‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 142 sur 156 · AS MÉMOIRES D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

AS MÉMOIRES D'AFRIQUE

écrit, même s’il n'avait pas fallu du temps pour modifier la route d’une colonne en marche, même si le télégraphe optique, en fonctionnant, avait transmis immédiatement mes ordres de pousser les brigades italiennes à hauteur d’Albertone, en contact immédiat avec l'ennemi, même si j'avais renoncé à l’idée de les déployer en avant du mont Raio. En réalité, si, à 8 heures 20, j'avais connu la situation exactement telle qu’elle était (ce qui est impossible dans une bataille), et si j'avais envoyé la brigade Arimondi directement sur Abba Garima, cette brigade, séparée de la brigade Dabormida, aurait été assaillie dans des vallons bas et enchevêtrés les uns dans les autres, et, pendant une marche de flanc, par la colonne ennemie, qui descendait précipitamment du mont Scelloda; elle n'aurait même pas eu l'honneur de combattre, et la colonne Ellena n'aurait même pas eu le temps de se déployer. Entre 9 heures et demie et 10 heures et demie, précisément au moment où l’avalanche amahra descendait d'Abba Garima, la brigade Arimondi tout entière aurait été en colonne par le flanc, entre le mont Belah et Adi Vecci. Que l’on considère le croquis du quartier général, joint au chapitre XXXI, d'accord pour les routes avec le croquis non suspect du colonel Arimondi, que l'on regarde le croquis De Sauria à Adoua, joint au chapitre précédent, et que l’on calcule les distances et le temps pour des mouvements de guerre, dans un terrain aussi coupé et aussi embrouillé.

Une dernière considération : le temps nécessaire pour marcher en avant et se déployer, dans ces circonstances, comme nous venons de le voir d’après la brigade Dabormida, était si considérable que la colonne Arimondi, qui avait reçu à 8 heures l’ordre de son général d'occuper le mont Belah, en commençant par la gauche, vers Chidane Meret, à 10 heures n'avait pas encore couronné entièrement la position. Que serait-il ärrivé si la 1" brigade tout entière, par le sentier transversal au champ de bataille, avait dû se déployer au delà de la vallée, vers Adi Vecci?

Mais j'ai déjà trop parlé de cette question; j'ajoute seulement que la brigade indigène était si loin, si en dehors de toute liaison, qu'un billet du général Albertone, écrit à 7 heures et demiet,

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