‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 48 sur 122 · CE1«TIÈME ÉVÊQUE D AUXERRE · texte numérisé non relu

CE1«TIÈME ÉVÊQUE D AUXERRE

qui éloit une place apparlenant a ce duc (1) ; mais les digues des étangs i^ ^ ^^^^ de Lindre et du lac voisin ayant été rompues par ordre de ce prince, la petite ville se trouva entourée d'eau si promptement , que Pierre de Broc fut obligé de se retirer bien vite de ce lieu avec tousses équipages. Il revint donc dans son diocèse, dont il ne s'éloigna plus pour de semblables affaires , parce que le cardinal-ministre ne survécut pas de beaucoup à cet événement.

Les premières démarches, dans le temps qu'il commença k résider et à gouverner par lui-même son diocèse, parurent un peu hasardées et donnèrent à connoitre qu'il n'étoit pas'encore au fait sur le pouvoir qu'ont les Chapitres de cathédrales lorsque le siège épiscopal est vacant (a). Dans d'autres matières, il procéda avec plus de maturité. Dans les premières années de son épiscopat, il tint les synodes trèsexactement au jour accoutumé , c'est-à-dire le mardi après le second dimanche du temps pascal ; et même l'une des années que ce jour tomba le 2 mai , entre deux fêtes commandées, il fit un mandement ex- |)rès (2) pour en ordonner la translation a un autre temps, sans interrompre pour cela Tusage par lequel les curés dévoient en personne venir prendre les saintes-huiles k Âuxerre; car- il leur enjoignit de le iaire sous peine d'une amende applicable à la fabrique de la cathédrale et à l'Hôtelr-Dieu d'Auxerre. Quoique dans sa jeunesse il n'eût point eu d occasion d'annoncer la parole de Dieu , il ne laissa pas de prononcer un discours à l'assemblée des curés dans la salle épiscepale , et

(]) On peut voir pour la description de ce 1 (2) Mandement imprimé du 13 avril 1645. lieu le livre du Briquetage de Marsal, \

bord qui était en peUl-gris. Les anciens s'y étaient opposes vivement, en 1639; maift Tannée suivante , aux grandes assemblées d'octobre, la majorité se rangea définitivement da côté du doyen. Alors quinze chanoines en appelèrent au parlement. Le procès , après avoir duré de longues années, entre les bordés et les débordés, et avoir coûté 80,000 livres , fut jugé en faveur de ces derniers. [N. d. E,)

[a) Le Chapitre refusa d'approuver son projet d'union d'une prébende à la trésorerie, les uns, dit Bardolat, étant mécontents de ce que l'évéque avait demandé prébende entière pour ses deux commensaux; lesautres parce qu'il n'avait pas voulu sanctionner rétablissement de la communauté des chanoines. (iV. d. E.)

i&iob 1671. ^' prêcha aussi quelquefois son peuple dans la chaire de la cathédrale. Mais il suivit, dans la tenue du synode, le plan de son prédécesseur, et non celui de Gilles de Souvré qui demandoit les suffrages des présents. Il publia quelques ordonnances dans celui qu*il tint Tan 1642 , te sixième jour de mai. Dans un article , il commande aux curés de se bervir, pour l'explication de l'oraison dominicale , etc., du cathéchisme composé par le cardinal de Richelieu , lorsqu'il étoit évéque de Luçon. Dans un autre statut , il défend la chasse aux ecclésiastiques. On voit, par le sixième article , que Fusage des calices d'étain, pour le saintsacrifice , étoit encore permis : ce qui marque la pauvreté de certaines églises. Le quinzième nous apprend qu'à la vérité on avoit aboli Tusage de délivrer les bâtons des confrairies pendant les vêpres, à certains versets du Magnificat^ mais qu'en remettant la cérémonie après l'office, on recommençoit de nouveau le Magnificat, pour ôter le bâton des mains de l'ancien possesseur au verset Deposuit, et le donner k un autre au verset Suscepit. Le prélat condamna cet usage. et ordonna de chanter en place quelque antienne en l'honneur du saint de la confrérie. Les visites qu'il fit dans le diocèse nous remettent aussi certaines pratiques qui doivent leur origine a la simplicité des gens de la campagne ; une entr'autres, par laquelle les pères et mères faisoient tourner les enfants par-dessous les autels , et meitoient au tour des arbres de la paille trempée dans l'eau bénite (1). Il empêcha, en certaines paroisses de la ville , les cris que faisoient les enfants du mot Noël, entremêlé de paroles profanes, au sortir de l'office, depuis le commencement de l'Âvent jusqu'au Carême. Il défendit de célébrer des messes de confréries, avec eau bénite et pain bénit, les jours de dimanches, dans les chapelles de commanderie et autres. Comme il ne visita pas toutes les églises de son diocèse, il fit faire des missions, sur la fin de son épiscopat» dans les paroisses qu'il n'a voit pu visiter. De ce nombre furent celles qui étoient k la nomination du prieur de La Charité, pour laquelle il employa les Pères de l'Oratoire à l'instance de Nicolas Colbert, prieur de ce monastère (2). Quelques années après, d'autres missionnaires, du nombre desquels étoit l'évêque d'Héliopolis, procu-

(1) Oi-don. il Chcvanncs, 10 juin 1665. [ (2) En 1667.

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rèrent le même bien dans un autre canton da diocèse, aux dépens du ^^ y i^^ marquis de Seignelay. Il réussit ,* en 1644, au sujet de trois cures unies au Chapitre de Yarzy, dans Tentreprise que François de Dinteville, premier du nom , avoit tentée en vain ; c'est-à-dire qu'il désunit de la mense de ce Chapitre les cures de Saint-Pierre de Varzy, de Saint- Pierre du Mont , et celle de Brugnon et diminua en même temps le nombre des chanoines de cette collégiale. Il augmenta le nombre des cures de son diocèse par Térection quMl fit de la chapelle de Pontchevron (1) en église paroissiale, à la sollicitation du seigneur de ce lieu, malgré l'opposition du curé d'Ouzoir dans le territoire duquel elle éloit située. Il disposa des archiprétrés, comme s'ils eussent été amovibles. Il supprima les trois officialités de Yarzy, La Charité et Cosiie, à Tinstance d'Edme Âmyot, officiai d'Âuxerre, et de Germain de la Paye, chanoine promoteur (2). II donna les mains a plusieurs nouveaux établissements de religieux et de religieuses, et l'on peut dire que jamais on n'en avoit vu un si grand nombre durant la vie d'un seul évéque. Il consomma, dès la seconde année, celui des Cordelières Urbanistes à Entrains; il voulut qu'elles fussent soumises à sa juridiction et non k celle des Cordeliers, et que le visiteur qu'elles choisiroient tous les trois ans fût approuvé par lui ; ce que le pape Innocent X confirma par une bulle du mois de février de l'an 1648. Ce fut aussi la seconde année de son épiscopat qu'il permit aux Augustins de la province de Bourges de s'établir à Saint-Fargeau, k l'instance de Boger de Bellegarde, gouverneur de Bourgogne, alors retiré dans la Puisaye, etdu P. André Boullenger, religieux de cet Ordre ; et en 1649, il introduisit des religieuses Bénédictines dans l'hôpital de la même ville. Il permit, l'an 1644, le 8 avril, à une colonie d'UrsuIines du couvent d'Avallon, de venir s'établir dans la ville de Crevan (a). Sollicité par le seigneur de Guerchy , il consentit k la vente que la communauté des habitants de Donzy fit du bâtiment de l'hôpital , pour y placer une communauté des

(1) 1665 ou 1666. | (3) En 1641.

(a) 11 ^eu^ donna un règlement en 1664. (iV. d. E.)

1640 h i67i. i^^lîgî^uses de la coDgrégalioQ du P. de MaliDCOur, dont les premières furent tirées de la maison du même Ordre, établie a Laon , en Picardie ; alors Thôpital fut transféré dans un bâtiment voisin (a). Il confirma, en 1646, l'introduction des religieuses hospitalières de TOrdre de Saint-Âugustin , dans la ville de La Charité, et dix ans après il approuva qu'elles s'établissent dans l'hôpital de Gien. Il donna. Tan 1654, permission à Joachim de Saint-Denis, religieux brigittin, de former une communauté de son Ordre , dans un lieu de la paroisse de Ciez , nommé Le Plessis [b). Dans la ville d'Âuxerre seule on compte jusqu^à quatre nouveaux établissements faits de son temps et par ses soins ; premièrement, celui des chanoines réguliers de la congrégation de Sainte-Geneviève, dans le prieuré de Saint-Eusèbe, l'an 1654 ; secondement, l'introduction des religieuses hospitalières de l'Ordre de Saint-Âugustin, dans l'Hôtel-Dieu , en 1657 (c); et l'établissement des religieuses delà Visitation, en 1659. Ce prélat voulut même officier en personne dans la nouvelle chapelle de ces dernières. Elles étoicnt alors en la paroisse de Saint-Eusèbe. Ce ne fut que Tannée suivante que le sieur Jacques Desloges, son neveu, les conduisit processionnellement dans le territoire de la paroisse de Notre-Dame-lad'Hors, où elles sont restées (d). Enfin furent reçus à Âuxerre, avec sa permission, les Âugustins déchaussés, l'an 1662. On les logea aussi d'abord sur le territoire de Saint-Eusèbe. et de Ik dans celui où

[a) En 1664 , sa veuve, dame Lucie de Brichanteau, fut déclarée fondatrice de rétablissement. — La même année, M. de Broc suspendit l'établissement que les iiécollets de La Charité voulaient faire à Donzy, jusqu'à ce qu'il eût reçu Tadhésion des échevins. •— Rcg. de l'évêché. — En 1666, il avait approuvé la translation de roffice paroissial dans Téglise du Chapitre de Saint-Caradeu, vu Téloignement de l'église mère du Pré , ce qui fut cause de beaucoup de procès entre le Chapitre et le curé. (N. d. E,)

(b) Cette maison fut supprimée par arrêt du parlement en 1689, à raison de la conduite des Pères. (JV. d. E,)

(c) Ce prélat leur donna des statuts le 30 janvier 1664. — Archives de VYonne, Keg. de l'évêché. (N. d. JB.)

[d) Ces religieuses venaient de la maison de Montargis, qui s'engagea à donner 20,000 liv. pour leur établissement. Les bâtiments qu'elles occupaient appartiennent aujourd'hui au séminaire. Ils furent construits, en 1664, par le sieur Delestre, architecte, moyennant 25,000 liv. — Archives de l'Yonne. — Visitand. (iV. d. E.)

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on les voit à présent (a). Â l'égard des Bénédictines, il ne les introduisit point à Âuserre ; mais, les ayant fait revenir, en 1649, de Gharenlenay, leur maison de campagne où elles étoient depuis les guerres de la Ligue , il les engagea de prendre la réforme du Val-de-Grâce en même temps qu'elles rentrèrent dans leur monastère de St.-Julien(l), qui venoit d'être rebâti à neuf et auquel il avoit mis la première pierre le 8 mai 1647 (b). Une des religieuses, qui avoit le plus contribué à cette réforme, établit peu de temps après une communauté soumise à la même règle, au faubourg de Cosne, sous les auspices du prélat. Vers l'ail 1655, il soumit à sa juridiction les religieuses de l'abbaye des Iles qui , auparavant ne connoissoient que celle de Tabbé de Citeaux. Il obtint aussi par arrêt, en 1654, que les religieuses de

(l) Voyez le livre imprimé in-12 sur cette | (2) En 1658. réforme.

(a) Ils durent leur première dotation à un bourgeois de Paris nomme Etienne Artbus, qui leur donna 8,000 liv. pour acheter une maison à Auxerre, en 1662. Mais ils ne purent s'établir qu'avec le consentement des. cchevins de la ville , et même lorsqu'ils firent entériner au parlement les lettres-patentes que le roi leur avait accordées, les trois autres ordres mendiants , déjà existants à Auxerre , formèrent opposition, mais le parlement passa outre. C^. d. E.)

{b) On trouve dans la conduite de Tabbesse des Bénédictines, Gabrielle de la Magdelaine, vis-à-vi5 de révéque , un caractère d'indépendance singulier. Ainsi ^ au mois de novembre 1644, M. de Broc , frappé de l'irrégularité de la vie des religieuses qui observaient peu la clôture à Charentenay depuis longtemps , avait ordonné que l'abbesse se retirerait dans six mois à Auxerre. Le conseil privé sanctionna cette décision , mais lorsque les officiers du bailliage d'Auxerre se présentèrent à Charentenay pour la contraindre à obéir , ils éprouvèrent le refus le plus net. Cependant, les religieuses réformées de La Fermeté s'étaient installées à Auxerre dès 1645 {Voy. Preuves^ t. iv, no470), et elles amenèrent Tabbesse à une transaction et rétablirent la régularité à Auxerre. MaisM°^^ de la Magdelaine, avec trois vieilles sœurs, demeurèrent à Charentenay. L'abbesse ne céda pas volontiers à tous les projets de l'évéque; car, en mars 1651, M. de Broc, dans sa visite à Charentenay, ayant voulu l'obliger à signer une procuration par laquelle elle devait laisser à la communauté d'Auxerre tous les biens situés au comté de Joigny, elle s'y refusa; et comme l'évéque la menaça de la faire enlever de sa maison et de la mettre en lieu étroit en la ville de Paris, elle protesta devant notaire. L'évéque , lassé de ces tracasseries, finit par la laisser terminer sa vieillesse en repos.

(iV. d. E.)

1640 i iffri. ï'^i^^l^^iy^ ^^ Crisenon fussent sujettes à sa juridiction (a). C'est ainsi qu'il se soumit toutes les communautés de filles de son diocèse.

Voulant vivre en paix avec le Chapitre de la cathédrale, conformément au serment qu'il avoit fait à sa réception, il n'en attaqua jamais la juridiction. Il avoit reconnu, dès Tan 1642, l'erreur de ceux qui avoient voulu lui persuader de faire une défense générale aux curés d'admettre aucun prêtre a dire la messe sans son approbation ou celle de ses vicaires-généraux et il tomba d'accord que les chanoines de la cathédrale peuvent dire la messe partout le diocèse , au moins par dévotion. Il ne refusa le paiement d'aucuns des droits dus par l'évéquek la cathédrale, mais les dépenses de sa maison l'obligèrent d'apporter quelques délais à l'acquit de ce devoir. La chapelle d'ornements qu'il avoit promise de vive voix a sa prise de possession et dont il ratifia par écrit la promesse cinq ans après, fut apportée l'an 1651, le sixième jour d'octobre. C'étoit un velours vert à fleurs pailletées d'argent qui conserve encore assez son premier éclat. Etant informé que l'archevêque de Sens avoit été condamné, par arrêt, à augmenter considérablement la contribution annuelle pour Teotretien du bâtiment de l'église métropolitaine, il consentit pareillement à une augmentation du droit annuel envers la fabrique de la cathédrale d'Âuxerre, par transaction de l'an 1665. Il donna aussi alors une bonne partie de ce qai fut nécessaire pour refaire à neuf le pavé du chœur, dont les tombes épiscopales avoient été défigurées et brisées dans les guerres de la religion. Les distributions de vin que le Chapitre avoit droit de recevoir dans le cellier épiscopal, aux cinq des principales fêtes de l'année, s' étant trouvées sujettes à plusieurs inconvénients, il consentit à l'évaluation que le Chapitre en fit en argent ; et depuis ce temps-là cette commutation a toujours eu lieu. Le Chapitre, de son côté, lui laissa introduire certaines nouveautés (1) qui ne blessoient en rien les droits de

(1) Quelques mémoires du temps marquent qu'il y eut en 1643 des thèses publiques et imprimées ob il fut qualifié comte d'Auxerre.

On ajoute aussi que ce fut lui qui fit le premier porter sa crosse par un ecclésiastique en surplis.

(a) En i664 , il rendit une ordonnance pour rétablir la discipline qui était fort peu régulière dans celte maison. — Arch. de l'Yonne, tteg. de Tévêché. (JV. d. E).

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la compagnie. Mais il n'en fut pas de même lorsqu'il voulut changer ^^^ ^ j^, quelque chose dans le cérémonial, sur la bénédiction épiscopale. Au reste, la bonne intelligence dans laquelle on vouloit vivre avec lui avoit été marquée, dès tes premières années de son épiscopat, tant par les prières solennelles que le Chapitre fil en 1641, après la mort de sa mère, que par la facilité qu^on lui donna, au mois de décembre 1642, pour faire faire célébrer avec magnificence le service du cardinal de Richelieu, son bienfaiteur (1). Dans Tintervalle de temps qui se trouva enire ces deux cérémonies , le même corps lui porta des plaintes du P. André Boullenger, augustin, qu'il avoit choisi pour prêcher le carême (2), et il fut conclu qu'il en seroit dressé procès-verbal pour le maintien de la dignité de la chaire. Comme le caractère de ce prédicateur a été irès-connu dans le royaume, il n'est pas besoin de prouver ici que le prélat n'avoit aucune part h ce qui parut repréhensible dans ses discours (a). Pierre de Broc rendit, vers le milieu de son épiscopat, d'importants services au Chapitre de la cathédrale (5); il imita aussi son prédécesseur dans le don qu'il fit à la même église, de quelques reliques des saints du pays. Sachant qu'il y avoil dans l'église du village de Saints-en-Puisaye plusieurs châsses de bois pleines des ossements des compagnons de saint Prix, il résolut d'en donner une partie à la reine Anne d'Autriche, pour l'église du Val-de-Grâce, qu'elle faisoit bâtir et qu'elle vouloit enrichir du plus grand nombre qu'elle

(1) Reg, Capit. 1641, 21 déc,; 1642, 12 dée. 1 (3) Reg. Cap. 1653.

(2) Ihid. 24 mars, 28 avril, 26 sept. |

(a) Il arrivait quelquefois de singuliers événements à propos de prédicateurs. En 1657, au mois de décembre, un P. Jésuite, nommé Marlot, ayant été autorisé par révêque à prêcher à Clamecy, avait commencé l'Àvent lorsqu'une foule de peuple s'opposa violemment à ce qu'il continuât et voulut qu'il cédât la chaire à un P. Ja- ' cobin. Celui-ci^ au dire du Chapitre; aurait cabale parmi les gens du peuple, flotteurs, etc.. et une véritable émeute eut lieu au pied de la chaire. Les échevins avaient pris parti pour le P. Jacobin et appuyaient les mécontents , se plaignant de ce qu'au mépris d'un compromis passé avec le Chapitre, en attendant que Ton sût lequel des deux prédicateurs devait être autorisé par Tévêquc , le P. Jésuite continuait seul à prêcher. Le peuple avait été consulté là-dessus en assemblée générale. — Arch. de TYonne ~ (N d E )

254 PIÉBRE DE BROC,

1640 il 1971. pourroit de reliques. Les anciennes châsses commençant a être caduques, madame d'Orléans, duchesse de Montpensier et de Saint--Fafgeau, en fournil une nouvelle, et les paroissiens une autre dans lesquelles Tévéque fit la translation le dimanche 5 novembre 1662 (1). Et comme les ossements ne purent être contenus dans les nouvelles châsses , il en retint pour lui, pour la reine, pour la duchesse de Montpensier, pour Téglise cathédrale et pour celle de Saint-Germain. Le procèsverbal marque qu'il célébra la grand'messe en cette cérémonie et qu^il y prêcha. L'ossement tibial, qu'il destina pour la cathédrale, fut déposé dans Téglise de Saint-Âmatre, et transféré processionnellement le dimanche suivant, 12 novembre, de cette église du faubourg en celle de Saint-Etienne, en présence du même prélat, accompagné de François Fouquet, archevêque de Narbonne, alors retiré à Âuxerre. Cette relique fut ensuite enfermée dans la châsse de verre où l'on avoit mis, en 1650, celles que Nicolas Housset, chanoine et sous-chantre, avoit apportées à son retour de Rome. Il enrichit aussi deux des églises paroissiales d'Âuxerre des ossements de saints qu'il tira du trésor de Sainte-Eugénie de Varzy. Faisant la visite de cette collégiale le 5 juin 1642, il tira de la châsse d'argent de saint Regnobert, évêque de Bayeux, un os de la jambe de ce saint, qu'il fit déposer au faubourg d'Âuxerre, dans la même église de Saint-Amatre, d'où la relique, après avoir été enchâssée par le prélat, fut portée processionnellement, le dimanche 19 avril 1645, par tout le clergé de la cathédrale et de la ville, en l'église paroissiale de Saint-Regnobert, où il célébra la messe pontificalement. Il tira encore du trésor de la. même collégiale , le 25 février 1654, k la prière du clergé et des habitants de la paroisse de Saint-Eusèbe , un ossement du nom de saint Paul, un du nom de saint Eusèbe, et un fragment du crâne de saint Cot, martyr, qui furent depuis déposés h Auxerre, dans la même église. Ce fut lui qui commença, en 1645, la vérification du chef de saint Pèlerin, trouvé à Bouy avec quelques vertèbres du col. Comme on étoit persuadé que ces vertèbres procèdoient du même corps que le chef, il les porta à l'abbaye de Saint-Denys, le 15 juillet 1647, et par le procès- verbal

(1) Voy. Preuves, t. iv, 1662.

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