Livre vert, xxr11 bis, n
s’avancer vers le Harar, et d'autre part les Somalis à s’unir à nous. contre les Choans, ou, tout au moins, à nous fournir les moyens. de transport, » c’est-à-dire les bêtes de somme indispensables pour une opération quelconque, même sur une petite échelle, con=« ire un pays aussi éloigné de la côte que le Harar. « Commencer les préparatifs sur une vaste échelle constituerait déjà une dé monstration ayant une certaine efficacité sur l'esprit du negus et de Maconnen. » J’expliquais également les moyens de conduire l'opération, de Zeila, par Ghildessa, contre le Harar. "A
Mais la diversion par Zeila n’était pas autorisée par l'Angleterre
Et pourtant, au palais de la Consulta, on devait penser depuis longtemps à l'occupation du Harar; pourtant nous avions étés larges de concessions aux Anglais, surtout en Afrique et sur le erritoire même des Somalis, en leur laissant tout l'Æinterland. auquel ils prétendaient; pourtant, au palais de la Consulta, on. semblait certain de la condescendance anglaise, et le ministère m'en avait donné l’assurance formelle; pourtant nous nous trouvions dans des conditions de guerre ouverte avec le seigneur du Harar et avec l’empereur Ménélick, alors qu’une autre guerre« nous menaçait à l’autre extrémité de nos possessions coloniales, au moment où — de l’aveu même du gouvernement anglais —nous rendions le plus grand des services militaires et politiques, con: tre les Derviches, à l'occupation anglaise en Égypte.
Le ministère des affaires étrangères eut alors (18 janvier), pen” dant un moment, l’idée d’une diversion par Obbia! {[télégramme 322 du livre vert); mais, ainsi que je le disais le lendemain, 19 janvier, ce n’était certes pas une entreprise à laquelle il fallait s'arrêter. L'homme qui la proposait (un certain Abdahlah Erer, venu aussi à Adigrat, sur un appel de moi) n'avait aucune lettre
de créance du sultan, Et même, l’année auparavant, il avaït subi de la prison pour avoir été soupçonné d’avoir falsifié plusieurs lettres. Et puis, convenait-il d'envoyer de Massaoua un persons nel indigène, avec des armes en abondance, sur une côte qui en
4. Obbra ou Obia, dans le sultanat du même nom, au sud du 6° de latitude nord, sur la côte de l’océan Indien, dans le pays des Migiurtins. Cette côte, depuis quelques années, appartenait à l'Italie par des contrats passés avec des souverains locaux. Il y a peut-être 900 milles d’Obbia au Harar, à travers un pays tout à fait inconnu.