LETTRE RU ROI
«Seigneur cavalier Bernin, je fais une estime si particulière de votre mérite , que j'ai un grand désir de voir et de connaître une personne aussi illustre , pourvu que ce que je souhaite se puisse accorder avec le service que vous devez à notre Saint Père le pape , et avec votre commodité particulière. Je vous envoie en conséquence ce courrter exprès, par lequel je vous prie de me donner cette satisfaction, et de vouloir entreprendre le voyage de France t prenant l'occasion favorable qui se présente du retour de mon cousin le duc de Créqui , ambassadeur extraordinaire, qui vous fera savoir plus particulièrement le sujet qui me fait désirer de vous voir et de vous entretenir des beaux dessins que vous m'avez envoyés pour le bâtiment du Louvre; et du reste, me rapportant à ce que mondit cousin vous fera entendre de mes bonnes intentions. Je prie Dieu qu'il vpus tienne en sa sainte garde , seigneur cavalier Bernin. Signé Louis.
« De Lionne. A Paris , le 11 avril 1665.»
Une lettre à peu près semblable fût écrite au pape et au cardinal Ghigi , et fut portée par l'abbé Benedetti.
C'est une chose qui n'est pas croyable que les honneurs que l'on fit au cavalier Bernin. Quand M. de Créqui alla prendre congé du pape, colla solita pompa, il alla ensuite chez le cavalier Bernin, colla mede$ima, le prier de venir en France; et quand il partit de Borne, toute la ville fut dans une grande alarme , à ce que l'on dit , pour la crainte que l'on avait que le roi ne le retint en France pour toujours.
Dans toutes les villes où il passa , les officiers eurent ordre de la part du roi de le complimenter, et de lui porter les présents de la ville. La ville de Lyon même , qui ne rend cet honneur qu'aux seuls princes du sang , s'en ac-