Livre vert, xxr11 bis, n
Le 24 février, on exécuta une démonstration offensive vers. Adoua, avec 14 bataillons et 6 batteries formés sur trois colonnes,
ainsi que l'exigeaient le terrain et la répartition des forces sun
notre position retranchée.
Comme je l'ai déjà indiqué, les hauteurs de Sauria s'étendent. au nord-ouest du mont Augher et se relient à ce massif par des
ressauts, des rochers et des arêtes très peu praticables, que gardaient des indigènes à notre service.
Au sud, à gauche, est la hauteur de Sauria proprement dite
(laquelle a donné son nom à toute la position). Cette position est très forte au point de vue défensif, bien qu’elle soit coupée en plusieurs parties et peu profonde. Elle était occupée par la bris gade indigène et par une grande partie des bandes.
Au centre, la hauteur d’Adi Dichi est plus large et mieux déliz mitée ; elle domine fort bien tout le terrain avoisinant. La 1"° bri* gade (Arimondi) y campait, et un peu plus en arrière se trouvait
la 3° brigade (Ellena). Devant le front, un éperon placé à la des=
cente du col de Zala était couronné par 6 batteries de montagne:
Au nord {droite), se trouve le col de Zala, par où passe la route principale d’Entiscio à Adoua; plus à droite encore se trouve le mont de Zala. Le col et le mont étaient occupés par la 2° bris gade (Dabormida), avec le bataillon de milice mobilé indigène, sous le commandement du major De Vito, à l’extrême droite, vers l’église d'Enda Gabriel.
Le quartier général était vers le centre droit, près des ruines du village d’Adi Dichi, non loin de la route dont on parle plus haut, qui fait face directement à la position de Gundapta. Le commandant en chef était en communication, par des appareils optiques, avec les ailes de la position et même avec les postes d'observation placés sur quelques hauteurs en avant.
D'un léger col qui détermine à peu près la séparation entre la hauteur proprement dite de Sauria et celle d’Adi Dichi, s'é= tend à l’ouest, vers les monts de Gundapta, un éperon qui cons: tue en même temps la ligne de partage des eaux entre le bas= sin du Bélésa (Mareb) et celui de l'Ueri (Tacazzé) et qui finit par former une montagne aux parois abruptes et aux contours marqués. Ce mont ést connu plus ou moins, dans la région, sous le
1. Voir De Sauria à Adoua, esquisse démonstrative, jointe au chapitre
nom d'Adi Cras (qu'il ne faut pas confondre avec le village d'Adi | Cheiras); il a à l’ouest-nord-ouest les monts Gundapta, nord le mont de Guldam, — au sud-ouest le mont de Zatta. En
au
outre, d'Adi Cras, — très bien en vue, de la position de Sauria, — s'alignent, nus et hardis avec leurs formes anguleuses et leurs parois à pic, du sud au nord, le mont Semaiata et le mont Raio; plus à droite, vers le nord, ne se détachant pas aussi bien sur Phorizon, se trouvent les monts Esciascio. Les monts qui s’élèwent à l’est d’Adoua sont cachés par cette chaîne.
Or, le 24 février, la plus grande partie du corps d'opération S'avancça pour faire une démonstration offensive vers Gundapta, en deçà et au delà de l’éperon d'Adi Cras et sur l’éperon même. La colonne de droite {brigade Dabormida) partit du col de Zala ét se porta, par la combe de Guldam, à l’ouest du mont d’Adi Gras, près le village d'Adi Cras, où elle se réunit avec la co-
Honne de gauche formée par la brigade indigène {général Alber- Lione). Pendant ce temps, la colonne centrale (général Arimondi) constituait la réserve, près du mont d'Adi Gras. Nos troupes restèrent en position au delà d’Adi Gras et du Guldam et sur l’Adi Cras lui-même jusqu’à la nuit avancée; puis elles rentrèrent dans leurs campements, après avoir vu de loin les foules ennemies. Le lendemain (25), en rendant compte au ministère de la démonstration offensive, je faisais savoir que l'ennemi avait rappelé, du Mareb, ras Alula, ras Mangascia et ras Olié'. Le même Ljour, je télégraphiais au ministère la victoire du colonel Stevani, "à Mai Maret, gagnée le 25 sur les hordes rebelles avec deux bataillons de bersagliers, deux compagnies du 17° bataillon d'A- (rique (blanc), deux compagnies du 7° indigène (major Valli) et la 3° batterie. Pendant ce temps, le colonel de Boccard arrivait le 26 à Mai Maret avec 1,250 Italiens, force réellement suffisante {avec le 17° bataillon à Barachit et 360 indigènes sous les ordres du capitaine de Bernardis) pour garder la ligne d’opération contre les bandes insurgées de ras Sebath, battues et chassées de Mai Maret dans les montagnes du sud. Par suite, le colonel Stevani, avec sa colonne mobile et le 7° bataillon indigène, put être rappelé à Sauria, où effectivement 1l arriva le 27. Le 26? encore, on annonçait — et cela paraissait possible —