Livre vert, xxr11 bis, n
Le ministre des affaires étrangères "fit rédiger un mémoire détaillé (15jan-| vier) dans lequel, considérant l'obligation morale qu'a l'Italie de ne pas, abandonner les positions déjà occupées, et par suite de conserver le Tigre, on propose deux solutions :
1° Ou bien pousser l’occupation au sud jusqu’à la ligne Debra Tabor- Magdala ;
2° Ou bien occupation du Harar. Livre vert, xxrrr bis, n° 313.
4. Livre vert, xx111 quater, Amba Alagi-Macallé, page 21, annexe 19.
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Chaque lettre, chaque nouvelle, chaque communication verbale ou écrite du gouverneur de l'Érythrée avec les chefs abyssiniens (et surtout avec ras. Maconnen) avait pour but d'inspirer la crainte des mesures que pouvait prendre le gouvernement italien et de montrer les avantages que retireraient ces chefs en se montrant favorables à nous.
La plus élémentaire prudence conseillait de le faire. Mais si les paroles — évidemment intéressées — trouvent peu de créance dans les relations diplomatiques européennes, elles en trouvent encore moins chez les Abyssiniens, qui, même entre amis, sont fidèles à ce principe : « La parole a été donnée pour cacher la pen- Sée. » Aussi nous devons prendre comme règle de conduite de parler et d'écrire avec une grande pondération, pour ne pas faire croire le contraire de ce que nous voulons obtenir.
Il est bien certain que, pour éveiller des inquiétudes et faire naître des hésitations, dans le camp choan et dans le Harar, le bruit que trois navires avaient jeté l'ancre devant Zeila aurait plus fait que toutes les paroles du gouverneur ou les phrases du ministre. Dans le cas présent, la nouvelle alarmante, pour faire plus d'impression, devait arriver à ras Maconnen et au negus neshesti Ménélick, de Zeila, par le Choa, et non du camp italien, par le Tigré; cette menace contre le Harar, dirigée sur les derrières de l’armée éthiopienne, aurait pu fournir à ras Maconnen un Motif pour ramener son contingent dans son pays, et pour insisler dans ses propositions pour la paix, vis-à-vis des adversaires qu'il avait et qu'il a encore, en grand nombre, à la cour de l’empereur, parmi les chefs politiques et militaires qui toujours incri- Minaient toutes ses intentions.
Aussi, à la date du 15 janvier, pendant la résistance de Macallé et Parrivée des premiers bataillons à Adigrat!, je revenais sur la proposition d’une opération contre le Harar, par un télégramme que j'adressais au président du conseil, car de nouvelles forces italiennes débarquées dans l’Érythrée auraient augmenté les difficultés logistiques, sans augmenter nos forces, sur l’échiquier taclique, d'une facon qui compensät, méme de loin, ces difficultés. &Le débarquement à Zeila, en dehors de l’effet moral produit sur les Choans, pourrait aussi décider, d’une part, les Dancalis à