Ce billet est le suivant
Expédié du col Chidane Meret, 1° mars, 7 heures et demie matin, à S. Exec. le gouverneur :
(Le col de Chidane Meret a été occupé, à l'insu de l'ennemi, à 6 heures. L’en-
m'arriva à 9 heures, en même temps que le billet écrit à 8 heures un quart. Il me fut apporté par des hommes que j'avais envoyés à 6 heures un quart {je l'ai déjà dit) de Rebbi Arienni, pour porter ét demander des nouvelles à Albertone. À 9 heures, naturellement, ces billets ne pouvaient ni dépeindre la situation ni avoir aucune influence sur les décisions du commandant en chef.
Vers 8 heures, les mouvements de la 1"° et de la 2° brigade S'exécutaient lentement, quand, du mont Esciascio, on put remarquer que les coups de fusil étaient plus nourris et moins éloignés; cependant ils venaient toujours de derrière les crêtes d'Abba Garima, dans la direction d’Adoua, et par suite ils étaient hors de la vue. Peu après, sur le versant nord-est d'Abba Garima, dans la direction de l’ensellement entre Abba Garima et Scelloda (indiqué plus tard sur la carte sous le nom de Enda Chidane Meret), on put voir, avec la longue-vue, le mouvement en avant de deux bataillons de la brigade Albertone et de plusieurs pièces d'artillerie. Aussitôt après, le canon commença à tonner. D'après la fumée et le son, on estima la distance en ligne droite à 5 kilomètres et demi ou 6 kilomètres du point occupé par le quartier général sur le mont Esciascio.
Jusqu’alors j'avais espéré que la brigade Albertone, ou pour le Moins une partie de cette brigade, n'avait pas abandonné la
bposition établie par l’ordre du jour. Get espoir s’étant évanoui, | je commençai à être préoccupé, bien que je crusse fermement | que la brigade Dabormida, d’après les ordres qu'elle avait reçus, “devait soutenir efficacement la brigade indigène.
Voici ce que dit le Rapport officiel :
« Considérant peut-être comme téméraire de s’avancer au delà d'Abba Garima-Amba Scelloda, sans s’être au préalable relié avec les autres brigades, le général Albertone se décida à se
nemi est autour d'Adoua et derrière Mariam Sciautu. Le 1° bataillon, en allant au delà du col, s’est engagé vivement ; il est soutenu par les bandes de l'Hamasen. Le 6° bataillon occupe une forte hauteur à droite ; les deux Autres bataillons se massent, ainsi que l'artillerie. Je prévois un engagement sérieux. Que la brigade Arimondi vienne nous soutenir. Un mouvement en avant de la brigade Dabormida serait fort opportun, car cette brigade attirerait sur elle une partie de l'ennemi.
« Le major général,
« ALBERTONE. ) | Reçu à 9 heures du matin.
maintenir dans une assez bonne position, où il se trouvait à ce | moment-là, et il se résolut à y attendre l'ennemi s’il s’avançait.
« Cette position était formée par une série de petites hauteurs disposées en arc de cercle, et dominées de toutes parts par Abba Garima, Scelloda et Adi Vecci, à une distance moyenne de deux. mille mètres environ. Cette situation permettait donc, à l’artil=
lerie comme à l'infanterie, d'exécuter un tir très efficace.
« Le terrain, en baissant en arrière, vers Amba Raïo, permettait une retraite assez facile. La position pouvait être tournée par les deux flancs ; mais la nature très difficile du terrain, vers la droite, et la certitude de voir arriver prochainement la brigade Dabormida, firent considérer comme peu probable un mouvement tournant de ce côté. [l pouvait être plus facile par la gauche; mais, là encore, la nature du terrain était telle que seul un fort parti ennemi aurait pu le tenter avec des chances de succès.
« De toute façon, étant donnés les faibles effectifs dont il pouvait disposer, le commandant de la brigade indigène résoluts de faire face, avec le gros de ses troupes, au col d'Enda Chidane Meret, en laissant sur sa droite une seule compagnie, etsur sa gauche les bandes de l’Oculé Cusai. Quelques autres centuries furent poussées vers Amba Scelloda, Abba Garima et sur les” flancs. | |
« Les troupes étaient à peine déployées quand on vit (à 8 heures” et demie) battre précipitamment en retraite le 1% bataillon indi-=" gène, et en même temps de très nombreux partis ennemis couron: naient les hauteurs d'Abba Garima et même de l'Amba Scelloda que l’on considérait presque comme inaccessible. :
« Les 14 pièces d'artillerie ouvrirent le feu, le tir fut très effi=… cace; il fut bientôt renforcé par le tir des bataillons les plus voi-. sins de l'ennemi. Quatre fois les Choans essayèrent de descendre
par le col d'Enda Chidane Meret, et quatre fois ils durent rev culer. » d