‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 71 sur 122 · ÉVÉQUE DB TROYES · texte numérisé non relu

ÉVÉQUE DB TROYES

Le 18 vendémiaire an xi, tous les curés du département se réuni- im, rent à Auxerre et prélèrenl serment entre les mains du préfet pendant la messe paroissiale de Saint-Etienne , conformément au nouveau concordat (1).

Les théophilanthropes furent définitivement privés des églises et des autres édifices nationaux par ordre du ministre de la police générale du 17 vendémiaire an x (9 septembre 1801). Le préfet prit des mesures en conséquence : ceux d'Âuxerre virent disparaître les emblèmes qui remplissaient une partie de l'église Saint-Eusèbe et Ton n'entendit plus parler de ces mystiques.

Certaines paroisses furent encore, dans les premiers temps du rétablissement de l'ordre, agitées par des débats entre le curé constitutionnel qui avait conservé ses partisans et Tancien curé qui rentrait de Texil ou sortait de sa retraite.

La paroisse de Treigny fut particulièrement divisée pendant longtemps sur ce point. Un sieur Chabrol, prêtre du diocèse de Vaison, marié pendant la Terreur, qui s'était installé a Treigny en l'an iv, y avait de nombreux partisans, lorsque revint le curé Pautrat, qui était envoyé légalement par M. Viart. Le débat aigrissant les esprits , M. de la Bergerie, alors préfet prit, le 18 thermidor an ix, un arrêté qui ordonnait l'expulsion de M. Pautrat. Cependant, le ministre des cultes Portalis, informé, fit au préfet des observations sur la moralité de son protégé. M. de la Bei^erie avoua qu'il en était peu édifié , mais il se retrancha derrière des apparences de légalité. L'organisation régulière du diocèse par M. de Noé mit fin à ces désordres et M. Pautrat fut rétabli dans sa cure» qu'il desservit jusqu'à ces dernières années.

 peine le diocèse commençait-il à se réorganiser que la mort vint frapper son illustre chef, pour qui le premier consul avait demandé au pape le chapeau de cardinal. M. de Noé mourut le 22 septembre 1802.

(1) La formule du serment avait été arrêtée de concert entre les deux autorités civile et religieuse.

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