‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 52 sur 122 · GKNT-UNIÈME ÉVÊQUE D*AUXERRE · texte numérisé non relu

GKNT-UNIÈME ÉVÊQUE D*AUXERRE

les poches contenoieot une somme d'argent destinée pour Tosage le ^^jç^ ^ ^^^ plus pressant de cette famille. Il nourrit et entretint, durant son épiscopat, la maison d'un gentilhomme de son diocèse qui avoit perdu tout son bien , dans la vue d'empêcher que ses filles ne tombassent en quelque malheur. Outre les aumônes qu'il faisoit par lui-même, il y ayoit quatre personnes de la ville chargées d'en faire aux pauvres bontenx de leur connoissance, savoir : deux chanoines, un avocat (1) et la supérieure d'une communauté non cloîtrée (2) ; et, non content de faire d'abondantes aumônes dans son diocèse , il faisoit encore tenir, par an, trois mille livres aux missionnaires qui éloient dans les pays étrangers. Il arriva de son temps que la ville de Goulanges-Ia-Yineuse fot presque réduite en cendres, et Téglise même se ressentit de Tineendie (a). Cette triste nouvelle lui ayant été mandée à Paris, il y fit une quête, revint ensuite promptement à son diocèse, alla visiter le mal qu'il trouva bien plus grand qu'on ne lui avoit écrit, et ajouta , à ce qu'il avoit trouvé k Paris, tout ce qui lui restoit alors d'argent pour soulager plus promptement les habitants de cette petite ville. La communauté des Ursulines de Grevan étant dans un grand besoin , se ressentit aussi très-particulièrement de ses libéralités. Il leur faisoit tenir tous les ans six cents livres, outre le blé, le sel, etc., qu'il leur fournissoit. On ne peut compter les sommes qu'il fit distribuer k la campagnedans chaque paroisse qu'il visitoit.

Après le soin des pauvres, l'instruction des gens de la campagne fat une des choses qui exercèrent le plus sa vigilance. Ce fut pour

(l) Jacques Richer. | (2) De ta Providence.

(a) L'incendie prit le matin du n mai 1676, et se propagea rapidement par l'impéiuosité du vent, si bien que le feu éclata en même temps en plus de dit endroits à la fois. Il y eut plus de 170 maisons brûlées, 22 pressoirs et une grande partie de l'église. Les habitants perdirent tout leur mobilier et furent réduits à la misère. Trente personnes furent atteintes par le feu et plus ou. moins maltraitées. San^ Fassistance de M"« de Villefranche, dame de Coulanges, qui fit défoncer et jeter sur le feu trente feuillettes de vin. le reste du pays brûlait. On sait qu'il n'y avait pas k celle époque de fontaines à Coulanges. — rrocès-vcrbal de Tincendie, Arch. de l'Yonne, pièces historiques. OV. d. E,)

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\en \i 1^76. P<'6Dclf6 coDDoissance de leurs besoins spirituels qu'ii entreprit la visite générale de son diocèse presque aussitôt qu'il fut arrivé ; mais il ne s'ac-» quitta pas de ce devoir avec rapidité ni superficiellement. Il ne visitoil qu'une paroisse en un jour, et il y employoit tout le temps nécessaire; si elle étoit peu éloignée de son château de Yarzy ou de quelque autre lieu de sa résidence, il s'y transportoit k pied. Le matin, après les cérémonies ordinaires, il célébroit la messe où il y avoit souvent une eom^ munion générale , puis se faisoit la prédication à laquelle il vouloit toujours assister, afin d'y mieux rassembler le peuple et de Ty tenir plus attentif. Il visitoit les fonts baptismaux, soit avant , soit après la prédication ; il y parloit longtemps sur la sainteté du baptême et sur la manière de l'administrer. Après le dîner on faisoit une instruction pour préparer au sacrement de confirmation k laquelle il n'assistoit pas. Elle duroit jusqu'à ce qu'il retournât k l'église, où il prenoit connoissance de l'état de la paroisse, et autant qu'il y avoit de sujets de plainte sur les défauts que le curé remarquoit dans sa paroisse, c'étoit matière k autant de discours que Tévéque prononçoit avec zèle.II usoit d'on expédient très-utile pour augmenter la confiance des peuples dans leur curé. Gomme les habitants de certains lieux étoient sujets kmurmurer contre leur pasteur sans en avoir occasion et uniquement par habitude , il engagea les curés qui avoieut de la sincérité et de l'amour pour le bien k prévenir ces plaintes. Ainsi, lorsque l'évêque se présentoit pour entendre les paroissiens, les curés représentoient eux-mêmes publiquement que les paroissiens retenus par trop de considération , s'étoieni abstenus de parler de telle et telle chose qui les choquoit dans sa conduite; que cela étoit vrai, mais qu'ils étoient prêts de s'en corriger, si l'évêque y trouvoit k redire. Cela suffisoit pour donner occasion au prélat de confirmer le bien que les curés tâchoient d'établir ; et cela rendoit les paroissiens plus soumis k leurs pasteurs , en leur faisant entendre qu'ils seroient blâmables s'ils se conduisoient autrement. L'enquête faite, on lisoit les ordonnances, et la visite fin issoit par l'administration du sacrement de confirmation ; après quoi il faisoit distribuer aux pauvres les aumônes dont j'ai parlé. Et comme souvent les curés n'ont pas soin de faire exécuter les ordonnances de visite, et que quelquefois même ils ne les lisent pas , on les avertissoit par des lettres-^

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circulaires, d'envoyer àrévéché des copies de ces ordonnances, avec des apostilles aux articles exécutés ou non exécutés ; ce qui faisoit que les curés s'ewpressoient de faire exécuter ce qui ne l'éioit pas, afin d'éviter le blâme de leur évéque. Si quelque curé étoii négligent sur ce point, on envoyoit une copie où l'on ne voyoit presque rien d'exécoté; celui qui étoit chargé de la recevoir, la lui renvoyoit, lui marquant qu'il n'avoit pas voulu la communiquer au prélat, afin de lui épargner la confusion d'une telle négligence et de lui donner le temps delà réparer. Ainsi changeoit peu à peu la face du diocèse par le moyen des visites ; de sorte que Tévêque étoit assuré qu'en visitant une paroisse pour la seconde fois, il y trouveroit tout en bon ordre. Quand il prévoyoit qu^il y avoit de grandes plaintes à entendre contre un curé, il ne permettoit pas qu'on les lui fit publiquement ; il se retiroit dans sa sacristie ou dans un autre lieu commode, et y entendoit séparément les témoins ; mais comme il vouloit aussi que le curé connût son tort, il De logeoit point chez lui et n'y faisoit point porter ce qu'il avoit à manger, mais chez les juges du lieu ou à Tauberge, telle qu'elle se tronvoit. S'il lui arrivoit d'interrompre le cours de ses visites un jour oa deux , ce n'étoit pas pour demeurer oisif; c'étoit seulement un changement d^occupation pour le service de son troupeau. Il donnoit audience à toutes les heures qu'on se présentoit sans faire attendre personne, surtout les curés qui venoient de loin ; et il recevoit les ecclésiastiques avec une cordialité et une tendresse paternelle. Tous, grands et petits, avoient la consolation de parler k leur évéqne quand ils vouloient, et s'en retournoient charmés de sa charité. Il ne se plaignoit qnedes visites inutiles et de pure civilité , que lui rendoient quelques gentilshommes^ parce qu'elles étoient quelquefois trop longues. S'il recevoit des visites dans le lieu de sa station , il en rendoit aussi ; mais c'étoit aux malades, à ceux qui étoient dans l'affliction^ qu'il avoit soin de consoler et de soulager; il réconcilioit ceux qui étoient en inimitié et accommodoit les procès le plus qu'il pouvoit. Comme il étoit un jour k Saint-Fargeau , on y aniena trois criminels arrêtés dans les bois de Varzy» qu'on conduisoit aux prisons d'une autre ville ; il en fut informé « les alla visiter, et leur ayant dit quelques paroles de consolation , il recommanda aux conducteurs d'avoir pour eux de l'humanité, disant :

167? k l67Ci

iGii i I67C. ^ ^^ ^^^^ ^^^ frères , et ils peuvent être associés a celui qui fut justicié eu croix, s'ils prenneot en patience ce qui leur arrive. » Ayant trouvé en quelque paroisse qu*on faisoit souvent des exorcismes sur des prétendues possédées , il se réserva le droit de le permettre ; et quand ces femmes lui demandoient la permission de se faire exorciser, il leur répondoit qu'il falloit qu'elles allassent auparavant passer un mois oa deux dans Thôpital-général d'Âuxerre, au pain et à Teau, et qu'il y auroit peine afflictive pour elles au cas qu'elles fussent rebelles. Ces dernières paroles, répétées trois ou quatre fois dans les différents lieut où ces femmes se présentèrent à lui , chassèrent plus de démons en six mois que n'avoient fait tous les exorcismes permis par son prédéces^ seur, pendant quarante ans.

Il étoit convenu , avec M. Tévèque d'Âutun , d'entretenir ensemble une compagnie de missionnaires tirés de Lyon, qu'on appelle les prêtres de Saint-Joseph, pour travailler alternativement dans leurs diocèses. Ces missionnaires commencèrent la première année dans le diocèse d'Auxerre ; ils y firent tant de fruit qu'il prit la résolution de ne les en pas laisser sortir, et il les retint entièrement pour son diocèse. II se transportoit dans les lieux où ils étoient , pour les autoriser de sa présence, suppléer par ses exhortations, et il administroit le sacrement de confirmation à ceux qu'ils avoient instruits et disposés ; et afin qu'on fût plus fidèle à conserver le bien qu'ils y avoient opéré, un missionnaire ou deux retoumoient de temps en temps dans la paroisse où la mission s'étoit faite, et y restoient encore pendant quelques mois. La visite qu'il fit des communautés de filles, fut toujours avec une discrétion et une patience qui ne peuvent s'exprimer, mais qui étoienl propres à faire respecter sa fermeté , particulièrement sur l'article de la clôture et sur la désappropriation (a). Il y avoit deux de ces couvents où la régularité étoit beaucoup affoiblie; comme il ne trouva point de

(a) Il ne réussissait pas toujours à se faire obéir. En février 1674, les Glarissesde Gien, averties de la visite épiscopale, s*y refusèrent formellement, alléguant qu'elles ne devaient obéissance qu'aux supérieurs de leur ordre. M. de Colbert les somma k trois reprises de lui obéir, les menaçant, à la fin, de Texcommunicatton. Elles mandèrent un notaire et lui firent dresser procès-verbal des motifs de leur refus, en disant qu'elles s'exposeraient à être punies par leurs supérieurs, comme elles

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sojets capables de la rétablir, il en fit venir de Paris ; il ne regardoit ^^^ ^ 1975 point à la dépense, quand elle étoit nécessaire pour procurer le salut des âmes. Ce fut de Saint-Denis qu'il tira celles qu'il plaça dans la maison des Ursulines de Grevan ; ce furent aussi celles qu*il visita le plus souvent et qu*i1 soulagea d'aumônes plus abondantes. Il fit aussi fermer de hautes murailles le monastère des Bénédictines de Cône, et leur envoya de temps en temps de quoi les faire subsister. Il établit k Aoserre une communauté de filles de la Providence, de même qu'il avoit fait à Luçon (a). Dans le temps qu^on attendoit son arrivée k Anxerre, trois ou quatre religieuses d'une abbaye de son diocèse, trompées par le bruit qui s'étoit répandu que Nicolas Golbert étoit un prélat rigide et sans miséricorde envers les coupables, crurent avoir une occasion favorable d'exécuter le mauvais dessein qu*elles avoient contre leur abbesse dont elles ne pouvoient supporter la régularité, et l'accusèrent auprès de lui de crimes très-honteux. Le prélat tint l'accusation secrète et prit des mesures si sages et si sûres pour éclaircir le fait, que les accusatrices prévoyant que leur calomnie scroit découverte, prévinrent le jugement et se jetèrent aux pieds de leur abbesse pour lui demander pardon (6).

Il n'est pas étonnant qu'un prélat si attaché \k faire l'aumône, n'eût fait aucune acquisition temporelle pour hon évéchc. Mais si, de ce côté-

ravaicnt été déjà pour avoir permis à M. de Broc^ qui visitait leur maison, d'y faire une petite exhortation. Elles en appelèrent à Dieu^ au pape et au roi, de la vexation que Tévéque leur faisait éprouver. L*évéque fut obligé de céder, et il leur accorda jusqu'à Pâques pour consulter leurs supérieurs. I^e grand Golbert se donna la peine de dire son avis à son frère sur cette question, et lui signala l'embarras dans lequel le texte du concile de Trente mettait les évéques en France. Le Père gardien des Cordeliers de la ville, confesseur des Clarisse^ cl qui les appuyait dans leur résistance, ayant été tancé par le prélat, lui répondit par une lettre fort hardie qui dut bien le contrarier. On présume que Taffaire n'a pas tourne au profit de l'évêque. — Arch. de l'Yonne, -^^ J^- (N. d. E.)

(a) Les Bénédictines de La Charité étaient relâchées depuis quelque temps. En 1674 il remit en vigueur les statuts du Val-de-Grâce qui étaient tombés en désuétude. — Arch. delTonne, -^ {N. d. E.)

[h) En 1673 il donna son approbation à rétablissement des Bénédictines de Saint- Fargeau déjà fondées depuis 1651. (.Y. d. E.)

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IC7S fe 167U. i^ il ne fut d^aucune utilité h ses successeurs , c'est ii lui qu'ils ont robligatioQ de ce qu'ils peuvent rentrer aux Etats de Bourgogne. Nicolas Golbert se servit, dès le commencement de son épiscopat , de la protection du ministre, son frère, pour rétablir les évêques d'Âuxerre dans la possession de ce droit , qui avoit été interrompue depuis plus de cent ans. Il obtint, parle même moyen, une décharge considérable des impôts dont les Auxerrois étoient accablés; mais il ne la sollicita qu'après en avoir mûrement délibéré avec son conseil, et avoir reconnu qu'il le pouvoit ^ l'exemple de saint Grégoire, pape, et de saint Germain , le plus illustre de ses prédécesseurs ; cependant, pour être plus sAr de ne rien faire contre les règles «de la justice , il demanda aux Etats un commissaire qui vint faire la visite. Il procura un semblable soulagement à la ville de Yarzy, qui étoit aussi surchargée et accablée. Il n'entreprit aucun procès , soit pour faire revivre des droits douteux, soit pour réformer des abus. Il étoit ennemi de la procédure ; et loin de songer à former des contestations ou difficultés , il travailloit à accommoder les personnes qui en avoient les unes contre les autres.

Quand Louis XIV passa par Âuxerre pour aller commander le siège de Besançon, le prélat reçut un accueil très-favorable de ce grand prince , qui lui dit en l'abordant : « Monsieur d'Auxerre, il faut bien vous venir voir, puisqu'on ne vous voit point h la cour. » Lui, de son côté, n'épargna rien pour faire au roi une réception digne de sa personne, et il se conforma a tout le cérémonial requis en pareil cas. Il n'oublia point cependant, en cette occasion, qu'il étoit évéque, et eu voici la preuve. Sortant de l'appartemeni du roi, après s'être trouvé à son lever parmi ses courtisans, lorsqu'il passoit dans la cour de l'évêché pour retourner à la maison du bourgeois où il s'étoit retiré, il se trouva dans une circonstance très-délicate et embarrassante. On ne sait pas positivement s'il conféra alors avec son frère, le ministre, sur ce qui étoit arrivé. On présume seulement que ce fut ce qui donna lieu à ce ministre de lui conseiller de s'absenter, lorsqu'on sut que le roi devoit repasser par Auxerre et loger encore chez lui. Quand ce tempslà fut venu , il prit la route d'Orléans, et alla visiter le prieuré qu'il avoit à Nogent-le-Rotrou, au diocèse de Chartres. Il reçut aussi, une autre fois , M^ le prince de Condé, qu'il traita d'une manière si splen-*

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dide, qu'on s'aperçut qu'il étoit aussi magoifique dans les occasions i^^ ^ i^^, extraordinaires, qu'il étoit économe et frugal dans sa dépense courante. II ne pouvoit cependant s'empêcher de témoigner \k ses amis qu'il an roit mieux aimé voir employer, aux besoins des pauvres, les sommes que lui coûtèrent ces passages ; et il proféroit â cette occasion cette sentence d'un psaume : De necessitatibus tneis eripeme, Domine.

Le prieuré de Nogenl, dont je viens de parler, fut le seul bénéfice qu'il garda avec son évéché ; mais il n'en retiroit rien, parce que tout le revenu étoit employé ^ relever les bàliments ; et il faut savoir qu'il ne s'étoit réservé aucun bien de patrimoine. Il s'étoit défait du prieuré de La Charité-sur-Loire en faveur de l'abbé Colbert, son neveu ; et il y avait longtemps qu'il nepossédoit plus l'abbaye de Landais, en Berri, ni celle de Saint-Sauveur de Vertus, en Champagne. Le voyage qu'il fit au prieuré de Nogent , et celui de Paris, h l'assemblée du clergé à laquelle il fut envoyé par la province de Sens, l'an 1675^ et un autre qu'il fit sur la fin du printemps de l'an i676, sont les seules fois qu'il s'absenta de son diocèse peifdant qu'il eh fut évéque. Mais comme il avoit des vicaires-généraux très-vigilan(s, le diocèse ne souffrit aucunement de ces absences.

Entre les abus qu'il fit cesser durant son épiscopat, on doit compter la désertion générale où étoient les paroisses de la ville (a). Dès que le prélat eut parlé, on commença à fréquenter les églises paroissiales, non-seulement pendant la quinzaine de Pâques, mais encore pendant le reste de l'année. Il défendit les processions nocturnes et celles qui se faisoient dans des endroits éloignés de plus d'une lieue (1) de celui d'où l'on partoit, aussi bien que l'usage de sonner dans les églises durant toute la nuit , la veille de saint Jean et celle des Trépassés. On

(1) Ordon. Synod. 1674, pag. 28, 29.

(a) La cause de cet abandon des églises paroissiales venait des nombreuses confréries établies dans les communautés religieuses et de ce que les moines disaient des messes les dimanches et fêtes. Une note du temps^ d'abus à corriger^ qui existe dans les papiers de Tévéché , nous révèle ce fait. L*auteur ajoute sur un autre point : u Un deuxième abus est la dévotion aisée et de fantaisie. C'est un genre de

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1679 ^ 1676 doit encore mettre dans le rang des choses qa*il abolit sagement , la coutume par laquelle on souffroit \k Âuxerre, le dimanche de Quasimodo, une multitude innombrable de jeunes filles de douze ^ quinze ans* habillées en religieuses ou nonnes , qui précédoient la procession so-* lennelle de ce jour, en chantant des cantiques de toute espèce* Etant informé de Tabus qui s'étoil glissé dans cet usage, il le retrancha entièrement. Il fit déclarer une guerre ouverte k l'usure qu'il avoit trouvée trop communément tolérée dans son diocèse. Caihérinot de Bourges fait mention, dans son Traité du prêt gratuit imprimé en i679 (i), des brouilleries que cette matière causa dans le diocèse d'Auxerre. Cependant, on apprend, par une des décisions de M. de Sainte-Beuve (2), qu'il y eut certain cas où les missionnaires qu'il avoit employés, n'étoient pas outrés et qu'ils excusoient quelquefois les pénitents. Après les articles de foi, il ne croyoit aucun sentiment plus certain que celui qui enseigne que les chrétiens sont obligés de rapporter à Dieu toutes leurs actions par quelque mouvement' de son amour. Il en éioit de même de la nécessité de l'amour de Dieu dans le sacrement de pénitence. Il refusoit ses pouvoirs à tous ceux qui croyoient l'atlrition purement servile et sans amour de Dieu , suffisante pour convertir le pécheur et le réconcilier dans le sacrement. On a encore les informations qu'il fit faire contre un prédicateur qui osa débiter dans la cathédrale, en 1675, une doctrine relâchée sur cette matière. Sur la fin de sa vie, il fit un mandement contre les serments exécrables que les charbonniers, bûcherons , fondeurs de bois et mineurs, faisoient entre eux pour empêcher que leur profession ne devint commune (a). Il n'y eut

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vie du sexe féminin qui, poar se nourrir dans son humeur, passe une grande partie des matinées dans les églises pour éviter le travail quotidien... La cause vient que la plupart des réguliers estans ennuiez dans leur chambre, ou d'humeur à deviser avec le sexe^ le nourrit dans cet esprit, sans faire qu'il le corrige d'une imperfection en dix ans. » iV. d. E.)

(a) Les ouvriers travaillant dans les forêts étaient autrefois unis entre eux par des associations secrètes analogues au compagnonnage qui lie encore aujour^ ()*hui les ouvriers d'art des villes, mais dont le caractère mystcrieui devenait

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