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De Sauria «à Æntzax ? heures enar. Ch. XXXI
Il était évident que comme je ne voulais pas aller buter contre les masses ennemies, le mouvement en avant aurait dû se limiter È {ainsi que l'ordre en avait été donné) à la première position, c’est-àdire à la ligne entre le Semaiata et le mont Esciascio, ligne qui est traversée, à droite et à gauche du mont Raio, par les deux routes franchissant deux 1588 Il n’y avait pas à présumer que je voulusse occuper la seconde position, pour attaquer de là l'ennemi dans la combe d’Adoua, éloignée de 35 kilomètres de “Sauria, et par suite hors de portée d’une marche, surtout avec des ‘troupes blanches. L'ordre fut rédigé, dans la matinée du 29 fé- “rier, sous la tente du commandant du corps d'opération, après avoir recueilli le plus de renseignements possible sur le pays et Sur les communications, auprès des officiers {capitaine Barbanti, lieutenant Lucca, lieutenant Partini, lieutenant Sapelli) qui conmaissaient le pays et auprès des natifs, ascaris et chefs indigènes. “cet ordre fut rédigé en collaboration avec le chef et le sous-chef “d'état-major; il était complété par un croquis récapitulatif. Je »joins à ce chapitre la reproduction de ce croquis.
… De la position de Sauria, trois routes conduisent à la position entre le Semaiata et le mont Esciascio, trois routes correspondant au centre, à l’aile droite et à l’aile gauche de notre formation en ligne, c'est-à-dire aux brigades Arimondi et Ellena, à la brigade Dabormida et à la brigade Albertone. Les trois routes, en serpentant dans la région montagneuse, vont, sans beaucoup S'écarter les unes des autres, vers les cols situés à droite (nord) et à gauche (sud) du mont Raio, de telle sorte que les colonnes user toujours pu communiquer entre elles. La route centrale, près de la combe de Gundapta, est reliée latéralement avec les “deux autres. Les routes, jusqu'aux environs de Gundapta, étaient “généralement connues, parce qu’elles avaient été parcourues en {out sens par des explorations et des reconnaissances. Les formes du mont Raio et du mont Semaiata se projetaient nettement Sur l'horizon, même la nuit. Les routes (pour un théâtre de guerre “ans les montagnes éthiopiennes) n'étaient pas mauvaises, surtout les deux routes septentrionales qui conduisent au col de Rebbi Arienni et qui devaient servir aux troupes blanches; leur longueur ne devait pas dépasser 15 kilomètres, y compris les pentes et les courbes. Du reste, sur les routes conduisant vers ( xundapta, les pentes n'étaient ni fréquentes ni accentuées.
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Les nouvelles arrivaient à notre camp par trois sortes d'informateurs, c'est-à-dire par des informateurs que nous envoyions exprès, par des gens du pays et par des déserteurs du camp ennemi.
Les informateurs envoyés par nous étaient aussi de trois sortes : ou des zaptiés (carabiniers indigènes) travestis, ou bien des ascaris fidèles qui avaient déjà servi comme explorateurs dans la campagne contre Mangascia, ou bien des paysans indigènes bien payés et ennemis des Choans à cause de leurs déprédations. Ils ne se connaissaient ni les uns ni les autres. Parmi ces informateurs, certains devaient rentrer le soir ou la nuit dans notre camp pour rendre compte de tout incident, même quand il ne s'était rien passé de nouveau; d’autres devaient venir signaler un mouvement quelconque de l’ennemi; d’autres enfin étaient spécialement attachés à chacun des corps de l'armée abyssinienne. Sous mes ordres et sous ceux du chef et du sous-chel d'état-major, le service était dirigé spécialement par le capitaine Amenduni, commandant des carabiniers royaux; cet officier était chargé d'interroger chaque informateur et de contrôler rigoureusement tous les indices et toutes les nouvelles qu’il pouvait recueillir. En général les informateurs étaient encore interrogés par moi. Le général Albertone recueillait d’autres informations ; il se servait spécialement des Tigrins qui étaient dans les bande: ou parmi les ascaris sous ses ordres.
Pendant la journée du 29, toutes les informations concordaien pour conseiller le mouvement en avant, — ainsi du reste qui résulte clairement, dans le procès de l'Asmara, des dépositions du colonel Valenzano, du major Salsa et du capitaine Amendun (audience du 7 juin). Un grand nombre d’'Abyssiniens étaien: encore àrazzier dans le Sciré ; les vivres manquaient dans le camy ennemi. On rendait compte de deux côtés différents que Teclar manot, negus du Goggiam, et plusieurs autres chefs, en cas d’ur mouvement en avant de notre part, ne se seraient pas battus. Or disait encore qu’une grosse colonne de malades choans était dir gée vers le Tembien, et que bien des gens non malades s’étaien joints à elle pour s’en retourner dans leur pays:
Cette situation générale du camp abyssinien était si conformt à la vérité que, malgré la victoire remportée le 1° mars, l’armée du negus neghesti ne bougea qu'avec peu de forces de la combe
d'Adoua pour en recueillir Les fruits; elle poussa seulement, jusqu à Daro Taclé, un parti avec degiac Area, pas même à 10 kilomètres au nord d Adoua, tandis que le corps de Maconnen ne dépassa pas notre position de Sauria. Les rebelles de ras Sebath et d'Agos Tafari, le 6 mars, c’est-à-dire cinq jours après la ba= taille, n'avaient pas franchi l’ancienne frontière de l'Érythrée, qui ne fut Jamais violée par des incursions de quelque importance !.
D’autres informateurs chargés des observations spéciales rendaient compte (et c'était vrai) qu’au sud, Faras Mai, Mai Ciao et Entsaz étaient abandonnés. Par suite, il n’y avait aucun danger à craindre pour notre flanc gauche, pendant une marche vers le mont Semaiata. Enfin on nous annonçait que les cols de Rebbi Arienni et de Chidane Meret, les deux portes entre Entiscio (Sauria) et Adoua, n'étaient pas occupés par l'ennemi. Par conséquent, le bond en avant pouvait se faire sans coup férir. On savait bien que le camp de Mariam Sciautu était occupé par environ 15,000 Abyssiniens aux ordres des ras Mangascia et Maconnen; mais cette combe était beaucoup plus rapprochée d'Adoua que de ces cols; aussi, par surprise, nous pouvions occuper, grâce à une marche de nuit, les cols de Rebhi Arienni et de Chidane Meret avant l'ennemi. C’est ce qui arriva en effet.
Le 29, vers 5 heures du soir, je réunis les généraux au rapport pour communiquer les ordres par écrit et donner de vive voix les instructions et les explications. Voici l’ordre du jour écrit :
Ordre du jour du 29 février (n° 87).
Ce -soir, le corps d’épération quittera la position de Sauria pour marcher dans la direction d’Adoua; il formera les colonnes indiquées
ci-après :
Colonne de droite (général Dabormida) : 2e brigade d'infanterie. — Bataillon de milice mobile. — Etat-major de la 2e brigade de batterie
avec les batteries 5, 6 et 7.
Colonne du centre (général Arimondi) : 1re brigade d’infanterie. — le compagnie du 5€ bataillon indigène. — Batteries 8 et 11.
Colonne de gauche (général Albertone) : quatre bataillons indigèyes. — État-major de la 1re brigade de batterie et batteries 1, 2, 3 et 4.
Réserve (général Eilena) : 3° brigade d'infanterie. — 3e bataillon mdigène. — 2 batteries à tir rapide et la compagnie du génie.
1. Voir la carte de la situation genérale au 6 mars 1896, annexée au Rapport du général Baldissera sur la seconde période de la campagne d'Afrique.
Les colonnes Dabormida, Arimondi et Albertone quitteront leurs campements respectifs à 9 heures du soir, la réserve se mettra ei mouvement une heure après la queue de la colonne centrale.
La colonne de droite suivra la route col de Zahala (Zala), col di Guldam, col de Rebbi Arienni; la colonne centrale et la réserve pren: dront la route de Adi Dichi, Gundapta, col de Rebbi Arienni; la colonn: de gauche prendra la route de Sauria, Adi Cheiras, col de Chidan: Meret. Le quartier général marchera en tête de la réserve.
Premier objectif : la position formée par les cols de Chidane Mere et de Rebbi Arienni, entre le mont Semaiata et le mont Esciascio dont l'occupation sera faite par la colonne Albertone à gauche, par 1 colonne Arimondi au centre et par la colonne Dabormida à droite Toutefois, si les colonnes Albertone et Dabormida suffisent pou: occuper la position, la colonne Arimondi prendra une position d’at tente derrière ces deux brigades.