CENT-UNIÈME ÉVÊQUE D AUXERRE
qu'ooe seule chose à laquelle il ne put apporter de remède duraut les i^^^ à h76. quatre anuées de son épiscopat , savoir : les causeries et immodesties daus les églises. Il songea toujours aux moyens de les empêcher; il en conféra même avec les curés dans le dernier synode qu'il tint ; mais quelque expédient qu'il eût pris, Dieu se contenta de sa bonne volonté.
n avoit résolu de changer les chanoines réguliers de deux communautés d'Âuxerre , quoiqu'il y en eût une des deux dont la réforme éloit toute récente. Mais voyant les obstacles qui se présentèrent a quelques pieuses tentatives, il laissa le reste à la providence divine. Ayant appris que sur la fin de Tépiscopat de Pierre de Broc , le ma-* gistrat séculier s'étoit ingéré de connoitre du fait des comptes de fabrique d'une des paroisses de la ville, il fit présenter, par le promoteur de son officialité , une requête au conseil privé du roi , qui cassa et annula le jugement du lieutenant-général d'Âuxerre du 2 septembre i670, et ordonna que les comptes des fabriques de tout le diocèse seroient examinés, clos et arrêtés par l'évéque ou par ses vicaires-gcné-
redoutable par Fisolement de leur genre de vie et la situation écartée des lieux où ils travaillaient. Ils pouvaient, par le moyen de leur coalition, faire la loi aux propriétaires et aux marchands^ commettre impunément des délits dans les bois, et assurer le secret le plus absolu à tous leurs méfaits. Ils avaient pour cimenter leur association des serments retoutables qu'un des adeptes n'eût pas violés sans punition exemplaire; des signaux et des cris de ralliement à rémission desquels chaqun d'eux devait marcher. Encore aujourd'hui il reste quelque chose de ces associations mystérieuses dans les grandes forêts, comme celles de ViUert-Goterets et de Fon< tainebleau. Les bûcherons y ont encore une manière de frapper sur une douve de bois, de façon à se faire entendre de leurs frères la nuit à la distance d'une lieue, et à ce bruit tous accourent comme au tocsin. La trace de ces sociétés parait être perdue dans notre département ; cependant la tradition en existe encore dans quelques communes de la Puysaie. Les associations secrètes que la politique a formée depuis trente ans en Italie et France sous le nom de charbonnerie avaient emprunté aux associations de bûcherons non-seulement leur nom, mais aussi leurs serments mystérieux et terribles et leur redoutable organisation.
Il faut remarquer sur le texte du mandement de Nicolas Golbert qui s'adresse aux mineurs comme aux autres ouvriers des forêts , qu'à cette époque (1673) subsistait encore dans le diocèse l'industrie métallurgique qui a laissé tant de ferriers dans nos bois et qui est aujourd'hui presque complètement éteinte dans cctto contrée. (iV. d. E.)