PRÈS DU MONT RAIO
“il est question de prescrire à la brigade indigène de battre en retraite (8 heures un quart-9 heures un quart). — Elle continue à tenir tête à l'ennemi, dont le nombre augmente toujours. — Le quartier général dans l’enselle-
- ment du mont Raio (9 heures un quart). — Ordre au général Albertone de battre en retraite (9 heures et demie). — Les nouvelles font croire que la
- brigade Dabormida est à proximité (10 heures-10 heures un quart. — Ordres et recherches.
A 8 heures un quart, dès que je me fus aperçu que la brigade Albertone était sérieusement engagée, j'envoyai l’ordre aux brigades Arimondi et Dabormida de presser le mouvement qui leur “avait été déjà ordonné, et je prescrivis à la brigade Ellena de se porter, avec la réserve, sur le col Rebbi Ariennit. Avec ce ter- Yain, et étant donné le temps dont nous disposions, nous n'avions pas autre chose à faire que d’occuper fortement les hauteurs Situées en avant (ouest et sud-ouest) de Rebbi Arienni, autrement ditle mont, le col et l’éperon Belah (la réserve restant à Rebbi Arienni et près du sycomore au sud du col), dans le but de soutenir, par derrière, la brigade Albertone et d’attirer une partie des “forces ennemies sur une position dominante, où était déployée une partie de nos troupes.
… C'eût été une erreur d’envoyer immédiatement au général Albertone l’ordre de battre en retraite : en premier lieu, parce que cette retraite se serait probablement effectuée avant que les bri- “gades blanches Dabormida et Arimondi eussent pris leur position Wie combat; par suite, la brigade indigène, en se repliant, n’au-
- 1. Voir, pour les ordres, la note au commencement du chapitre précédent.
rait pas été suffisamment soutenue ni appuyée, et c est au moment critique de la marche et du déploiement que les brigades blanches auraient été attaquées par l'ennemi poursuivant la colonne Alber= tone, avec son audace habituelle, dans l’élan de son mouvement en avant; en second lieu, la brigade indigène aurait dû se replier en bas, par les pentes, vers le col de Chidane Meret, dans des conditions difficiles à prévoir, mais que le terrain rendait critiques, puisqu'il était battu d'en haut, suivant la pente. D'autre part, le général Albertone (dont jusqu'alors nous n'avions reçu aucun avis) avait ses instructions générales; c'était un homme sensé, et il devait connaître la situation des autres brigades ; de plus, j'attendais d’un moment à l’autre un billet, ou tout au moins une réponse à celui que je lui avais expédié, à 6 heures un quart, de Rebbi Arienni, billet qui pouvait éclairer la situation, en évitant le danger de faire coincider la retraite des indigènes avec le déploiement de la 2° et de la 1"° brigade.
D'ailleurs, selon toute prévision humaine et selon les ordres donnés, la brigade Dabormida, qui, depuis 6 heures et demie, était en mouvement pour occuper une position, pouvait être en mesure de faire une diversion et de menacer éventuellement le flanc de l'ennemi, tout en surveillant le camp des Choans de Mariam Sciautu et en laissant libre la ligne de retraite à la brigade Albertone, sans courir le risque de recevoir le choc des troupes battant en retraite. La brigade Arimondi, en se déployant à gauche et un peu en arrière de la brigade Dabormida, sur le mont Belah, dans une position dominant la route d'Abba Garima à Chidane Meret (route indiquée dans ce récit comme la 4° route), aurait bien mieux donné du champ à Albertone pour lui permettre, d'exécuter son mouvement de retraite, en le protégeant d’en haut par le feu de ses 12 pièces, qui pouvaient être doublées par l’artillerie de la réserve. ;
Donc, en cet instant de la journée (8 heures trois quarts), on ne devait apporter aucun changement au projet primitif du dé» ploiement des troupes; donc on ne pouvait se porter directe=
ment au secours de la brigade indigène sans courir le risque.
imminent d’être attaqué dans un terrain défavorable, pendant là marche et la manœuvre; donc, il eût été inconsidéré, sans avol®
1. Voir la description des routes, chapitre XXXIII, page 428.
ë MÉMOIRES D'AFRIQUE 451
des nouvelles directes d’Albertone, d’ordonner immédiatement la retraite avant que les bataillons d’Arimondi n’eussent commencé à arriver sur le mont Belah.
Aussitôt après avoir envoyé les ordres, qui n'étaient que la répétition de ceux déjà donnés ou en cours d'exécution, je décidai de m'approcher rapidement de la ligne d'opération de la brigade indigène. Je laissai les guides pour indiquer le point où je me rendais, et je partis au trot dé mon mulet, par Adi Raio et le sen- ‘ier latéral indiqué comme la 3° route, dans l’ensellement entre le mont Raio et le mont Belah!, pour me diriger vers l’arête sudouest du mont Raïo, au point où devait prendre position la gauche du général Arimondi, au-dessus du col Chidane Meret.
Pour y arriver, en partant du mont Esciascio, on descend à l'origine d’un petit vallon, on traverse la route de Rebbi Arienni un peu au-dessous du col (à l’ouest), avant la bifurcation des: deux routes l'° et 2°), c'est-à-dire des routes divergentes se dirigeant, lune directement vers Mariam Sciautu, l’autre transversalement vers Abba Garima, puis on remonte par un étroit vallon dont les terres sont soutenues par de grossiers petits murs, afin de permettre de les cultiver. La queue de la brigade Dabormida défilait encore; j'étais donc de plus en plus persuadé, ainsi que les officiers du quartier général, que la brigade était sur la hauteur située -en avant et à droite (éperon et col Belah); je croyais cette brigade sous ma main, parce que je ne pouvais m'expliquer la grande lenteur qu’elle avait mise à exécuter son mouvement qu'en tenant compte du temps qu'il fallait à Dabormida, dans ce terrain si difficile, si bouleversé, si coupé et si couvert, pour déployer Ses troupes avec l'artillerie sur les hauteurs, et pour prendre ses mesures de sûreté.
En traversant la route, je trouvai plusieurs soldats du génie Qui me dirent que l’on allait bientôt ouvrir des communications ôptiques entre l’éperon situé en avant (Belah) et Rebbi Arienni, ét de là, avec le télégraphe déjà déployé (selon les nouvelles données par le capitaine Acerbi), depuis Sauria jusqu'à Gundapta”;
1. Voir la description des routes, chapitre XXXIITI, page 428.
2, « Le commandant en chef, pendant que défilaient encore les dernières compagnies de la brigade Dabormida, se dirigea très rapidement sur une hauteur faisant face à la position occupée par la brigade Albertone. » (Ré-
‘ponse du colonel Valenzano [27 mars] aux questions posées par l'avocat fiscal militaire. Actes de procédure, page 95.)
malheureusement il n’y avait à fonctionner que le personnel: et le matériel de télégraphie optique attaché au quartier général:
Pendant ce trajet (il pouvait être 9 heures et quelques minutes), je reçus les deux billets du général Albertone que j'ai cités dans le chapitre XXXIV, l’un écrit à 7 heures et demie, l’autre à 8 heures et demie, et portés par un des messagers ou des guides que J a= vais envoyés de Rebbi Arienni.
Quelques minutes après, j'arrivai au point voulu, au centre de l’ensellement entre le mont Raïo et le mont Belah, avec une grande partie du quartier général, avec le détachement des carabiniers et des zaptiés, avec les soldats de cavalerie qui servaient sous les ordres du lieutenant Marozzi; le général Arimondi, que jy appelai, y vint aussi avec ses officiers. De ce point, la situation semblait assez claire, tant au point de vue du terrain qu’au point de vue des phases du combat.
La brigade indigène s’était avancée jusqu à la seconde position vers Adoua, au delà des précipices et des vallonnements qui sépa= rent les deux positions, au delà de la dépression qui descend du flanc est du mont Semaiata, au delà du Semaiata lui-même. Elle était attaquée par le gros des forces ennemies, qui, d’après toutes’ les nouvelles, campaient dans la combe d’Adoua. Elle avait perdu la protection du mont Semaiata, sur son flanc gauche; elle pou= vait donc être tournée, sur sa gauche, par le large col d’Abb Garima, sur sa droite par le col du mont Scelloda, enfin elle pou” vait être attaquée de front par le col d'Enda Chidane Meret. Évidemment elle luttait contre des forces très supérieures en nom= bre, et il semblait qu’à cette heure (9 heures un quart) elle luttait avec désavantage. En effet, le long de la pente qui descend d’'Abba Garima vers la base du mont Raio, on voyait, le cœur serré, une longue file d’ascaris qui tournaïent le dos au combat; plusieurs étaient montés. Par leur nombre et par leur marche rapide, ils ne semblaient pas être tous blessés. Ce devaient être malheureusement des fuyards ou des hommes qui, après avoir rompu les liens organiques, battaient en retraite ou prenaient la fuite de leur propre mouvement. De temps en temps, des grou* pes se formaient autour des points d’eau et derrière les arbres et les buissons de la plaine, mais personne ne retournait sur ses pas’ La triste file se dirigeait par la route même que, la nuit précé= dente, la brigade Albertone avait suivie en sens inverse; elle
“allait vers la position de Sauria. Et, de fait, le sentier d’Abba Garima au col de Chidane Meret {4° route) passait immédiatement au-dessous du point occupé par le quartier général et l'état-major le La. brigade Arimondi, au sud-est du mont Raio; il tournait ensuite derrière le mont Raio pour se diriger vers Sauria.
Je cherchai à faire ramener par plusieurs officiers les soldats indigènes vers les pentes sud du mont Raïo. Sur ces hauteurs, ils auraient pu se rassembler et se grouper, sous la protection de la gauche de la brigade Arimondi; ils auraient augmenté la force de résistance de cette brigade et auraient occupé une position avantageuse contre un ennemi qui se serait dirigé vers le col Chidane Meret, par les pentes du Semaiata. Mais ce fut en Vain, Car ces noirs n'avaient plus aucune cohésion organique. Les officiers et les sous-officiers manquaient : ils étaient morts “ou bien ils étaient restés à lutter contre l'ennemi. Les quelques oradés mélangés aux fuyards étaient blessés, et par suite hors d'état d’user de leur autorité sur des ascaris en désordre, disséminés çà et là et affolés par l'impression du combat. Les officiers que jenvoyais ne trouvaient personne à qui s'adresser pour communiquer, faire comprendre et faire exécuter les ordres.
Pendant ce temps, voyant que la gauche du mont Belah était en partie couronnée par deux bataillons du régiment Brusati, bien que la brigade indigène continuât à combattre efficacement, parfois avec un succès apparent, contre les hordes abyssiniennes, et bien que l'artillerie continuât à tonner, je crus devoir (à 9 heures et demie) envoyer l’ordre au général Albertone de se retirer sous la position occupée par la brigade Arimondi, — c’est-à-dire à peu près au point que, selon mes intentions, la brigade Albertone “aurait dû occuper à l’aube, tandis que la brigade Dabormida occupait le col de Rebbi Arienni. L'ordre était écrit, et il fut confié au commandant des carabiniers, le capitaine Amenduni, qui était en mesure de donner des explications, puisqu'il était resté près de moi jusqu’à ce moment. En même temps, comme je ne recevais aucun avis de la brigade Dabormida (dont le mouvement “iurait été caché à nos yeux par le mont Belah, même s'il s'était exécuté dans le rayon fixé), j'expédiai, entre 9 heures un quart et 10 heures, successivement trois officiers du quartier général et un brigadier des carabiniers, pour voir où était le général Dabormida et pour lui prescrire de se conformer aux ordres qui lui
avaient été donnés, dès les débuts, principalement en vue d'une retraite éventuelle d’Albertone.
Toujours entre 9 heures et demie et 9 heures trois quarts, j'en: 4 voyai à la brigade de réserve (Ellena) l'ordre écrit (porté par un brigadier qui devait servir de guide) de renforcer la gauche de la brigade Arimondi avec le 3° bataillon indigène, commandé par le lieutenant-colonel Galliano, et avec deux batteries à tir rapide sous le commandement des capitaines Aragno et Mangia.
De cette façon, pour tenir tête à la fortune qui nous devenait contraire, nous aurions eu une bonne position, dominant les vallons sillonnés par les sentiers d'où pouvaient venir les assauts des foules ennemies; cette position aurait été occupée ainsi : |
A droite : éperon et col de Belah. — Brigade Dabormida, plus“ le bataillon De Amicis et la compagnie indigène Pavesi de la bri«
gade Arimondi. — En tout, 7 bataillons blancs, 1 et demi noir, 18 pièces, 5,000 hommes. :
Au centre : mont Belah. — Brigade Arimondi, diminuée comme je viens de le dire, et renforcée par le bataillon Galliano et par à les batteries à tir rapide. — 5 bataillons blancs, 1 bataillon noir, 24 pièces, 3,500 hommes.
A gauche : versant du mont Raio. — Quartier général et frac
tions de la brigade Albertone qui étaient en retraite et qui, d'a près les ordres donnés, devaient se retirer sous la position du mont Raïo. |
En réserve : col de Rebbi Arienni, vers le sycomore. — Brigade Ellena avec 6 bataillons blancs et un détachement du génie. — 3,000 hommes. |
On devait toujours supposer que la réserve était renforcée pal les 1,300 indigènes de la colonne Ameglio, us de toute façon, pouvaient protéger l'extrême droite. ï
Donc, cette position était suffisamment concentrée; elle était élevée, ses flancs étaient suffisamment appuyés, et la ligne dem retraite par Gundapta sur Sauria était protégée. |
1. Le major De Rosa eut ce jour-là le commandement des quatre batteries affectées à la brigade Albertone, c'est-à-dire deux batteries indigènes, sous. le commandement des capitaines Henry et Vibi, et deux batteries de mon tagne blanches envoyées de Sicile, sous le commandement des capitaines“ Bianchini et Masotto. Par suite, le major De Rosa s’est trouvé à Abba Garimasw et non sur le mont Raio, comme l’indiquent le texte italien de mes s'MeraottE et le rapport officiel du général Lamberti.
Il faut aussi faire remarquer que l’ennemi devait être, en général, ébranlé par les grandes pertes qu'avait fait éprouver à ses masses le feu bien nourri de nos indigènes, qui occupaient une position favorable à la rasance et à la portée de nos armes. Ces pertes, comme on le sut plus tard, furent très sensibles, et pendant un instant nous firent espérer pouvoir nous dégager etrepousser les assaillants. Ces pertes contribuèrent, dans une large mesure, à la retraite de l’armée choanne et à la conclusion de la paix.
Mais la brigade Dabormida était trop éloignée; elle était en dehors de notre rayon d'action et engagée dans un combat, au fond d’un vallon; elle était si éloignée et si bien dissimulée que, ni d’un côté ni de l’autre, on n’entendait ni le bruit du canon ni le crépitement des coups de fusil.
À 9 heures et demie, Le colonel Brusati, de la brigade Arimondi, envoya chercher, par un adjudant-major en second, — le lieutenant Pollera — le 4° bataillon (De Amicis) du 2° régiment blanc placé sous ses ordres. Le major De Amicis, comme on le dit page 431, avait été envoyé par le général Arimondi sur le flanc droit, pour assurer la liaison avec la brigade Dabormida; mais l'adjudant-major ne put pas le trouver, car le bataillon, ainsi que la compagnie indigène Pavesi, était entré dans la sphère d'action de la‘brigade Dabormida*. |
Le manque de nouvelles sur Dabormida m'inquiétait. Le général Arimondi, qui était près de moi, croyait être en contact avec
1. On fait monter à 5,000 morts et à 10,000 blessés le chiffre des pertes des Ethiopiens. M. Elez (un Russe qui a publié une monographie sur la bataille d’Adoua, en disant avoir puisé aux sources abyssiniennes) écrit que les ras abyssiniens ont déclaré au negus neghesti qu'ils avaient perdu 4,000 morts et 6,000 blessés ; mais il ajoute que ces chiffres doivent être inférieurs à la réalité.
2. Voici les ordres envoyés, entre 9 heures un quart et 10 heures et demie, du centre de l’ensellement entre le mont Raio et le mont Belah qui surplombe le col de Chidane Meret, ainsi qu'il résulte des débats devant le tribunal d’Asmara et des déclarations écrites des officiers chargés de porter ces ordres.
9 heures un quart, à Dabormida : protéger à gauche Albertone en vue d’une retraite éventuelle (capitaine Anghera).
9 heures et demie, à Albertone : se retirer sur Chidane Meret, au sud-ouest du mont Raio (capitaine Amenduni).
9 heures et demie, à Ellena : envoyer la batterie à tir rapide et le bataillon Galliano (brigadier avec un billet).
9 heures trois quarts, à Dabormida, pour voir où il se trouve (lieutenant Marozzi).
De 9 heures à 10 heures, successivement, les lieutenants Bodrero, Macagni,
la gauche de la brigade Dabormida, juste au delà du mont, sur la crête duquel montaient les bersagliers; mais, dans un échiquier aussi montagneux, on ne pouvait s’en assurer de visu. Le colonel ‘ Valenzano comptait sur une prochaine entrée en action des ba-* taillons du général Dabormida ; mais le temps pressait. En peu de temps (comme je l’ai dit), j'envoyai quatre fois à la recherche de Dabormida, pour lui porter des ordres. La première fois, je | reçus le billet rassurant écrit à 9 heures un quart, — Je tends la main à la brigade indigène, — dont j'ai déjà parlé à la page 435. La seconde fois, on me rendit compte que Dabormida était à proximité. Je n’eus aucune nouvelle des deux autres officiers envoyés, si ce n’est après le combat. |
En effet, le capitaine Anghera — envoyé vers 9 heures un quart à Dabormida pour lui porter l'ordre d'occuper les hauteurs situées, derrière la brigade Albertone, afin de protéger la retraite éventuelle de cette brigade — ne remplit pas la mission qui lui était confiée, parce que, dans le trajet, « je rencontrai, dit-il, un mes-« sager porteur d'un billet du général Dabormida; je le lus, et" comme sur ce billet il était écrit que le général Dabormida donnait déjà la main à la brigade Albertone, vers laquelle se dirigeait une forte colonne ennemie, je retournai immédiatement vers le" quartier général pour porter cette communication, que je remis au général (Baratieri) lui-même. » |
Le lieutenant Marozzi, intimement persuadé que la brigade | Dabormida occupait la position indiquée dès les débuts, vint me : rendre compte qu'elle avançait à peu de distance; peut-être La confondit-il avec la droite de la brigade Arimondi où avec le batail=\ lon De Amicis; l'heure peut expliquer cette confusion (10 heures ; du matin). .
Le capitaine Caviglia et le brigadier des carabiniers ne purent arriver au but qui leur était fixé, pas plus que le capitaine Amen- à duni. Et pourtant ce dernier fit preuve d’une grande bravoure et … d'une rare énergie, en descendant l’éperon du mont Raio eten FA se frayant un passage au milieu des ascaris en retraite, puis au
Marozzi et le capitaine Acerbi sont envoyés vers Chidane Meret pour diriger sur le mont Raio les indigènes en retraite. k 10 heures-10 heures un quart, à Dabormida : soutenir à la droite la bri= gade Albertone (capitaine Caviglia). pe 10 heures un quart, à Dabormida : le même ordre par écrit, porté par un brigadier des carabiniers royaux. |
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milieu des fuyards mêlés aux ennemis qui les poursuivaient. Ilne Slarrêta que lorsque les ascaris lui eurent affirmé que le général Albertone était tombé sur le champ de bataille et quand il vit toute la brigade obligée de battre en retraite. Il ne put pas rejoindre le quartier général, parce qu’il fut entraîné derrière le mont Raio. Be capitaine Caviglia ne put pas, lui non plus, retourner au quartier général, parce qu'il fut chassé vers Rebbi Arienni par l’irruption des Choans.
Le capitaine d'état-major Caviglia devait porter au général Dabormida l’ordre d'exécuter une contre-offensive par notre droite. Cela démontre que celui qui donna cet ordre, comme celui qui le porta, était convaincu que la brigade occupait le point qui lui avait été fixé et qu’elle devait se porter vers la gauche pour secou rir la brigade indigène.
… Voici la déposition du capitaine Caviglia : « Cet ordre, je ne pus pas le porter à la brigade Dabormida, pour deux motifs :
« 1° La brigade Dabormida ne se trouvait plus dans la position occupée au début, parce que le général Dabormida, de sa propre initiative, s'était avancé vers notre droite et était déjà engagé au moment où } arrivai sur la position initiale.
« 2° La brigade Dabormida était isolée du reste des troupes, parce que les Choans s'étaient placés entre cette brigade et nous; je me trouvai à 30 ou 40 mètres de distance d’un groupe d’une centaine de Choans qui me tirèrent des coups de fusil,
“sans m'atteindre. Sur ces entrefaites, je fus rejoint par un brigadier ou un maréchal des carabiniers royaux, qui portait par écrit le même ordre que je portais verbalement. »
Donc, tout le quartier général croyait fermement que la bri- Sade Dabormida était à une courte distance, dans le secteur qui lui avait été assigné, et en mesure de soutenir la retraite d'Albertone, en occupant des positions en arrière.
“ Plus tard, comme le moment décisif approchait, J'envoyai encore lemajor Salsa et le lieutenant Bodrero; mais la brigade était introuvable, et le major Salsa, en revenant à la recherche du bquartier général, fut attaqué par les Choans, qui, ayant tourné la position, descendaient d’un éperon du mont Raïo. “Je ne cite que des témoins vivants et des déclarations écrites | de leur main.