Livre vert, xxrrt bis, n
Mais moi je demandais le strict nécessaire pour assurer la défense ordinaire et immédiate. Je ne songeais pas — et je ne pouvais pas songer — à. aucune opération offensive à laquelle n'auraient suffi ni les effectifs, ni l'argent, ni les convois, ni les préparatifs, et à laquelle s'opposait la situation politique et mili= taire que j'ai tant de fois décrite.
L'échange des télégrammes continuait, car il était impossible de s'entendre. Lorsque je croyais devoir « insister absolument sur les 13 millions! » de dépenses pour les effectifs de paix, le ministère ne voulait en accorder que 9. De plus, dans un pays
épuisé par la guerre, n ‘ayant point d'argent comptant, pauvre, et à moitié dépeuplé, il était impossible de faire vivre les troupes,
aux dépens des nouvelles provinces, ainsi que me le demandait
le président du conseil : « Trouves-tu le moyen de résoudre le problème avec les ressources que t'offre le pays? Napoléon [*.
faisait la guerre avec l'argent des vaincus. » |
Quelques jours après, les ministres Crispi et Blanc me télégra- | phiaient de concert (22 avril) : « Le gouvernement du roi ne peut | certes pas vouloir que ras Mangascia s'empare d'Adoua, et Votre. Excellence trouvera certainement le moyen de l'empécher. Notre désir est d’avoir, dans le Tigré, une position qui nous assure con |
tre la nécessité de nouvelles occupations, sans nous faire perdre
toutefois les avantages obtenus. »
Nous étions aux élections générales pour là dix-neuvième législature, et il fallait contenter tout le monde, africanistes et antiafricanistes. Nous devions occuper un vaste territoire ave, des crédits réduits à un minimum impossible. |
Comment pouvait-on avoir une position, dans le Tigré, sans | mettre une garnison dans Adoua? Cette ville serait naturellement | tombée dans les mains de ras Mangascia, si nous ne l'avions pas . gardée nous-mêmes. Et comment garder de Cassala à Adigrat, avec des effectifs extrêmement réduits, un territoire de cette |
étendue, en étant en guerre ouverte avec les deux peuples les! plus puissants de l’Afrique? À
En réduisant à 9 millions les dépenses militaires, on ne réduisait pas, dans le même rapport de 13 à 9, la puissance de. la défense, mais on la diminuait peut-être de moitié, comme ilest/
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