiefs qu'ils tenoient de lui. En 1585 il reçut Olivier Foudriat, lieutenant particulier du bailliage d'Auxerre, à foi et hommage pour les fiefs des Soyarts et de Gbamp-le-Roi , assis en la paroisse de Lalande , qu'il venoit d'acquérir de noble Jacques de Lenfernat, seigneur de Prunier, fils de Georges de Lenfernat, et le quitta des droits de quint et requint et profits féodaux. L'année suivante , le 22 juillet , René de Prye, chevalier des Ordres du roi, seigneur de Prye, Montpopon, Testmilon et baron de Toucy, lui donna aveu et dénombrement de cette baronnie, en commençant par le château même de Toucy. L'énumération n'avoit pas été trouvée exacte, elle fut réitérée, le 51 janvier 1587, et on procéda, le premier mai suivant, k une vérification et renouvellement des limites de la seigneurie, contigttës â la portion seigneuriale de l'évéque seigneur suzerain.

Le prélat fit de temps k autre des voyages à la cour oh sa dignité de grand-aumônier l'appeloit. Ce fut principalement sous Henri III , qui commença k régner au mois de juin 1574. Dans le temps que ce

(a) L'éTéque n'oublia pas notamment le grand hôpital de la Madeleine d'Auxerre, et fit, pour cette maison, un règlement (rès-remarqoable et empreint d'une grande charité. — Yoy. cette pièce aux Preuves , t. ir, n. 446, et le fac-similé de récriture de Vévéque, tiré de cette même pièce. (iV, d. E,)

mO à 1583.

prince relournoit de Pologne en France et qu'il passoit par la Savoie, la duchesse, qui étoit sa tante» fil auprès de lui de si grandes instances pour qu'il conservât notre évéque dans sa charge âe grand-aumônier, qu'il lui promit de n'en pas nommer d'autre. Le roi dont il avoit été autrefois précepteur vouldt lui en porter lui-rmème la nouvelle à son arrivée , lui recommanda d'être aussi fidèle a son service qu*il Tayoît été a celui de Charles IX. Quelques années après établissant l'Ordre des chevaliers du Saint-Esprit, il en fil Âmyot commandeur-né par sa qualité de premier aumônier, et voulut que ses successeurs jouissent du même honneur, sans être tenus de faire preuve de noblesse. Le roi prêta le serment de l'Ordre entre les mains de ce prélat, qui lui mit au col le grand collier le 51 décembre 1578, dans l'église des Augustins de Paris. Selon duSaussay (1), quelques courtisans murmurèrent sur l'élévation d'un homme de si basse naissance à un si haut point d'honneur ; mais Henri III leur ferma la bouche par deux paroles. G'étoit ce même évéque qui avoit dressé les statuts de cet Ordre (2), et qui prescrivit aux chevaliers certaines prières en forme d'ofiice divin. Il étoit si bien venu auprès de Henri III, qu'on enlendoit souvent ce prince k l'exemple de Charles IX l'appeler son maître. En effet Amyot se plut à lui remettre alors de temps en temps quelques principes de latinité ; ce qui donna occasion de composer ce distique : Grammalicam discit média rex noster in aula; his rex qui fuerat^ fit modo grammaticus (5). Mais une autre chose plus importante qu'il suggéra au roi, en 1575, fut de destiner de grosses sommes pour former une bibliothèque (4). Ainsi fut commencée cette collection de manuscrits tant grecs que latins, qui montent aujourd'hui à tant de milliers, et qui sont d'une si grande utilité pour toute sorte de sciences. Amyot s'en servit le premier pour perfectionner ses traductions, auxquelles il travailla à Paris et dans son diocèse, jusqu^à ce que la tranquillité de son esprit fût troublée par les émotions populaires (5). On lit qu'un jour il fit au roi un présent assez bizarre. C'étoil celui d'un chou qu'on lui avoit envoyé de sa terre

(1) De scrip, eccL, n. 52.

(2) Ibid.

(3) Recherches de Pasquier.

(4) Ex script, eocevis,

(5) Ex eoœvis scriptor.

QCATRE-VINGT-SEIZIÈME iVÊQUB d'aUXERRE. i77

d'AppoigDy proche Aaxerre, aulrenient dite Régennes; ce cboa étoit ^^,7^^ 1593. d'one telle grosseur, quM falloit deux hommes pour le porter. Le roi qai safoit THistoire-Saiote, porta à Tinstaot le même jugement do pays d'oà il veooit, que les Israélites avoient porté de la terre promise d'où deux hommes leur avoient apporté en pompe une grappe de raisin. La demeure d*Âmyot dans Paris, étoit dans '^enclos de Thôpilal des Quinze- Vingts, où il avoit un logis que les administrateurs lui avoient cédé , en considération de sa dignité de grand-aumônier. Etant dans cette ville en différentes années, il assista à quelques sacres d'éféques : ï celui de Jacques Fourré, évéque de Ghftlon-sur-Saône, le 18 avril 1575, chez les Jacobins de la rue Saint-Jacques (1). En 1578, il sacra dans l'église de Sainte-Geneviève , Arnaud de Sorbin , évéque de Nevers , avec Pierre de Gondi , évéque de Paris, et Nicolas Fumée , éféque de Beauvais. Il fut présent à Saint-Denys, au mois de juin 1584, aux obsèques de François^ duc d'Anjou , frère du roi Henri III (2). Ce fut pendant qu'il étoit à Paris, Tan 1588, que se voyanî arrivé à FAgc de 75 ans, il rédigea son testament le 15 mai; ce qu'il fit certifier le lendemain par un acte de deux notaires au Gh&telet. Ce grand homme parut avoir prévu ce qui pourroit arriver, si certaine faction prenoit le dessus dans le royaume. Il étoit à Blois lorsque les Guise y furent assassinés. La nouvelle de ce meurtre étant parvenue à Auxerre, Claude Trahy, gardien des Cordeliers (a) publia partout et même jusque dans la chaire , que l'évèque étant du conseil du roi , Tavoit conseillé et so; qu'il étoit impossible que cela ne fût ainsi, puisqu'il gouverooit le roi, et que de plus il en avoit donné à ce prince l'absolution sacramentelle; que pour ces causes il étoit indigne d'entrer dans l'Oise, et que s'il y entroit, il feroit sonner la cloche du sermon

(f ) Nova Coll. thr. m ep. Cahilon. 1 44S.

(9) PreoTet des hist. de Paris, t. m, p. | (3) Foy. les Preuves, l.iy, an I5SS.

(a) Ce moine fameux s'appelait Paul et non pas Claude, quoiqu^ll fût ordinairement désigné par ce dernier prénom. L'éTéqueAmyot en faisait grand cas avant les troubles de la Ligne, n Pavait chargé de Timportante mbsion d'absoudre les hérétiques de Gien, de tous les cas même réservés. — Voy. Pr., t. iv, n 444. {If. d, E.) il i2

178 JACQUES AinOT,

1570 MS93. P^^r assembler les habitants, à qaelqae heare qae ce fût, et les exciter à courir sur lui; le Gordelier ajoutoit hardiment , que quiconque entenciroit la messe d'Amyot seroit excommunié. De tels discours ne manquèrent pas de faire dans Tesprit de la populace l'effet qu*en attendoit ce Gordelier » qui étoit jaloux dn la destination qu'Âmyot avoit faite de son collège pour les Jésuites. Il présenta ses odieuses imputations par écrit, en plein Chapitre, et au bureau de la ville, essayant d'y prouver que la feuille imprimée et reçue à Auxerre comme ailleurs, où il étoit porté que ce meurtre avoit été fait justement, ne pouvoit être venue que de Tévêque , qui haïssoit souverainement les Guises. Gependant Amyot avoit ignoré absolument que ce meurtre dût être commis , et le roi n'en avoit fait confidence qu'k ceux qui dévoient l'exécuter. L'évéque d' Auxerre déclara aussitôt à Blois, que le cas étoit si énorme, qu'il n'y avoit que le pape seul qui en pouvoit absoudre. Il le dit expressément à Jean Droguin, chapelain ordinaire, qui avoit coutume de confesser le roi , en sorte que ce prince ne fut pas confessé le jour de Noël. Le fait fut attesté par M. de Saint-Germain, abbé de Ghaalis , alors théologien du roi , avec lequel Amyot en avoit conféré; et Sébastien le Royer, doyen d' Auxerre, en convint à son retour de Blois. Aussi le roi ne s'adressa pas k Amyot pour l'absolution. Il la reçut le dernier jour de l'an de Jacques Goulooib, chanoine théologal de Saint-Sauveur de Blois, ancien docteur delà Faculté de Paris, en vertu d'un bref du pape qui donnoit pouvoir à Henri de choisir tel confesseur qu'il lui plairoit, avec toute faculté à ce confesseur, ainsi choisi, de l'absoudre de tous cas réservés au saintsiége, même ceux de la bulle in Cmna Domini (i). G'est pourquoi le roi ayant cru pouvoir communier le premier jour de l'an de la main de l'évéque de Langres, Amyot l'assista en cette cérémonie, le servit en toute la messe, et dit l'office et les heures avec lui en qualité'de grandaumônier, outre qu'en qualité de commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit, il étoit aussi tenu d'assister personnellement à toutes les heures du service ce jour-lk, qui étoit celui de la cérémonie des chevaliers;

(1) Ex acti ahsoL card. Caietani.

QUATRE-TINGT-SBlZliMB ÉVÉQUE d'aUXERRB. 179

et enfin il dîna avec lui le même jour et dit les grâces après le repas (1). Le mois de janvier 1589 ne fut pas écoulé que Tévéque d'Auxerre apprit ce qu*on disoit de lui dans sa ville épiscopale. Il fut informé qu'on avoit juré de ne plus reconnoUre le roi et qu'on faisoit des prières extraordinaires pour la prospérité de ses ennemis ; c'est pourquoi il prit des sûretés afin d'avoir des preuves de ces choses , et il ne se pressa pas de se rendre k Auxerre « espérant qu'après le premier feu les esprits s'adouciroient. Il écrivit au doyen que s'il ne revenoit pas au pays c'étoit de crainte d'être suspect au roi, qui pensoit que la nouvelle démarche des habitants étoit un acte de félonie et un crime de lèsemajesté ; que lui, évêque, croyoit, conformément à la doctrine de saint Paul, qu'on ne devoit pas laisser de reconnoUre Henri pour roi ; que ceux qui assuroient en chaire le contraire, étoient de ces prophètes inspirés par l'esprit de mensonge. L'évéque eut d'autant plus de sujet d'être attristé du procédé des Auxerrois, qu'il avoit promis au roi que cette ville ne remueroit pas, en considération de ce que douze ou seize aas auparavant il avoit empêché qu^on n'y envoyât gouverneur et gar- Dison pour commander, et que, parla, il avoit obvié aux instantes poursoites de quelques gentilshommes du voisinage qui auroient beaucoup &tigué la ville par leur résidence. Pendant ce retard, le cardinal de Vendôme fit tenir chez lui une assemblée de prélats et d'ecclésiastiques, pour savoir ce qu'il conviendroit faire au sujet de la déterminalion des théologiens de Paris, a l'occasion de l'assassinat des Guise. Amyots'y trouva comme les autres, et il nous apprend qu'on n'y conclut rien, sinon qu'il falloit envoyer vers le pape pour empêcher qu'il ne fût prévenu de quelque mauvaise impression; il ajoute que si cette assemblée fut nombreuse en gens d'église du second ordre, c'étoit parce que le roi avoit défendu qu'on sortit de Blois sans son congé. La permission étant accordée, l'évéque de Langres prit le chemin de son diocèse quelques jours avant le carême. Gomme on sut à Auxerre qu'il venoit de Blois et qu'il étoit du conseil d'Etat, il y eut des ligueurs de cette ville qui, le voyant passer, coururent sur lui, et l'auroient arrêté s'il ne se fût sauvé promptement à

(1) Ex absoluHone ^ut m reg. cajntuli ÀuHss.

1570ÏJ593. Chablis, qui est de son diocèse. Le temps da carême étant venn^ fournit au prédicateur cordelier une vaste carrière pour déclamer contre Tévêque. Ce prélat avoit envoyé Tun de ses gens pour savoir s'il éloil vrai que la furie du peuple fût telle qu'on la lui avoit rapportée. Le bruit ne fut pas plus tôt répandu qu'un domestique de l'évéque étoit logé au faubourg de Saint-Amatre, que plusieurs petits marchands y accoarurent k dessein de faire insulte à l'évéque qu'ils croyoient y trouver. D'autres domestiques du prélat étant depuis entrés dans la ville, on les siffla et on les courut par toutes les rues. Il y eut même des gens du quartier des bateliers qui concertèrent de faire sortir le concierge du palais épiscopal afin de le piller h leur aise. Amyot crut cependant ne pas devoir laisser passer les fêtes de Pâques sans se rendre à son troupeau. Il se mit en route un peu avant le carême et se rendit en son château de Varzy. Rouillard dit qu'il fut volé à moitié chemin, mais il Démarque pas la somme qu'on lui prit, comme l'ont fait depuis quelques écrivains sans en apporter la preuve. Le pénitencier de la cathédrale, qui étoit son compatriote et qu'il avoit placé k Auxerre , Tétant venu visiter au château de Yarzy, connut, dès le premier abord, que le prélat avoit été informé des discours qu'il avoit tenus sur le même ton que le gardien des Cordeliers; Amyot ne balança 'pas de lui dire que a le roi les feroit pendre tous les deux pour les prédications diaboliques 0 qu'ils avoient faites. » G'éioit, en effet, ces deux hommes-là, qui^ tout d'un coup , avoient rendu la ville d' Auxerre ligueuse. Le prélat arrivante Auxerre, le 29 mars, jour du mercredi-saint, manqua d'être tué en deux endroits ; d'abord k l'entrée de la ville par le sieur Ferroul d'Egriselle , chef de la jeunesse qui donnoit dans le parti de la Ligue ; ensuite devant l'église cathédrale, par Claude le Prince, chanoine. Il assure lui-même, dans son apologie (1), que c la pistole lui fut pré- 0 sentée k l'estomac par plusieurs fois, et qu'il y eut plusieurs conps > d'arquebuse tirés, de sorte qu'il fut obligé, pour se sauver la vie, » d'entrer promptement dans la maison d'un chanoine, et de passer de » celle-là en une autre pour faire perdre sa trace à ceux qui le poursai- » voient. » Sa crainte étoit d'autant mieux fondée qu'il aperçut , sur

(1} Voy. les Preuves t. iv, où cette apologie se trouve.

QUATRE- VINGT- SBIZIÈMB ÉVÊQUB d'aCIXBRRE. 181

la place de Saint-Etienne, on émissaire du gardien des Gordeliers, qui, 1570 1 ^93. tenant une hallebarde , crioit ï pleine gorge : « Courage, soudars, B messire Jacques Amyot est un méchant homme, pire que Henri de » Valois. Il a menacé de faire pendre notre maître Trahy, mais il lui » cuira. »

Le prélat reconnut bientôt que le prêtre et le peuple étoient également envenimés contre lui. Fatigué de son voyage et effrayé de la réception qu'il venoit d'essuyer, il n'oiSciâ point le jeudi-saint et ne vint pas même à Téglise. Il avoit dessein de célébrer les fêtes de Pâques avec son clergé, mais le maître Trahy sut bien Ten empêcher. Le jeudisaint ce cordelier mit entre les mains de Guillaume Girard , conseiller au présidial et échevin, un mémDire qui tendoit à prouver que Tévêque étoit excommunié et par conséquent suspens à dwinis. Le maire et les éehevins, ayant eu communication du mémoire, firent prier le doyen de la cathédrale de se trouver au conseil de la ville pour en conférer. Ce doyen assembla le Chapitre le vendredi-saint , déclara qu*il lui paroissoit que Tévéque ne pouvoit assister a l'office divin sans scandale • et que ceux qui lui serviroient d'officiers pourroient encourir la mémo sentence d'excommunication à canone latw sententiœ ; si quis suadente diabolo. Le résultat fut qu'on feroit entendre au prélat que, non-seulement pour les cas que lui attribuoit le maître Trahy, mais encore pour éviter le scandale de la part du peuple qui le croyoit excommunié, il lui plût de ne pas assister à l'office. Le doyen , le grand-archidiacre, le chanire, et Jean Paydet, chanoine , s' étant chargés de la proposition, et lui ayant objecté ce dont le cordelier le chargeoit, il répondit qu'il prenoit en bonne part l'avis et la prière du Chapitre et qu'il s'abstiendroit de venir à l'office les fêles prochaines. Le lendemain de Quoit-modo , 10 avril , on présenta au Chapitre un certificat du 6 du même mois, signé de Laurent Petitfou , son officiai , et du sieur Villon, qui attestoient que cet évêque avoit été absous ad cauUlam pour avoir communiqué avec le roi le premier jour de l'an et avoir mangé avec lui, quoique ce fût après l'absolution qu'un chanoine de Blois avoit donnée à ce prince, fondé sur un bref du pape. Mais on étoit si rempli^es idées dn cordelier qui avoit chargé Tévêque de bien d'autres faits, qu'on ne voulut rien finir sans en conférer auparavant avec Gilles Thierriat,

182 ncQUEs àmyot,

1570 ï 1596 prévôt ; les sieurs Legeron, conseiller ; Nicolas Tribolé , maire « et Jean Gouet» avocat, et même avec le cordelier, tout partie qull étoit. Quoique le conseil fût d*avis que Tabsolution étoit bonne suivant le Chapitre Eos. de sent, excomm.y le gardien soutint le. contraire , parce que, disoit-il, outre les cas avoués par Tévèque , il en restoit d'autres dont il avoit la preuve par écrit. Lorsqu'on en fut venu à cette preuve en plein Chapitre, il se trouva que tout se réduisoit à une lettre que l'évéque avoit écrite au théologal Perronet, où il lui marquoit de dire au maître Trahj «qu'il se comportât plus modestement en ses prédications de peur qu'il ne lui en arrivât mal et aux siens. » Voilà ce qu'il y avoit d'écrit. Le prélat vouloit lui faire comprendre qu'il lui ôteroît et k ses religieux, les pouvoirs de prêcher et de confesser; mais ce fanatique crut en effet que l'évéque le menaçoit de la vie lui et les sieos, parce que le théologal lui avoit rapporté le mécontentement où le roi étoit de ses sermons et l'assurance que lui en avoit donnée le prélat. Ce fui ainsi que la voie de la paix fut fermée à l'évéque d'Âuxerre par les intrigues d'un religieux mendiant trop aveuglément estimé dans le pays. On aura de la peine à croire que le Chapitre ait fait refus de recevoir aux prébendes vacantes ceux qu'il en pourvut alors (1). Le prélat crut, au bout de six mois , devoir présenter en Chapitre sa justification ei ses griefs contre le cordelier. Outre ce que j'ai rapporté de ces deux écrits, k mesure que la suite de l'histoire l'a demandé, on y voit une conspiration faite ouvertement par les marchands, mariniers et vigne-» rons de la ville, sur la vie de leur évéque. Ils déclaroient publiquement qu'il falloit couper la goi^e k Jacques Âmyot, et faire maître Trahy évêque en sa place. Un jeune cordelier étranger, produit par le gardien d'Auxerre , prêcha dans la cathédrale le jour de la Toussaint. Il eut la témérité de commencer sa paraphrase sur ce passage des psaumes : a Heureux ceux qui demeurent en votre maison, Seigneor, » par les expressions suivantes : «Oui, les excommuniés sont hors de cette maison,

> comme M. l'évoque, qui , au lieu de venir pieds nus çt tête nue

> k l'entrée de l'église, supplier qu'on intercédât pour eux, demeurent » obstinés, etc. > Ce qui révolta les gens de bien et leur fit dire tout

(1) Regitt. 1589, 20 sept., ioct., 10 et 25 etS nov.

QUATRE- VINGT-SBIZIÈME ÉVÉQUE d'aUXERRE. 185

haut : « voilà qai vient de la boutique de Trahy et qui ne vaut rieo. » 1570 ^ n^. Un antre sujet de chagrin pour ce prélat, fut qu'il perdit encore k Sens, dans l'action qu'il avoit intentée au Chapitre en matière de nouvelleié (1). Jacques Taveau , avocat du Chapitre d'Auxerre à Sens, le fit même condamner aux dépens. Ce fut peut-être le retard de l'absolution en forme qu'il avoit demandée qui lui causa cette déroute ; mais la difficulté des chemins , surtout depuis la mort du roi Henri III, arrivée le l^'^août, ne permettoit guère de confier à toute sorte de personnes des affaires de cette conséquence. Âmyot, cependant, voulant remplir toute justice, en fit venir une d'Henri Cajetan, cardinal du titre de sainte Prudencienne, légat en France (2), par laquelle on voit que sur Texposé des faits tels qu'ils ont été rapportés ci-dessus « il eut pleine absolution , avec défense au Chapitre et au frère Trahy de le molester désormais. Ces lettres, datées de Paris, le 6 février 1589, furent obtenues par Jean de Bourneauxson neveu» à qui il avoit résigné son abbaye de Roches. Le seul fait qu'il avoit ajouté pour se justifier, et qui n'est point dans l'apologie communiquée au Chapitre, est que, peut-être plus de vingt jours auparavant le meurtre des Guise, il avoit été détenu de la goutte ; ce qui l'avoit empêché de voir le roi , ni de conférer avec qui que ce soit de son conseil. Cette absolution fut accompagnée d'une lettre de ce cardinal à l'évêque, datée du 23 février 1590 (5). Le légat y marquoit à Amyot qu'il faisoit savoir au Chapitre d'Auxerre et au Cordelier, que rien ne devoit plus les empêcher de lui rendre obéis* sance et honneur, et qu'il espéroit que, par son zèle k défendre la foi catholique , il effaceroit ses fautes précédentes. Cette formule d'abso- Jution ayant été trouvée bonne par les chanoines de la cathédrale, le samedi 5 mars 1590, ils députèrent trois dignités et deux chanoines pour aller féliciter ce prélat de ce qu'il étoit réintégré dans ses fonctions. Les cinq députés, Laurent Petitfou, grand archidiacre; Jacques Magnen, chantre ; Pierre Thion, archidiacre de Puisaye; Denis de la VauletDroin Chaucuard, sous-chantres, rapportèrent qu'il avoit été très-réjoui de cette visite et qu'il en remercioit la co'mpapie. Les

(1) Reg. Capit. 11 jano. 1590. 1 (3) Ibid.

(2) Voy. les Preuves, an 1589. 1

184 , JACQUES AMTOT,

1570 il 1593. msiuvdis traitements qu'Âmjot essuya en arrivant dans son diocèse lai furent extrêmement sensibles ; ^ cela près , il se fit dorénavant un plaisir de résider. II avoit déclaré à Tun de ses secrétaires que depuis longtemps son intention étoit de se retirer peu k peu de la cour, pour mieux s'acquitter de son devoir épiscopal, et il se vit, en 1589, entièrement délivré du lien qui Tj avoit retenu.

I! commença donc h ne plus s'occuper que des fonctions spirituelles ; et dès le 7 mars, jour des Gendres, il reprit son ancien usage de prêcher, sans parottre déconcerté ni ému par tout ce qui étoit arrivé depuis un an, sans employer les invectives ni les déclamations contre personne : ce qui parut digne d'admiration à ceux qui ne le connoissoient pas encore parfaitement. Mais son secrétaire, continuateur de sa vie, dit que quoiqu'il se mit aisément en colère, cependant il se retenoit facilement ; il n'étoit aucunement vindicatif, et ne savoit ce que c'étoit que de reprocher k personne les anciennes fautes. Il passoit pour mélancolique, sévère, et d'un abord difficile ; mais il ne paroissoit tel qu'à ceux qui le voyoient rarement. Il étoit franc, candide, ingénu, ouvert, parloit librement et sans flatterie, ne déguisoit point aux grands ni aux princes leurs propres défauts. Loin de conniver aux mauvais desseins qu'ils auroient eu, il leur déclaroit franchement qu'il ne consentiroit jamais à ce qui seroit contre l'honneur et la justice. Gomme ceux qui demeuroient avec lui le connoissoient de cette humeur, ils se donuoient bien de garde de lui rien proposer ou demander qui parût sujet à soupçon, sinon ils essuyoient un refus accompagné de sévères réprimandes. Aimant la paix, ilhaïssoit les procès, et surtout il évitoit d'en avoir avec son Ghapitre. Je ne sais si, en ce dernier chef, l'écrivain accuse juste. On verra ci-après qu'il eut des difficultés avec les chanoines pour des droits temporels, même avant le temps de son appauvrissement. Quelques auteurs disent qu'on lui vola, à son retour de Blois, la somme de deux cent mille écus. Gela parott exagéré, mais on ne peut disconvenir que ses pertes, dans le tumulte de la Ligne naissante, n'allassent bien à cinquante mille livres. Il le mande lui-même au duc de Nevers, le 9 août 1589 (1). Et comme dans celte lettre, où il avoit toute oc-

(\- M" do Bélhiinc, 8925, à la Bibl. du roi.

QUATRB-TINGT-SBIZIÈMB ÉVÉQUE d'aUXBRRE. 185

casiou d^expliqoer son malheur, il ne dil point qu'on lui eût rien pris 1570 \ js^s. sur la route de Blois k Âuxerre, je ne sais d'où Rouillard a appris qu'Âmyot avoit été volé k moitié chemin {a) • La teneur de cette lettre au duc de Nevers est curieuse. On venoit de le sommer de la part de ce duc, d'unir toutes ses terres épiscopales au gouvernement de Nivernois. Il écrivit an duc que ses gens ont toujours appartenu au gouvernement de Bourgogne ; et, prenant occasion de leur souhaiter une parfaite tranquillité, il reconnoit avoir besoin d'eux pour vivre : a Me trou* » vaut, dit-il, pour le présent, le plus affligé, détruit, et ruiné pauvre » prêtre, qui soit comme je crois en France. » Il fait ensuite monter toutes ses pertes à la somme de cinquante mille livres, c Outre le dan- » ger de ma personne, ajoute-t- il, m'ayant esté la pistole plusieurs fois » présentée sur Testomach, et les ordinaires indignités et oppressions 9 que je reçois journellement de ceux d'Âuxerre, le tout pour avoir 9 été officier et serviteur du roi ; étant demeuré nud et dépouillé de 9 tous moyens, de manière que je ne sçai plus de quel bois ^comme 9 Ton dit) faire flèche, ayant vendu jusqu'à mes chevaux pour vivre ; 9 et, pour accomplissement de tout malheur, cette prodigieuse et 9 monstrueuse mort étant survenue, me fait avoir regret à ma vie {b). 9 Oo reconnoit aisément qu'il veut parler de la mort du roi Henri III, son bienfaiteur, arrivée huit jours auparavant (1). Par une lettre du 17 du mois, il paroissoit fort en peine de savoir si ce prince avoit été réconcilié à TËglise par confession et absolution sacramentale. Il dit qu'il s'en étoit informé k l'évéque de Senlis ; mais que les nouvelles venoient

(1) M* de Bélhone, même Tolame, fol. 13i.

(a) L'exactitude de ce vol est constatée par une déposition de maître Regnaud Martin, qui ayait été secrétaire de Tévéque, et qui raconte que le fait a eu lieu près d'Aubigny. — Vay» aux Preuves, t. iv, n» 400, la déposition de M« Martin. {N. d. E.)

(h) La situation de J. Amyot était devenue fort périlleuse dans sa ville épiscopale, les menaces et les violences le forcèrent de se tenir enfermé dans son palais jusqu'à la fln de sa vie. — Voy. Preuves, t. iv, n» 460.

Quelques auteurs regardent les plaintes qu'il fait là, sur son état malheureux, comme hypocrites, et prétendent qu'il avait encore deux cent mUle livres à sa mort, mais on verra plus bas que c'était une erreur. (iV. d. E.)

i86 UGQUES AMTOT,

1670 ï 1696. difficilement, surtout c dans un lieu, dit-il, où c'est un grand crime de

> parler du roy, sinon en détestaiion, et où Ton calomnie et prend eo » mauvaise part tous mes propos et toutes mes actions, pour avoir eu

> accès auprès de lui. » J'ai cm devoir rapporter ces pensées d'Amyot, pour réfuter, par ses propres termes, ceux qui l'ont accusé d'infidélité envers Henri III (i). Ce prélat n'avoit pas l'esprit ligueur, et, s'il a fait quelques démarches qui ont paru favoriser le parti de la Ligue, ce n'a nullement été du vivant de Henri III. Pour ce qui est des deux dernières années de sa vie, il faut avouer que la misère où il se trouva réduit, Tobligea de condescendre en quelque chose aux idées de son peuple. Il auroit souhaité que le cardinal de Bourbon eût été roi, et il appréhendoit la ruine de la catholicité en France « s'il n'y eût été

> pourvu par la bonté et miséricorde de Dieu. L'espérance, ajoute-t-i! » (2), qui nous commençoit h rire par la déclaration de Monseigneur le

> cardinal de Bourbon nous a bientôt destituez, puisqu'ainsi est qu'il j» ait été emmené à La Rochelle ; car il est certain que nous ne le verrons 2» jamais. 2> Ce fut donc pour implorer le secours du ciel sur le royaume, qu'il consentit k toutes ces prières, qu'on appella dans la suite « les » oratoires et les processions de la Sainte-Union, > et qu'il traça même de sa main le plan de quelques-unes (5).

En i590 il fil le sermon de l'ouverture du carême, et continua de prêcher les dimanches du même carême (4), k cause du grand jubilé accordé pour la réunion des princes chrétiens, lequel commença le second dimanche. Il fit aussi, le jeudi-saint , la bénédiction des saintes-huiles avec deux dignitaires concélébrants que le Chapitre nomma selon l'ancienne coutume, et il continua les années suivantes (5). Il avoit toujours aimé les anciens rites, et s'il y eût eu, de son temps, une nouvelle édition du missel , il eût été attentif à les faire conserver , surtout ceux qu'il croyoit venir des Grecs et être passés de chez eux dans l'église gallicane, tel que l'apport solennel des vases sacrés de la sacristie (qne les Grecs appellent la prothèse) au grand autel ; aussi bien que la représentation et confixion du pain, sous les yeux du prêtre, pendant

(1) DeThou.

(2) Même lettre ci-dessas, du 17 août.

(o) Koy. les Preuves, t. iv.

(4) Mémoire de J.Félix.

(5) Reg. Capit. ISopr. 1590.

QUATRE-VINGT-SEIZIÈME ÉYÊQUE d'aCXERRE. 187

que le vin est versé dans le calice, en sorte que la sentence de laUre Domini, etc. convienne à l'action ; c'est ce que j'ai su d'un curé trèsâgé, d'auprès de Melun , qui avoit connu les neveux de quelques amis de ce prélat. On voit par les registres du Chapitre qu'alors on n'attendoit point pour faire des prières extraordinaires que Tévéque les eût indiquées; le Chapitre les ordonnoit, choisissoit le jour, et envoyoit ensuite deux ou trois chanoines vers le prélat, pour l'en avertir, afin qu'il y assistât, s'il le jugeoit à propos. On ne peut dire si Jacques Amyot , qui fit sa résidence à Âuxerre durant le fort de la Ligue, se trouva à toutes celles que le Chapitre indiqua. Au moins en fut-il toujours averti; ce qui est si véritable, qu'une procession générale ayantété indiquée le vendredi 21 août 1592 pour le dimanche suivant, sans qu'on en eût fait part à l'évéque, il en porta ses plaintes; on lui déclara, le 5 octobre (1), que cette omission involontaire ne venoit d'aucun mépris de sa personne, de son autorité et dignité épiscopale qu'on révéroitet honoroit ; on ajoutoit qu'un tel oubli étoit d'autant plus pardonnable , qu'alors tous les chanoines faisoient la garde aux portes de la ville. Ce même mois d'octobre, ce prélat eut aussi raison des provisions qu'il avoit données a Martial Delinolte , d'une prébende d' Auxerre pendant sa prétendue excommunication ; le parlement de Paris lui donna gain de cause. Le secrétaire d'Amyot , qui a écrit sa vie , le représente comme très-pacifique à l'égard de son Chapitre. Cependant, Amyot disputa, en 1587, le droit que les chanoines ont de prendre du vin chez l'évéque aux grandes fêtes ; on l'appeloitle vin des semonces (2). Il ne tarda pas ^ se rendre sur cet article. Depuis les chagrins qu'on lui causa, il attaqua la juridiction du Chapitre, et les chanoines, de leur côté , le sommèrent de contribuer aux réparations de l'église plus qu'il n'avoit fait. Il dressa donc un état de tout ce qu'il avoit fourni à la cathédrale depuis son entrée k l'épiscopat, soit en ornements , soit en autres dépenses, et il parolt qu'il n'avoit rien ajouté aux anciens présents (a). Il transigea seulement avec le Chapitre sur

(i) Reg. Cap. 5 oet. | (2) Reg, 5 déc,

(a) Voy. les PreuTCS, t. it, n" 449.

188 JACQUES AMTOT,

1570 à 1593. la juridiction , et la reconnut au mois de septembre i592 (a). Les facultés de Tévêque étoient extrêmement diminuées , comme je l'ai déjà dit ; il se plaignoit k ses amis que la privation de ses biens lui ôtoit tout le plaisir de l'étude. Les affaires temporelles du Chapitre étoient aussi très-embarrassées. Dès l'an 1588 , on avoit songé de demander k Tévéque la suppression d'une vingtaine de prébendes, mais ce projet ^ étoit resté sans exécution. Dans une pareille disette d'argent, de part et d'autre, les difficultés furent facilement aplanies et la paix mise entre les parties. L'auteur de la vie de notre évéque n'a pas oublié de marquer que ce prélat aimoit la musique , et qu'étant dans son palais épiscopal il ne rougissoit point de chanter sa partie avec des musiciens. Il ajoute que son amour pour le chant lui faisoit témoigner plus d'amiiié il ceux d'entre les clianoines qui alloient volontiers à l'aigle pour y chanter, et il estimoit pareillement tous les tortriers, chantres, commis et autres gagistes qui avoient belle voix et qui savoient leur métier, pourvu qu'ils fussent de bonnes mœurs. Il se plaisoit même k jouer des instruments ; et souvent, avant le dîner, il touchoit d'un clavecin, pour se mettre à table l'esprit plus dégagé après ses études sérieuses. L'estime qu'il témoigna pour les musiciens les enhardit à faire main-basse sur le système de psalmodie des anciens antiphoniers de la cathédrale, dont la modulation étoit usitée au moins depuis le siècle de Gharlemagne. On coupa, trancha, supprima tout ce qui ne convenoit pas à leurs nouveaux principes d'accords , en rendant cahoteux ce qui auparavant étoit doux ; on introduisit donc alors une

(a) La transaction qui eut lieu ie 28 septembre 1502 fut rédigée sur les bases des anciennes chartes qui établissaient les droits des parties. L'évéque fut reconnu haut justicier dans les rues et places du cloître Saint-Etienne^ pour tous délits qui y seraient commis par des gens étrangers aux chanoines, et le Chapitre conserva ses droits de justice dans les maisons canoniales et leurs dépendances, quels qu*en fussent les habitants, excepté dans les cas d'homicide et de rapt dont la connaissance fut réservée à Vévéque. Et comme plusieurs des maisons canoniales situées près de la grande place Saint-Etienne et en d'autres endroits du cloître, avaient été démolies lors de la prise de la ville par les huguenots en 1567 et n'étaient pas encore rebâties, on fit mesurer leur emplacement afin de conserver les droits de justice du Chapitre, en cas de rétablissement ou autrement. — Arch. delTonne. Fonds des minutes de Rousse, notaire à Auxerre. {N. d. E )

QUATRB*VINGT-SBIZIÈME ÉVÉQCE d'aUXBRRE. 189

barbarie et nne disette étonnante, capables d'inspirer du mépris pour le 1570 ^ 1593. plain-chant (i). Mais ce qui dut consoler les personnes zélées pour le chant grégorien et les autres chants anciens, est que , dans le temps même de ces entreprises, un chanoine commensal de notre évéque et son économe , inventa une machine capable de donner un nouveau mérite au chant grégorien. Ce chanoine , nommé Edme Guillaume, trouva le secret de tourner un cornet en forme de serpent , vers l'an 4590 (a). On s'en servit peur les concerts qu'on exécuta chez lui, et cet instrument ayant été perfectionné est devenu commun dans les grandes églises. Âmyot, qui témoigna toujours de Tinclination pour la musique, en eut besoin plus que jamais, pour chasser la mélancolie qui s'empara de lui, depuis son retour des Etats de Blois, et surtout depuis Tan 1591 , qu'il ne fut plus grand-aumônier, ne pouvant pas même, en ce temps-lk, aller se délassera Régennes, parce que ce château étoil rempli d'une garnison, sous la conduite d'un chanoine que le Chapitre y commettoit (2). *

Quoique son corps fût fait au froid et au chaud, et qu'il fût d'une bonne constitution , il se trouva enfin attaqué d'une fièvre lente qui lui dessécha les poumons. Sentant sa fin approcher, il eut recours aux sacrements de l'Eglise, et les ayant tous reçus , il mourut le 6 février 1595, dans sa quatre-vingtième année. Denis Perronet^ pénitencier et théologal, Gilbert le Comte , Renaud Martin , et Victor Camus, chanoines, reçurentses derniers soupirs (5). LeChapitre,quinevoyoit arriver aucun des parents de l'évéque pendant sa maladie, avoit député le 5 du mois trois autres chanoines, outre Victor Camus son chapelain et commensal, pour lui tenir compagnie et empêcher la distraction des effets ; cette précaution n'empêcha pas qu'il n'y eût des meubles dé-

(1) Il 7 a eu des chanoines assez hardis pour dire que des livres ainsi défigurés sous répiscopat de M. Amyot, sont le vrai et ancien chant de l'église d'Auxerre, et il s'en

est trouvé d'assez simples pour les croire, quoique tout réclame contre ce préjugé.

(2) jRe^. Capituli.

(a) Cependant, si Ton en croit un compte de la fabrique delà cathédrale de Sens de Tan 1453 , le serpent était déjà connu à cette époque, car on y lit : « Ressoudé le » serpent de Féglise et mis à point un lien de laiton qui tient le livre. » {N. d. E,]

(b) L'évéque mourut à deux heures après midi et en présence d'un grand nombre de personnes ecclésiastiques et laïques. ^ (iV. d. E.)

1870 k 1598. tournés ; le Chapitre donna là-dessus des monitoires. Son corps fat inhumé , ainsi qu'il avoit demandé par son testament (1) , vis-à-vis le milieu du grand autel de la cathédrale, k côté du trône pontifical (2). II n'y avoit rien autre chose dans ce testament qui concernât cette église ; mais, depuis ce temps-lk, il y eut quatre services fondés pour lui par chaque année , au nom des maire et échevins , en reconnoissance de ce que le bâtiment qu'il avoit fait construire pour servir de collège, fut adjugé k la ville, par' arrêt du parlement, et non k ses héritiers (a). On lit même dans les registres du Chapitre (5), qu'avant le procès les héritiers avoient demandé pour lui douze services par an«

(1) Voy, ce testament dans les Preuves.

(3) BuUard, en ses Illustres Historiens, dit que quand on voulut faire sa fosse, on trouva un cercueil de pierre qu'on jugea, par quelques indices, avoir servi à une comtesse d'Auxerre, morte trois cents ans au-

paravant , et nommée Mathilde ; et qu*on inhuma ce prélat dans le même tombeau où étaient les cendres de cette dame. Je ne sais s*il a eu de bons garants de ce &it.

ld)Reg.Cap, 28 iu^. 1596.

(a)L*év6qoe Amyot en construisant le collège le destina à l'instruction de la jeunesse et y fit placer cette inscription qui fut remplacée en 1777 par une autre relatant rérection du collège en école militaire :

« GhEISTO SBEVATORl OPT. MaX. S.

RbLIGIONIS VERITAS, MOBVM PR0BITA8, BT BOMARVM ARTITH POLTTYRA , mc PROM ER- CALE8 HABET4TUR, NON JERB, 8ED STYDIO, PDSTATB BT LABOBB *. PrOINDB TVRPBS, IM- Pll; BT IQNAYA SB«NITIB DEOBNEBES, AB 1STI8 P0RIBV8 PROCVL FACBS8ITTB.

Son secrétaire ajouta au-dessous, pour que Tauteur en fût bien connu :

« JaCOBVS AmTOTYS EPISCOPVS AntISSIODOR. HVIG GTMNASIO QVOD EXTRyBNDUM CVRAVIT, BANC INSCRIPTIONEM APPONI VOL VIT 1595. »

En dressant Tinventaire de ses livres et papiers, on trouva dans un Vieux- Testament grec une feuille de papier, en forme de testament écrit de la main de l'évéque, mais déchiré en deux. L'évéque était bien près de mourir quand il fit ce projet de testament, car il y règne un ton de tristesse solennelle bien différent de celui de l'acte de IttSS. Il y proteste de sa catholicité , et veut être inhumé dans règlise Saint-Etienne devant le grand autel , du c6té du siège épiscopal. Il y fait différents legs, notamment aux hôpitaux de la Madelaine d* Auxerre et de Gompiègne, et destine formeUement les bâtiments qu'il fait construire pour Tutilitè du peuple du diocèse, à un collège des Pères Jésuites, et en donne la propriété à la ville d'Auxerre, à condition que cette destination ne sera jamais changée.

On ne voit p^js que, dans les procès que la ville a soutenus contre les héritiers de révéque, elle se soit servi de cette pièce qui resta probablement cachée dans le procès-verbal où elle fut transcrite. L'état de lacération dans lequel elle avait été trouvée la rendait, d'ailleurs, sans valeur judiciaire. {N» d. E.)

QUATRE-VINGT-SBIZIÈMK ÉVÉQOE d'aCXEKRB. 191

Selon sa disposition testamentaire du 15 mai 1588, il partagea son bien en cinq lots. Il établit Nicolas Âmjot, son neveu, fils de défunt son frère Philippe 9 son premier et son principal héritier , c'est-k-dire pour deux portions; sa sœur unique, Jeanne Amjot, aussi pour deux portions, et son frère, Jean Âmyot , pour une seule. Il légua au grand hôpital d'Âuxerre> cinq cents livres ; aux Jacobins, cent livres ; aux Cordeliers, autant, se recommandant k leurs prières ; k chacun de ses domestiques, dix écus dCorsolf outre leurs gages, et un habit noir; k son valet de pied, trente écus d*or pour lui faire apprendre un métier ; k Jean de Bourneaux, fils de sa sœur, ses ornements épiscopaux et les parements de sa chapelle. Ce testament ne contient aucun autre article. On est donc surpris de lire dans certains auteurs qu'il eût légué k Thôpital d'Orléans une somme de seize cents livres, par reconnoissance de ce qu'après y avoir logé k T&ge de dix ans, on lui avoit donné seize sols pour sa conduite. Ce trait et quantité d'autres doivent être mis au nombre des fables (1). Je ne crois pas non plus que le proverbe qu'on citoit dans Tavant-dernier siècle en ces termes : « En mangeant Tappétit 1» vient , comme dit Tévèque d'Âuxerre , > doive son origine k Jacques Âmjot; on peut Tattribuer plus vraisemblablement k Philippe de Lenoncourt, qui fut longtemps appelé en cour Tévéque d*Auxerre, depuis la résignation qu'il avoit faite de cette prélature, et qui accumula grand nombre de bénéfices. Âmyot ne conserva, avec son évéché, que Tabbaye de Saint-Corneille de Compiègne, b'étant défait de bonne heure de celle de Bellozane et de celle de Roches, au moins dès Tan 1590, en faveur de son neveu. Il n'est resté dans le pays aucun mémoire qui prouve qu'on eût trouvé beaucoup d'argent k cet évéque après sa mort. La Popelinière est le premier qui le fasse riche de deux cent mille écus. Il est fkcheux que d'habiles critiques aient pu le suivre sans demander des preuves de ce qu'il avançoit (a).

(1) Ce même testament, tout court qu'il est , prouve encore évidemment que le P. Anselme s'est trompé lorsqu'il dit à l'article

des grands-aumôniers que Âmyot était fils unique.

(a) Il ressort en effet de l'inventaire fait après le décès de l'évéque qu'on netrouva, dans deux bahuts placés aux pieds de son Ut, que 700 écus au soleil et 141 pistoles;

192 JACQDE8 AMYOT,

1570 k 15S3. Gomme notre évéque n*étoit pas de famille Si avoir des armoiries, il fat le premier de son nom qui s'en fabriqua comme il lui plut. Elles consistoient en un chevron brisé , surmonté de deux trèfles ou espèces de bourses liées et renversées , et une molette d'éperon au-dessous. Peut-être n*eut-il autre intention que de se rappeler la profession dont a voit été son père. C'est par erreur que sur sa tombe , au chœur ^e la cathédrale d'Auxerre (a) , on a gravé une étoile au lieu de la molette d'éperon qui se trouve dans tous les ouvrages qu'il a fait faire de son vivant. Edme Âmyot, doyen d'ÂuxerrCi vers 4642, s'appropria les

et de plus la mention de 109 écus qa^n serviteur avait pris le matin même de la mort. Il y avait aussi quelques bijoux et de la vaisselle d^argent. Cependant la renommée de richesse du vieux prélat était bien établie, car le procès-verbal commence ainsi : K Et attendu là réputation que le deffunct s'est acquis d'avoir de grands deniers, meubles précieux et moyens. » [N* d. E.)

(a) La tombe de Tévéque Amyot qui était placée en face du grand autel fut enlevée au milieu du dernier siècle, lorsque le Chapitre fit daller à neuf le sanctuaire. L'épitaphe était conçue en ces terCnes :

HIC JACBT D. JAGOBVS AMTOT DVM IN VIVIS A6BBET AVriSSIODO BPISCOPVS KT FBÂNCIJB VACUfVS BLBEMOSINARIVS; QVI OBIIT VI FBBRV. 1593.

Mais ses héritiers voulant honorer davantage sa mémoire, lui firent élever un monument en marbre dont nous donnons le dessin . J. Amyot y est figuré k micorps, dans Fattitude de la prière. Cette sculpture fut placée dans Tangle du piUer du sanctuaire, du côté de rEvanglle, où elle est encore.

On y lit les deux inscriptions suivantes :

GT DBSSVS EST LBFnCIB BT BBPBÉSBNTATION DE MBSSIBB JACQVBS AMYOT , VIVANT EVESQVE D*AVXBBBB , GRAND AVLMOSNIBR DE FRANCE SOVBZ LES ROTS CHARLES IX HEN- RY m BT HBNRY lY BT CON«r EN LEVRS CONSBILZ D*ESTAT BT PRIVÉ, COMMANDEYR DE l'ordre DV ST-ESPRIT, abbé de ST-CORNIL de COMPIEGNE, QYl TRBSPASSA LB SAMEDT 6« lOYR DE FBBVBIER 1593, ET ENTERRÉ SOYEZ LA TYMBB DE MARBRE NOIR POSÉE VISA YIS DV GRAND AYTEL DE CESTE BSGLISB, LAQYBLLB EFFIGIE A ESTÉ FAITE BT CONSTRVICTB EN L'hONNEYR BT PBRPÊTVBLLE MÉMOIRE DVDICT SEIGNBYR EYE8QYE DBS DENIERS DE MBSSIBB IBHAN DE BOURNEAVLX , ABBÉ DES ROCHES , CHANOINB DE PARIS , CONSEILLEE BT AYMOSNIER SERVENT DESDICTZ BOIS, NEPYEY DYDIT FEY SEIGNBYR MB8SWB UCQYE8 AMYOT, DV COSTÉ DE FEVE lEHANNE AMYOT SA SOEYR YNIQYE.

Prœsvlis ora vides Amioii avgvsta, viator , Ia>x fvU et colvmen poUriœ, qvam moribvs olim ConsiliU, icripUi ornavU et arte loqvendi; Regvm alUr phanix Caroli Henriciqve piorum*

Histoire du Diocèse d'Auxerre Tomell

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Victor Peut dapresieBcii,uerrpol;/[ic

Irn Ocidard.é Paris

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QUATRB-ymGr-SBIZlftME ttÉQUE D*AOXERRB. 195

annoiriesde cetévéque^quoiquMl n'en fût aucunement pareR t. C'est avec ^^^q ^ i^^^ raison que Ton a repris les éditeurs du Dictionnaire de Moréri d'avoir écrit son nom AmioL Notre évéqne signoit avec une y, et mettoit ainsi Amyot. Sa représentation , qui est à gauche du sanctuaire , ne fut faite que dix-sept ans après sa mort, aux dépens de son neveu Jean de Bour^ Deaux, qui éloit alors chanoine de Paris. Il avoit été fait chanoine d*Âuxerre et archidiacre de Puisaye après la mort d'André d'Assigni. Son acte de réception le qualifie sénonois (1). Dès l'an 1579 il avoit permuté avec François Pestelé, prêtre du diocèse de Noyon, pour le prieuré du château de Merle au diocèse de Laon. Il fut aussi prieur de Saint-Samson d'Orléans. Ce fut lui qui, avec Jeanne Fougerest, femme de Nicolas Amyot, donna quittance à Renaud Martin, le 15 mars 1595, datons les meubles du défunt évéque portés dans l'inventaire (a) fait après sa mort; et le trentième du même mois, il déchargea le même chanoine

(1) Reg. Cap. 15 sept. 1579.

(a) Cet inventaire que nous avons lu en entier offre quelques particularités intéreflsantes. Le Chapitre et le procureur du roi se rencontrèrent comme toujours pour la défense de leurs prérogatives. Le Chapitre, après maints pourparlers qui eommencèrent même pendant Tagonie de Tévéque , Unit par maintenir son droit de régale et apposa les scellés après avoir fait enlever ceux dû roi. Les oRiciers du roi donnaient pour motifs principaui de leurs prétentions « qu'il y avoit des papiers de conséquence dans les coffres « car le deffunt a testé, par lequel testament il a fait plusieurs legs soyt au corps de cette ville que aux charitez. »

La liste du mobilier qui garnissait l'évéché n'indique pas que le prélat aimât beaucoup les ameublements somptueux Les grains sont en grande quantité, mais oo trouve peu de vins. La bibliothèque de l'évéque n'était pas digne de la célébrité littéraire de son possesseur.

Oo trouva aux écuries un coche à quatre roues couvert de cuir sans doublure dedans, estimé six écus; il n'y avait point de chevaux.

Les héritiers de l'évéque ordonnèrent une distribution en aumdne de 2^272 petits pains aux pauvres, à raison de 60 par bichet

Parmi les papiers on trouva les absolutions obtenues par le défunt, t< tant de Mgr le légat que de M. le grand archidiacre et officiai d'Auxerre. >»

m Un livret faisant mention de Tacquisition faite par le défunt de la maison de saint Sixte pour 2,400 liv. i,-, cinq mémoires des frais faits par le défunt pour la constraction des bâtiments du collège des Jésuites. »

Parmi les bâtiments de l'évéché on mentionne une petite galerU peinU; nous ignorons où elle pouvait é'rc. — Arch. de l'Yonne. 2 G {N. d, E.)

194 JACQUES AHYOT,

1570 i isaa. ^^ '^ gestion de ses affaires : dans cette décharge il noas apprend qu'il avoit autrefois joui du prieuré de TËpau. J'ai aussi trouvé qu'un Louis de Bonrneaux avoit été pendant quelque temps chanoine d'Âuxerre (1). Parmi les chanoines les plus remarquables que l'évéque Âmyot plaça dans sa cathédrale, doit être compté Jean Lordereaux, auxerrois, reçu le 19 septembre 1575 ; ce chanoine devint par la suite très-fameux, ainsi qu'on verra ci-après. Il faut y ajouter Droin Ghaucuard du diocèse d'Âuxerre, qu'il fit sous-chantre en 1580, lequel lui fut toujours trèsattaché, et servit utilement le Chapitre, même dans le temporel (2). Il eutsoia de la confection de son effigie, et les quatre vers latins qui sont au bas passent pour être de lui ou de Gaspard Damy, lecteur. Simon de la Croix, auxerrois, qui avoit eu de grands emplois dans l'Université de Paris, s'étoit fait recevoir docteur en médecine et ensuite principal du collège d'Âuxerre ; il (ut installé chanoine en 1585. Louis Damy, clerc du diocèse de Chàlons, fut reçu le 24 mars 1590. C'est par le moyen de ce dernier que nous avons été informés de certaines particularités plus avérées que celles qui ont été publiées par Tabbé de Saint-Réal , d'autant qu'il étoit frère de Gaspard Damy, lecteur, que ce prélat estima et aima toute sa vie , qu'il avoit fait son secrétaire extraordinaire en 1585, et promoteur en son officialité l'an 1584. Ce qui a servi à nous les transmettre, est que ce Louis Damy fit part de tout ce qu'il put savoir à un de ses neveux quia vécu jusqu'en l'an 1686, et qui a laissé par écrit tout ce qu'il avoit appris de ses oncles. Je ne dois pas oublier Renaud Martin, natif de Larré, diocèse de Langres, qui fut pourvu d'un canonicat en 1580, n'étant encore que clerc (5). Il fut son commensal et son secrétaire ordinaire au moins depuis l'an 1585; et le prélat lui conféra l'archidiaconé de Puisaye au mois de février 1592 (4). La vie d'Âmjoty imprimée dans le recueil du P. Labbe, fait voir que ce fut son fidèle et plus intime. Après qu'il l'eut rédigée sur les mémoires du défunt évéque, il la communiqua k Frédéric Morel , professeur royal k Paris, qui la mit en latin, et ensuite il l'écrivit lui-même k la fin du volume de

(1) jResf. 17 sept. 1579. l (3) Reg. Cap. 17 nov.

(2) Il dressa un inventaire des titres que (4) Reg» Capit, j'ai vu. '

QUATRE-VINGT-SEIZIÈME ÉVÂQUE d'aUXERRE. 195

b eathédrale où sont conservées en manuscrit les vies des autres évéques.

le ne parle point des écrits d'àmyot, étant inutile de répéter ce qui a été dit jusqu'ici par tant d'auteurs, et en dernier lieu par le P. Nicéron, bamabite. Je ne pourrois ajouter à la liste de ses ouvrages que de foibles opuscules venus à ma connoissance , tels que la Préface du Missel d'Âuxerre projeté, une traduction qu'il ût en 1572 de l'Ëpitre coDgratulatoire de Jérémie, patriarche de Constantinople, au roi. Un compliment latin qu'il prépara pour Alexandre de Médicis , nonce du pape, s'il eût passé par Âuxerre (i), et un Epieedium in obitu Caroli IX remarqué par M. Baluze (2). Comme il n'avoit plus tant de loisir depuis qa'il fut évêque, il prit du secours pour les traductions qu'il faisoit de grec en françois. Un avocat de Tonnerre nommé Luit, bon grammairien grec, lui rendit ce service (5). Il eût été à souhaiter qu'au lieu des traductions de quelques romans , il eût donné k l'Église celle de quel* qaes saints pères grecs , parce qu'on sait que Héliodore, auteur de l'Histoire éthiopiquè, avoit été déposé pour cet ouvrage. Mais il faut remarquer qu'Âmyot n'étoit que simple clerc lorsqu'il en donna la traduction , et qu'il put s'autoriser de l'exemple d'Octavien de Saint- Gelais, évêque d'Ângouléme, qui cent ans ou environ auparavant en avoit donné une traduction en vers françois.

Baluze fait mention d'Âmyot dans sa préface aux Capitulaires, comme ayant envoyé aux anciens éditeurs un supplément qu'il avoit trouvé dans la bibliothèque de l'église de Beauvais. Cet évêque aimant k aider les savans, envoya aussi k Grégoire XIII la profession de foi qu'Hugues de Màcon son prédécesseur avoit rapportée du concile de Reims tenu l'an 1148, afin que Baronius pût l'employer dans ses Annales. Âmyot est nommé dans un panégyrique d'Henri III , comme ayant produit auprès de ce prince Martin Âkakia parisien (4), médecin, fils du médecin sans malice , et lui avoir fait donner, en i 574, la charge de premier lecteur et professeur royal en chirurgie. Denis Perronet , pénitencier

(1) Genebrard in $hronicon.

12) Dans nn manuscrit de N. D. de Paris cotté N. 5. tfi folio f est un opuscule ainsi intitulé in Yirginem nuitrem decanus Àurelius

rediens à monasterio principis et dicato. Ara ebori decus etc.

(5) E» seript. eoœvo

(4) Bayle au mot Akaiiia.

i96 FRANÇOIS DE DONADIBU,

1570 il 1598- d'Aoxerre, dans son Éplire dédicaloire d'Arnold de Bonneval au cardinal da Perron de Tan 1609, dit d*Amyot : Doctmimus Jacobus Amyotus.... cujus laudes et mérita nunfjuam digne celebràbuntur.

Au reste Dieu permit que ses enpemis ne prospérèrent pas. Des deux qui lui avoieni mis successivement le pistolet sous la gorge, Tun fut taé malheureusement , l'autre mourut fou et enragé. Il fut de notoriété publique dans ce temps-lk, que le second étoit d'une humeur trèsviolenie. Possédant la cure de P.... au diocèse de Sens, il se crut si injurié, un certain jour, de la part d'un homme qui avoit froissé son surplis dans l'église , qu'il le battit dans le même lieu jusqu'à effusion de sang; ce qui obligea l'archevêque de la rebénir.

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