‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 56 sur 156 · Recensement de 1893 : 191,127 habitants · texte numérisé non relu

Recensement de 1893 : 191,127 habitants

LU

La guerre avec les Derviches éclata au commencement de décembre 1893, c'est-à-dire quatorze mois après que l’on avait pu mettre la main aux travaux de route; les hostilités continueérent ensuite, sans interruption, absorbant le personnel dirigeant, les ouvriers et l'argent.

Afin de pousser les travaux de route et de fortification qui intéressaient vivement la défense de'la colonie {et en cela J'étais aidé par le commandant des troupes), partout où cela était possible ét sans inconvénient pour l'instruction militaire, j'employai des soldats européens et des soldats indigènes ; en règle générale, Jorganisai militairement le travail. Des officiers du génie le dirigeaient; des sous-officiers, des caporaux et même des soldats du génie ou d'infanterie blanche, capables et habitués à ces travaux, encadraient les soldats ou les travailleurs indigènes. Des officiers d'infanterie furent même chargés de la direction, et, en certains cas, on employa comme travailleurs des fractions entières organisées de troupes européennes ou indigènes, comme des fractions blanches, tour à tour à Chéren et à l'Asmara, comme la compagnie Persico, qui, en peu de temps, construisit, d’une façon magistrale, la route Az Teclesan-Baloa, sur la ligne Asmara-Chéren.

À mon arrivée comme gouverneur dans la colonie de l'Érythrée, je trouvai les travaux de route suspendus, parce que l’on n’avait pas encore achevé les études nécessaires pour les entreprendre; et certes il était raisonnable de procéder avec précaution. Mais, vu l'urgence, dès avril 1892, je crus devoir prescrire, comme idée fondamentale, l'ouverture d’un triangle de routes dont les sommets étaient dirigés vers la mer Rouge, vers le Soudan et vers PAbyssinie, pour assurer les communications du port et de la capitale de Massaoua avec les zones de l’Asmara et de Chéren!. Ce système de voies de communication était ainsi en relations avec les deux frontières de l'Érythrée (méridionale et occidentale), ainsi qu'avec Chéren et Asmara, nos deux centres principaux de la dé- fénse à cette époque. Ces deux localités constituaient d’ailleurs les centres les plus peuplés et les plus commerçants. C’est de là que üreson origine letriangle stratégique, politique et commercial des routes, c’est-à-dire Saati-Asmara, Saati-Chéren, Asmara-Chéren. De Saati à Ghinda, un côté de ce triangle de routes (Saati-

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