‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 125 sur 156 · Id., ibid., n · texte numérisé non relu

Id., ibid., n

une attaque contre nous de la part de l ennemi, in . dans les Rens d’'Adoua. Hi

vantes :

1% brigade Afimondi!,, 2". 2,900. hommes.

Fu De — Dabormida... 3,000 3° — Ellena.. À ; 3,300 dféehe : et k Danse 8,300 Batteries de montagne. 1,200 Les à tir rapide. .....

sindigènes.;3, ere Quartier génér. et autres services.

Torar, 4,500 MODS

Dans la nuit, une batterie devait arriver à Sauria!. Voici le effectifs sur les communications de l'arrière Sauria-Sénafé :

À Mai Maret, le régiment de Boccard ..... 1,250 hommes. À Barachit, le 17e bataillon: ....... c | À Cascassé, le capitaine de Bernardis AAdigrat, 6fhéiers; Me

— troupes blanches,

TU #14 indigènes : 2060

Le bataillon de chasseurs d'Afrique, avec son commandan major Prestinari, venait d'arriver, à ce moment-là, à Adigra | Jamais le corps d'opération n'avait été aussi nombreux qi 29 février, et, pour les raisons tant de fois exposées, on ne vait pas, dans une position avancée, en avoir un plus nomb Depuis qu'il était dans la position de Sauria, il avait ses d res el sa ligne d'opération mieux gardés que jamais, et

1. Livre vert, xx11x1 bis, n° 497, 2. Voici les effectifs dans le reste de la colonies :

900 Italiens. 250 indigènes.

TON 450 Agordat}. HAN EON es 1,250 Gassala:. 1) 22100 1,445 725 860 Adi Quala...…. 1,550 Saganeiti,... 700 145 {be Adi Caié..... 600 . 100

(livre vert, XxIIT bis, n° 481).

qu'il résulte des déclarations de tous les témoins du procès de lAsmara et comme c'est naturel) l'esprit militaire n’avait jamais été plus élevé, ni la troupe plus prête à l’action. +

On avait remédié à tout ce qui était remédiable, et l’on ne pouvait rien espérer de plus. Les compagnies improvisées avaient vécu ensemble, au camp, pendant plusieurs semaines : elles s'étaient un peu habituées à la nature des lieux, aux marches à travers les âpres sentiers, aux mouvements et aux manœuvres avec les troupes indigènes. Les officiers, dans leurs longues reconnaissances, s'étaient formé l’œil au terrain, et ils désiraient se mesurer avec l'ennemi, dont on faisait, en général, peu de cas, à cause de ses disparitions continuelles derrière les montagnes. Le terrain en avant était connu, d’une façon générale, au delà d'Adi Cras et de Zatta. On semblait être dans les meilleures conditions pour un bond en avant, bond qui nous aurait ouvert une autre voie de communication avec la colonie : la voie du Gundapta, par le Bélésa, au Scimenzana et à l’'Oculé Cusai: et par suite la voie par Adis Adi et par Adi Ugri, avec ravitaillement à Adi Ugri et à l’Asmara. Un bond en avant vers la position de Gundapta ou vers les points avoisinants nous aurait remis en contact avec l'ennemi, et surtout {dans les conditions où l’ennemi semblait être et dans lesquelles il était effectivement en partie) nous aurait offert l’occasion de déterminer la dispersion de ses forces ou d'obtenir, par les armes, une solution honorable.

Tout corps d'opération nombreux qui opère dans les montagnes, à des centaines de kilomètres de sa base d'opération, traîne avec lui l'énorme embarras des convois, qui, comme un polype, lenlace et l’attache au sol, en brisant son élan et sa vigueur.

Le chef de l’intendance, le lieutenant-colonel Ripamonti, aidé par plusieurs ofliciers, avait déployé tous ses soins pour que le Service ne subît pas de retard. Le vice-gouverneur, le général Bamberti, avait, lui aussi, envoyé partout acheter des animaux de transport de toute espèce, en aussi grande quantité que possible. Mais rien ne pouvait résister à une aussi longue et aussi Tapide usure. Les animaux mouraient par centaines, soit par excès de travail, soit à cause des routes détestables, soit à cause des mauvais traitements, soit à cause de la différence de climat entre la zone basse et la zone haute ; dans cette dernière zone les

chameaux souffrent au delà de toute expression. Le personnel européen n'était pas préparé, il était inhabile à ce service, et le personnel indigène, composé d'hommes du chitet, était insuffisant pour tout. Les animaux étaient mal chargés et mal nourris. Bien des fois on exigeait d'eux une vitesse de marche excessive, souvent on les laissait manquer d’eau. Les officiers venus en Afrique, sur leur demande, pour mener les troupes au combat contre les Amabhras, impatients de montrer leur bravoure, considéraient en général ce service désagréable, difficile et plus compliqué en Éthiopie que partout ailleurs, comme inférieur à leur mission, comme contraire au but pour lequel ils étaientvenus en Afrique, .…

et parfois, oubliant qu'ils étaient le rouage le plus important de

la machine de guerre, ils ne déployaient pas tout leur zèle et ne maintenaient pas énergiquement la discipline; souvent, et surtout aussi, leur bon vouloir se brisait contre des obstacles et des embarras très sérieux, par exemple leur ignorance de la langue et des coutumes, leurs connaissances nulles, en théorie comme en pratique, sur les transports. Les soldats employés aux convois, peu surveillés, mêlés au chitet (c’est-à-dire à la milice du

pays, moins disciplinée et point encadrée), pris au hasard ou

parmi les plus débiles, parmi les moins disciplinés ou les moins aguerris, sans levier moral pour les soutenir, sans un organisme qui permit à des chefs de les manier et de les diriger vers le but, commettaient fréquemment des abus de pouvoir à l'égard des conducteurs indigènes, qui, de temps en temps, profitaient

de la conformation embrouillée du pays pour fuir avec leurs

animaux dans les montagnes.

« Au moment de son arrivée à Adi Caié (23 janvier), l’intendance aurait dù trouver à sa disposition environ 5,000 chameaux: En rassemblant les situations, le 25, on en trouve à grand peine 2,300. Alors que pour assurer journellement le nécessaire, le simple, le strict nécessaire au corps d'opération, il en fallait au moins 3,000 en avant d'Adi Caïé. Trois jours après, les 2,300 étaient devenus 1,700!. »

La voie principale de réapprovisionnement était celle de Maïo;

1. Notes et Considérations sur le service de l’intendance pendant la campagne d'Afrique de 1896, par le lieutenant-colonel Ripamonti, dans le Rap= port sur les opérations militaires de la seconde période de la campagne d'A=

frique.

par Adi Caié-Sénafé-Mai Maret-Sauria. Nous en avons déjà parlé ; mais il est peut-être bon d'y revenir un peu.

En partant de Massaoua, la route traverse Archico, où l’on avait formé alors un gros dépôt de tout ce qui est nécessaire à la guerre; puis elle se déroule à plat, à travers les champs d’Archico et les sables du Samhar ; elle pénètre encore dans un terrain aride et chaud, en montant lentement au plateau de Hidol : puis, après l'avoir dépassé, elle continue jusqu'à Maio par la vallée de l'Haddas. De Massaoua aux puits de l’'Haddas (environ 38 kilomètres), il y a partout des pâturages pour les chameaux. A partir de l'Haddas on trouve, en hiver et en été, de l’eau en quantité variable suivant les années et l’état plus ou moins avancé de la saison.

Après avoir parcouru, à partir des puits d'Haddas, environ 12 kilomètres, — en remontant le cours de l’Haddas, — on rencontre la station d’Ilalia, où les caravanes peuvent s’abreuver. On est déjà entré dans la région montagneuse des Assaortas. D’Ilalia à Maio, en suivant les sinuosités décrites par le torrent, il y a 30 kilomètres environ. À Maio, ancien marché abyssinien, ancien poste de la douane italienne, il y a de l’eau même pendant la saison sèche. D'un côté [ouest), les monts d’'Halaï surplombent sur Maio, avec une différence de niveau d’à peu près 1,500 mètres ; d’un autre côté (sud-est), s'élève le plateau de Coaito, dont altitude n’est pas moins considérable. La route remonte sur une longueur d'environ 24 kilomètres et franchit une différence d’altitude d’environ 1,000 mètres, pour arriver à Adi Caié, nœud ‘fortifié de routes de montagne.

Adi Caié (2,365 mètres) domine les sources de l'Haddas et défend non seulement la communication la plus directe que nous Yenons de décrire, mais encore les deux routes qui, en traversant les montagnes de l’Oculé Cusai, viennent de Saganeiti et offrent précisément d’autres voies secondaires de réapprovisioninement et de communication avec l’Asmara et avec Massaoua. ID'Adi Caié, la vue s'étend largement en cercle vers les monts de Sénafé, vers Coatit et vers la mer. Adi Caié est proche de Poconda, point d’eau et position bonne au point de vue tactique. D'Adi Caié à Sénafé, en suivant les sinuosités du sentier qui se déroule à plus de 2,400 mètres au-dessus du niveau de la mer, il y a à peu près 22 kilomètres. Entre Toconda et Sénafé, s'ouvre

JR

le passage de Cascassé, où le sentier descend brusquement au

milieu des roches boisées et franchit, entre deux déclivités im-

praticables, un étroit passage, puis monte au col d'Amba Tarica Le col et le passage étaient gardés par le capitaine de Bernardis

avec environ 360 indigènes.

À partir de Sénafé, le long de la crête du haut plateau, là

route a de longues portions en terrain plat et elle devient meiïl-

leure. Elle peut être défendue avec des forces peu considérables,

parce que les attaques possibles (même dans un pays révolté

sont limitées à certains points déterminés, et les surprises ne« sont pas faciles contre quelqu'un qui sait se garder autour de lui

À 12 kilomètres de Sénafé est le poste de Barachit, où se… trouvait le 17° bataillon blanc. Après Barachit, par le défilé de Gunaguna, on arrive sur le haut plateau de Ghelaba. En bass

est Mai Maret; cette station, abondamment fournie d’eau, avait

pris une grande importance pour nous, après le changement de notre front d'opération. En effet, c’est le point d’où se détachent

deux voies : une qui continue vers Adigrat, l’autre qui descend.

vers Debra Damo et remonte ensuite vers l’Entiscio. De Barachit.

à Mai Maret il y a environ 22 kilomètres. Et puis Mai Maret, pré

cisément parce que d’autres routes viennent y aboutir, constituait, le pivot de la défense contre les hordes de ras Sebath et d'Agos Tafari, qui, s'étant réunies, avaient attaqué, le 25, Mai Maret. À Mai Maret il y avait le régiment de Boccard. De Mai Maret, par

Debra Damo, à la position de Sauria, il y a environ 36 kilomè=…

irons

Le couvent de Debra Damo est sur une amba, c’est-à-dire sur un plateau élevé en forme de table de médiocre étendue; mais ses parois sont si raides que l’on ne peut y monter qu'en se faisant tirer par des cordes. Toutefois ce couvent pouvait être bombardé par nos canons. Le prieur de Debra Damo, hommeà l'esprit subtil, autrefois chaud partisan de ras Mangascia et à ce

4. De Massaoua à l’Haddas..... 88 kilomètres. es llatarrs ii Me 50 — ae Matos taie 80 — Es Adi Caïé..... 104 — ‘ Ve Sénafé ...... 126 LS Barachit..... 138 —

ue Mai Maret.... 158 — Er BaUrIA NE Le 186 —

moment plein d’égards pour nous, avait été pris en otage par le colonel Stevani.

Au camp de Sauria, il y avait des vivres pour plusieurs jours, surtout en animaux de boucherie, en remplaçant {sans inconvénient pour l'hygiène) une espèce de denrée pour une autre eten faisant vivre les ascaris en achetant, dans les villages plus ou - moins éloignés, des denrées en usage chez les paysans éthiopiens. Mais l’intendance déclarait qu'elle ne pourrait plus dorénavant approvisionner le corps d'expédition. Par suite, il fallait soit battre en retraite sans attendre davantage, soit faire un mouvement rapide qui fit sortir l'ennemi de son inaction, ou fût la poussée amenant la dispersion de ses forces.

Voici comment, au 28 février, sous le rapport des mouvements militaires, se présentait la question des vivres! :

1° Pour une opération immédiate de deux ou trois jours, vivres en quantité suffisante ;

2° Pour une opération retardée, vivres insuffisants;

3° Pour une défense prolongée à Sauria, vivres insuffisants ;

&° Pour un mouvement en avant ayant réussi, concours probable du magasin d'Adi Ugri, aidé à son tour par les dépôts de l’'Asmara, et ouverture d’une nouvelle voie de ravitaillement.

1. Pour les vivres, il faut rappeler les dépositions du lieutenant-colonel Ripamonti, du lieutenant Peroni, du colonel Valenzano, etc., faites devant le tribunal de l’Asmara.

2. Voir Notes et Considérations sur le service de l'intendance, ouvrage cité plus haut. « Au milieu des difficultés et des embarras du moment, j'étais soutenu par l'espérance que l’on atteindrait vite Adoua et que l’on rouvrirait la voie de réapprovisionnement d’Asmara par Adi Agri, directe, plus courte et bien plus commode que la précédente, qui était longue, tortueuse et difficile. » Voilà ce qu'écrit le colonel Ripamonti.

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