‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 135 sur 156 · HOMMES CANONS · texte numérisé non relu

HOMMES CANONS

Brigade Dabormida,.... 4,480 18 — Arimondi .,.... 3,013 12 10 Ellena:,....... 4,470 12

Détachement de génie .. 100

Quartier général ....... 140

Torir:#12 203 42

Sur la droite, à une faible distance, devait être le major Ameglio avec 1,300 hommes, et peut-être plus, tant indigènes réguliers que bandes du Seraé.

La brigade Albertone aurait dû être peu éloignée (peut-être à 2 kilomètres et demi) et surtout à portée du col si connu de Rebbi Arienni, avec 4,556 combattants et 14 canons!. De toute façon, dans un espace relativement restreint et sous la main, on avait concentré :

17 bataillons blancs;

2 et demi indigènes et 42 pièces; M La compagnie du génie.

Avec le général Albertone, il y avait :

. 4 bataillons indigènes; 14 canons ; IN) Les bandes de l’'Oculé Cusai et de l’'Hamasen.

Le devoir du général Albertone était de conserver sa liaison lavec la brigade Arimondi et avec tout le corps d'opération. Il wonnaissait l'objectif donné à la droite et éventuellement au cenlire, en même temps que les dispositions générales du déploieent entre le mont Semaiata et le mont Esciascio ; il avait l’ordre de ne pas s’avancer avant les autres, et, comme il commandait Nes indigènes et les bandes, il avait les éléments les plus rapides (MA. Je répète que, d'après moi, ces chiffres sont un peu inférieurs à la réalité, comme je l'ai dit dans ma note, page 412.

et les plus aptes à assurer les communications et à se relier dans un terrain qui n’était pas très difficile, relativement, pour un pied abyssinien, et dans des localités connues de bien des soldats et de plus d’un officier. La question du nom de Chidane Meret passait en seconde ligne; et, quand bien même il eût été probable ou même certain qu'il y ait eu une erreur dans le nom porté sur le croquis du quartier général et que la localité de Chidane Meret fût beaucoup plus en avant, sur la route d’Adoua, le commandant de la colonne de gauche était toujours obligé de

regarder à sa droite, d'autant plus qu'étant chargé de protéger

le flanc gauche des colonnes blanches, il devait avancer lente“ ment avec une colonne de noirs. Il lui suffisait d'envoyer une

patrouille derrière le mont Raio, pour se relier avec la brigade

Arimondi, à Gundapta, ou bien d’envoyer un détachement en

avant du mont Raio, pour se relier avec la brigade Dabormida, à Rebbi Arienni, ainsi que le montrait clairement le croquis du

quartier général®.

D'autre part, la prudence conseillait au général Albertone de se garder sur sa droite, puisqu'il savait (et je l'avais dit moi même à plusieurs reprises) que dans la combe de Mariam Sciautu. il y avait de 12,000 à 15,000 ennemis. Tout le monde savait que, la combe de Mariam Sciautu s’ouvrait presque en face de Rebbhi | Arienni, sur une des deux routes qui, de Rebbi Arienni, condui- | sent à Adoua, comme on le voyait dans le croquis du quartier | général.

Le général Albertone enfin devait être extrêmement prudent, | surtout si l’on considère que sa brigade avait suspendu la mar=, che et retardé sensiblement le mouvement en avant des deux bri! gades centrales, et si l’on tient compte aussi de la lenteur de la marche des troupes blanches par rapport aux troupes indigènes: |

Et à ce sujet, pour mon récit, il est de mon devoir et il esth naturel que je me serve des paroles d’autrui, en les prenant dans. les documents les plus autorisés et absolument incontestables. |

Le colonel d'état-major Pittaluga, actuellement major général, | commandait à l’Asmara quand y arrivèrent les premiers officiers! après la bataille du 1* mars. Sur la demande officielle de l'avocat fiscal militaire, chargé de procéder à l’enquête, il répondit par.

1. Voir la Copie de l’esquisse originale donnée aux chefs de brigade avant la bataille, annexée au chapitre précédent.

un rapport détaillé que je publie en appendice, parce qu'il représente, de la façon la plus vraie et la plus colorée, les premières impressions. À propos de cet incident le colonel Pittaluga écrit! :

« Ce nom de col Chidane Meret, attribué à un point plutôt qu’à un autre, ne constitue pas une erreur du commandement, parce que celui-ci avait joint à l’ordre, prescrivant les dispositions à prendre, un graphique sur lequel était indiqué, au sud du mont Raio, le lieu qu'il désignait sous ce nom; par suite, ce point était bien l'endroit désigné, et ce n’en pouvait pas être un autre. De toute façon, le manque de liaison entre l’avant-garde et le gros occasionna la désastreuse séparation; l’erreur de nom (en supposant, sans que je l’admette, qu’il y ait eu erreur) n’aurait eu aucune conséquence si les troupes avaient été reliées entre elles comme le prescrit le règlement (Règlement sur le service de guerre, n° 35, et particulièrement les alinéas 1, 3, 8 et 9). L’exécution des prescriptions réglementaires est toujours sous-entendue, et le commandement supérieur ne peut pas en supposer l’oubli chez ses inférieurs. »

Le colonel d'état-major Corticelli, dans son Enquête technique militaire sur le combat du 1° mars 1896?, — faite sur l’ordre du ministre de la guerre qui l’avait chargé d’aider l’enquête judiciaire de l'avocat fiscal militaire, — s’exprime ainsi : « La colonne Albertone, après avoir parcouru environ un kilomètre de la route qui était affectée à la colonne Arimondi, obliquait à gauche et se remettait sur sa vraie route; elle gagnait le col qui se trouve au sud-ouest du mont Raio, col qui, d’après l’idée du commandant en chef et suivant les indications du croquis distribué aux commandants de brigade, aurait dû, sans aucune équivoque, être pris pour le col de Chidane Meret, bien que ce nom, sur les lieux mêmes, s'applique à une autre localité, située 6 ou 7 kilomètres plus loin, près d'Abba Garima, sur la route d'Adoua.

« La colonne Albertone s'arrêta une heure au col Chidane

1. Voir Appendice, annexe n° 2, page 79 des actes de procédure.

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