M. DE CONDORCET, CIV» ÉVÊQUE D AUXERRE
1754 \ 1760. ^ jjj „jQj.j jg ]^^ jg Caylus le Chapitre nomma, en vertu de son droit de régale et suivant la disposition des saints canons, six vicairesgénéraux, MM. Charles Huet, grand-archidiacre; Jean-André Mignot,
(1) Rég. de l'évéchéy n. 26. En 1753 M. de Caylus baptisa solennellement ud jeune nègre acheté 12 liv., en Asie, par M. de Lamarre. {%) Voy. ci-dessus à la vie de M. Séguier, p. 235.
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chantre ; JeaD-Bapliste Albéric Chevalier, pénitencier; Fr. Grasset (1), ns^ ^ nco. Etienne Housset et Robert YieK prêtres et chanoines. Cependant, le conseil d'Etat avait ordonné, par provision, que les scellés seraient apposés par le lieutenant-général du bailliage. Le Chapitre forma opposition , mais le procès ne se vida que sous M. de Cicé.
Pendant la vacance, le Chapitre prit différentes mesures d'administration. Il pourvut à Tentretien des écoles gratuites de plusieurs lieux, et principalement de celles de la ville d'Auxerre, fondées par M. deCaylus. Sa sévérité s'effraya de l'apparition d'une troupe de comédiens dans la ville épiscopale, et il lança contre eux un mandement menaçant qu'ils avaient provoqué un peu, du reste, en apposant leurs affiches jusque sur les portes de la cathédrale. Il ordonna aux religieuses hospitalières de Gien qui avaient été depuis peu transférées dans la maison des Ursulines, et qui n'avaient pas tardé de l'abandonner a cause de son insalubrité, de rentrer dans celte même maison en y transportant les malades et les meubles de Thôtel-dieu. Les sœurs réclamèrent avec instance et les médecins attestèrent la vérité de leurs dires. Cependant, en 1770, sur de nouvelles enquêtes, la translation fut ordonnée par M. de Cicé.
Le roi , las des tiraillements intérieurs que les querelles religieuses causaient a son gouvernement, résolut d'y couper court une fois pour toutes. Le clergé de Paris refusait aux jansénistes malades les derniers sacrements s'ils ne présentaient pas de billets de confession. Et comme pour en obtenir des curés il fallait adhérer à la bulle , grand était l'embarras pour les appelants. Le parlement, chose étrange à notre point de vue, fit emprisonner un curé qui avait cru devoir refuser Tex^
(1) La famille Grasset est fort ancienne dans le diocèse d'Auxerre. On la trouve à Aaxerre dès le commencement du xiu - siècle ; mais à coap sûr à partir de 1523 y suivant la coutume de cette ville. M. EsaU Grasset était alors seigneur de Corbelain, en Nivernais. Ses descendants^ très-nombreux, ont occupé des fonctions judiciaires et ecclésiastiques dans le diocèse et le comté d'Auxerre Jusqu'à la fin du dernier siècle. M François Grasset; chanoine de la cathédrale et l'un des vicairesgéaéraux chargés de régir le diocèse après la mort de M. de Gaylus, était né en 1690. Il prit une grande part à li composition des livres liturgiques ordonnée par M. de Caylus, et se signala aussi par son dévouement comme administrateur de l'hôtel-dieu. Il est mort en 1764.
1751 h I7fl0.
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trême-onciion ; on vit d'autres fois les exempts escorter le saint-sacrement qu'on portait par arrêt aux malades. La résistance de ce corps, aux ordres du roi sur ce point, causa son exil. Cependant, Louis XV espérant le ramener par la douceur, consentit a son rappel et donna, en même temps, le 2 septembre 1754 , une déclaration qui devînt célèbre et par laquelle il annula toutes les poursuites commencées au sujet de la bulle. Le bailliage d'Auxerre enregistra cet acte le 12 du même mois et le fit afficher dans la.ville.
M. Jacques-Marie de Garitat de Gondorcet, évéque de Gap, ancien officier de cavalerie, neveu de M. d'Yse de Saléon , évêque de Rhodez, fut choisi par Tancien évéque de Mirepoix pour succéder ^ M. de Gayios. G'était tout l'opposé de ce dernier. M. de Gondorcet, d'un commerce fort agréable et d'une exquise politesse dans les relations ordinaires, aimant un peu trop l'apparat, selon un historien (1), était connu par soo obéissance, militaire pour ainsi dire, h la bulle. Son zèle était ardent et ne connaissait point d'obstacles. Mais le clergé de son nouveau diocèse allait lui en créer de sérieux.
Nommé à Févêché d'Auxerre au mois de juin 1754, il reçut du Ghapitre une lettre pleine de déférence où ce corps l'assurait qu'il avait confiance que Dieu lui donnerait, eu sa personne, un évéque selon son cœur. M. de Gondorcet répondit de manière k satisfaire le Chapitre. Ge ne fut cependant que plus de six mois après, le 28 janvier 1755, que le Ghapitre reçut avis de. l'arrivée du prélat. Il annonçait qu'il envoyait l'abbé de l'isle pour prendre possession de l'église d'Auxerre en son nom. En effet, le lendemain l'abbé présenta au Chapitre les bulles de translation de M. de Gondorcet, de l'évéchéde Gap à celui d'Auxerre , et prit possession à l'issue de vêpres. Deux heures après, M. de Gondorcet descendait h l'évêché. Le Chapitre, informé de son arrivée et conduit par M. Huet, grand archidiacre, à défaut d'un doyen» dont il était privé depuis 1746, se rendit au palais le 30. La réception fut assez embarrassée : aux protestations dedévouenieni du Ghapitre, l'évêque répondit assez froidement, tout en assurant de ses bonnes intentions et de ses désirs de bonne harmonie. La céré-
[\) Mémoires sur Gap.
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monie d'intronisalioD eut lieu le dimanche suivant, 2 février, par ^754 >, ^qq, H. de Yillebreuil, grand-archidiacre de Sens, accompagné de deux cbanoines de la métropole. Le 8 avril, M. de Condorcet prêta en personne serment d'obéissance à son métropolitain. Le premier soin de M. de Condorcet avait été de se débarrasser des soucis de la régie et des détails de l'administration de son temporel. Dans cette vue, il avait fait nn bail général des revenus del'évéché, le 20 janvier 1755, lorsqu'il était encore à Paris.
On ne tarda pas à pressentir les dispositions religieuses du nouvel éTéqne. Il refusa d'abord , sous prétexte qu'il n'avait pas encore d'habit de chœur, c'est-à-dire la chape et le camail, d'assister à l'oifice de la Purification dans la cathédrale. Il passa le carême et les fêtes de Piqaes à Âuxorre sans entrer dans son église, affectant d'être malade le jour de cette dernière solennité. Les prétextes pour ne pas communiquer avec ses chanoines, qu'il regardait tous, à l'exception de deux CD trois, €omme hérétiques à cause de leur appel de la Constitution, n'étaient pas difficiles h trouver. Il se retrancha surtout sur ce que le Chapitre ne lui communiquait pas le cérémonial qu'il devait observer à son égard. Cet état de choses devait empirer de plus en plus.
H. de Condorcet se voyant entouré de toutes parts d'un clergé janséniste et dans un diocèse qu'on appelait le refuge des pécheurs (1), s'irrita et ne sut pas toujours garder de mesure dans ses actes. La résistance qu'il rencontra redoubla encore son impatience et le poussa à des efforts qui marquaient plus de zèle que de prudence.
L'abbé de l'isle, abbé de Cloissone au diocèse de Gap, et doyen de la cathédrale de cette ville, nommé son vicaire-général dès le surlendemain de son arrivée, servit activement &es projets. L'historien de Fépiscopat de M. de Condorcet, le dépeint sous des couleurs fort noires et l'accuse d'être d'un caractère dur et inflexible, voulant tout faire plier sous sa domination. L'éiablissement d'un registre pour la soQscription du Formulaire, parut au nouvel évéque une des premières choses a faire pour empêcher les progrès du jansénisme dans le clergé.
, (1) Les prêtres exilés ou qui abandonnaient les diocèses où le Jansénisme était ; persécDté, s'étaient retirés en grand nombre dans celui d'Auxerre.