‹ Mémoires, contes et autres œuvresChapitre 47 sur 64 · LE CHIEN, LE COQ ET LE BEKARD · texte numérisé non relu

LE CHIEN, LE COQ ET LE BEKARD

Le chien, avec un coq, entreprît un voyage ; D'abord , dans un même arbre ils passèrent la nuit;

Le coq monta sur le plus haut branchage , Le chien dans le tronc creux établit son réduit.

Dès le matin, le coq fit son ramage ; Aussitôt un renard, de bonne heure éveillé, Vint à lui, le pria de vouloir bien descendre, Disant que de son chant, surpris, émerveillé,

Plus longuement il ne pouvait attendre, Qu'il voulait embrasser l'aimable musicien Qui venait de chanter, et de chanter si bien. Le coq, qui reconnut sa louange traîtresse,

Lui dit, avec la même adresse :

Je n'ai pas de plus grand désir

Que de vous donner du plaisir ;

Mais, si vous voulez que je sorte,

Il faut éveiller le portier,

Afin qu'il nous ouvre la porte ;

Oserais-je vous en prier?

Le chien, au premier coup, sortit de sa demeure. Le malheureux renard pensa mourir de peur ; 11 fuit, le chien le prit et l'étrangla sur l'heure.

C'est le vrai droit du jeu de tromper le trompeur.

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