‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 149 sur 156 · FM · texte numérisé non relu

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1. Voir notre carte générale de la colonie à la fin de ce volume.

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“iant dans nos mains, aurait pu être d’une grande utilité dans les

négociations pour la paix. Ajoutez enfin que, pour une revanche

“éventuelle et une nouvelle occupation du territoire perdu, Adigrat aurait dû être reconquis, en courant de grands risques et en versant beaucoup de sang. D'ailleurs, le petit fort de Macallé n’a- “ait-il pas arrêté toute l’armée de Ménélik ? Le chef d'état-major, le colonel Valenzano, était de cet avis, “ainsi qu'il résulte soit de sa déposition faite sous serment devant le tribunal militaire d’Asmara, soit de l'enquête technique militaire du colonel Corticelli, soit enfin des actes de procédure. Adigrat tint bon pendant les mois de mars et d'avril, et, bien

approvisionné en vivres, il aurait tenu plus longtemps, au grand

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avantage des négociations pour la paix, si on ne l'avait pas volontairement abandonné, à la suite des opérations qui conduisirent nos troupes jusqu'au cœur de l’Agamé.

Le soir du 3 juin, le colonel Ragni arriva à Adi Caié avec une partie des débris de la brigade Dabormida. Cette brigade, pendant l’après-midi du 1° mars, en combattant offensivement en avant, s'était avancée jusqu’au débouché de la combe de Mariam Sciautu. Là, par six fois, les bataillons furent conduits à l'assaut par le colonel Aiïraghi, en présence du général Dabormida, avec un élan et une vigueur tels que l’ennemi fut obligé de s'arrêter; mais ensuite l'ennemi reçut des renforts, et, après un septième “assaut, les nôtres durent commencer la retraite, qui se fit sous la

“ protection des trois batteries.

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« Jusqu'à la tombée de la nuit, la retraite se fit à travers les

monts Esciascio, avec un ordre suffisant, malgré la poursuite

pressante de nombreux groupes ennemis. L'obscurité étant venue, “au milieu de ce terrain particulièrement difficile, les menaces

des cavaliers gallas qui poursuivaient la brigade firent rompre

totalement les rangs, et il ne fut plus possible de les reformer. « Les survivants de la 2° brigade, guidés par le colonel Ragni

“(le général Dabormida et le colonel Airaghi étant tombés en hé- —ros dans les premières heures de la retraite), se dirigèrent vers

et.

“le col de Zala, à travers les monts Esciascio; pendant la nuit, S'étant rencontrés, au col, avec une bande de rebelles, ils se

1. Réponse aux questions de l'avocat fiscal militaire (actes de procédure, page 85).

partagèrent en deux colonnes. L'une, avec le colonel Ragni, sem dirigea par Entiscio vers Mai Maret et Adi Caié; l’autre, avec.

le capitaine Pavesi de la 1"° compagnie du 5° bataillon indigène se dirigea vers Adi Ugri, par le Bélésat. »

Pendant la nuit du 3 au 4 mars, je partis d'Adigrat par Saga=. neiti, me dirigeant sur l’Asmara. 4

Au fort de Saganeiti, je trouvai les troupes italiennes et indigènes très animées du désir d’une revanche, qu'ils exprimaient par de forts vivats; mon cœur brisé se sentit soulagé. L’ennemr s'était très peu avancé. Il n’y avait que l'Oculé Cusai méridional qui fût parcouru par quelques bandes de rebelles. Je continuai sur l’'Asmara, où j'arrivai dans l’après-midi du 5. C’est seulement à ce moment-là que j appris par le lieutenant Fioccardi, mon offi=« cier d'ordonnance, que le général Baldissera avait débarqué à Massaoua et qu’il m'avait remplacé dans mon commandement Je sus que des ordres sévères du ministère avaient fait garder le secret sur ce fait et que le général Baldissera était en route de Massoua pour l'Asmara. A l’Asmara, je trouvai un télégramme

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du général Baldissera qui m’annonçait son arrivée pour le lende main. Le même soir, j'abandonnai le commandement au vice- : gouverneur, le général Lamberti. ;

Tous les officiers qui se trouvaient auprès de moi peuvent . témoigner {et ils en ont témoigné devant le tribunal de l'Asmara que jusqu'alors je n’avais rien su ni soupçonné, et que personne, au quartier général, n'avait ni su ni soupçonné mon remplacement

Le soir, le général Baldissera arriva; il vint immédiatement me voir dans ma chambre. Ce fut une rencontre dont le souvenir” m'émeut encore. Je me mis à la disposition du nouveau commandant en chef pour un service quelconque; il eut pour moi des paroles qui me furent d’un grand soulagement. Il me dit (et non. confidentiellement) ce qu'il avait dit à d’autres officiers, pendant À la route de Massaoua à l'Asmara, c’est-à-dire que, quand il fut appelé à me remplacer dans mon commandement, sa première. idée avait été de marcher contre les Abyssiniens pour les ame: 4

ner à nous attaquer ou à battre en retraite. Nous parlâmes lon=« guement de la situation politique et militaire; de la mission du

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