‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 65 sur 122 · U. DE GONDORCET, CENT QUATRIÈME ÉVÊQUE D*AUXERRE · texte numérisé non relu

U. DE GONDORCET, CENT QUATRIÈME ÉVÊQUE D*AUXERRE

17&4 il 1760. prédications. La majorité des chanoioes de la collégiale étant opposée auï Jésuites, il éclata une division déplorable. La ville deDonzy, qui venait de perdre son curé, fut également exposée au scandale. On vit un nouveau pasteur refuser les sacrements à une dame. Le bailliage d'Auxerre y décréta de prise de corps un vicaire; le même fait eut lieu à Varzy.

En 1760, M. de Condorcet fit la visite des paroisses de son diocèse. Il essaya encore de déraciner Tesprit janséniste si bien implanté par M. de Gaylus. Mais les curés lui opposèrent une force dlnertie invincible. On rapporte qu'étant à Gien et visitant Téglise Saint-Louis, il reçut, de la part de quelques habitants, des plaintes contre leur curé. Les partisans de celui-ci voulurent le défendre. De là grand bruit qui obligea Tévéque à se retirer tout effrayé du tumulte.

Le chanoine Blonde, dans son recueil resté manuscrit, raconte fort en détail la réception que fit le prélat aux curés de Fouronnes et de Fontenailles, lorsqu'ils conduisirent à Gourson, pour être confirmées, quelques-unes de leurs ouailles seulement , tandis que le curé de Gourson en amena plus de 500. « Voyons ce petit nombre d'élus de Fontenailles » , dit ironiquement Tévéque. Il continua dans cette disposition a interroger les néophytes, et tança vertement le curé de Fouronnes, qui soutenait selon lui des erreurs condamnées par l'Eglise. A Yermanlon ce fut encore pis. Le curé , qui était zélé janséniste, fut rudement mené, ainsi que le maître et la maîtresse d'école.

Gette tournée fut la visite d'adieu de M. de Gondorcet. Désespérant de faire aucun bien dans le diocèse, il songea à quitter Auxerre pour le siège de Lisieux. Gette afiaire fut traitée dans le plus grand secret. Le 1" décembre 1760, un arrangement fut signé entre lui et M. de Gicé, évéque de Troyes, qui devait lui succéder. Le ministre y donna son approbation. Ge ne fut toutefois qu'au mois de mars suivant que le changement fut connu. On verra dans le chapitre suivant Cv)mment son successeur fut installé.

Il se passa dans le diocèse, pendant le court épiscopat de M. de Gondorcet, peu de faits intéressants concernant les communautés religieuses. Le 50 juillet 1757, le Gbapitre cathédral députa quatre chanoines pour assister b la pose de la première pierre du pont de Gravan.

M. DE CICÉ, CENT CINQUIÈME ÉVÉQUE d'aUXERRE. 549

Les frais de celle cérémonie coulèrent 505 liv. Ce corps, qui ne 1754 ^ 1760. perdait de vue aucun de ses droils, fil encore respecler sa juridiction dans le cloiire , lorsqu'en 1759 les officiers municipaux voulurent y exercer la leur. Ce fut dans celle même année qu'eut lien la pose de la première pierre de la nouvelle église du monastère de Reigny. Il y avait déjh longtemps que Tancienne avait été ruinée par les retires du due de Bouillon. On y avait Fait quelques réparations depuis, mais l'infiltration des eaux de la Cure l'avait complètement dégradée.

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