‹ Mémoires, contes et autres œuvresChapitre 24 sur 64 · LES FÉES · texte numérisé non relu

LES FÉES

11 était une fois une veuve qui avait deux filles : l'aînée lui ressemblait si fort et d'humeur et de visage, que, qui la voyait , voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses , qu'on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son père, pour la douceur et l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable , cette mère était folle de sa fille aînée , et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la cuisine , et travailler sans cesse.

Il fallait, entre autres choses, que cette pauvre enfant allât, deux Ibis le jour, puiser de l'eau à une grande demilieue du logis, et qu'elle en rapportât plein une grande cruche. Un jour qu'elle était & cette fontaine, il vint à elle une

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