DU CRU NUS
les consciencieux et intelligents voyageurs italiens et étrangers, qui avaient une idée approximative des difficultés à vaincre pour donner, le plus vite possible, à la colonie l’organisation la meilleure
Bien que les vicissitudes de la guerre, en absorbant, on peut le dire, tous les hommes valides, aient obligé aussi souvent à relé= guer au second plan les travaux ou à les interrompre, on peut
dire que, pour les eaux aussi, on a fait quelque chose. Et si les
hostilités n'avaient pas éclaté, on aurait fait bien plus dans la suite, car les recherches et les études du capitaine Sermasi avaient abouti. De toute façon, à la fin de 1895 et en 1896, malgré
la concentration des soldats européens et de milliers de quadru=
pèdes, le long des voies d'opération, dont nous parlerons plus tard, on eut à souffrir du manque d’eau moins que l’on n’en aurait souffert dans certaines régions de l'Italie. Malheureusement les crédits budgétaires étaient réduits autant que possible. Mais, d’un côté (et non à tort), le gouvernement et le parlement voulaient restreindre à un minimum les dépenses coloniales, généralement antipathiques à la mère patrie; d'un autre côté, si l’on avait entrepris des travaux plus importants, il eût été indispensable de faire venir d'Italie un bon nombre de
travailleurs, ce qui aurait compliqué la question coloniale, alors
qu'il fallait graduer les études et les travaux avec le calme et le
temps nécessaires, pour qu’ils se développassent d'une façon con=
tinue.
Au lendemain de l’occupation de Cassala (juillet 1894), je pen=
sai aux avantages que la défense, le commerce et la colonisation auraient pu retirer d’une voie ferrée mettant en communication le Soudan et la mer Rouge. Après avoir obtenu le consentement du ministère, je traitai avec la Société des chemins de fer mé=
ridionaux, qui entreprit, de bon gré et à ses frais, le travail des études préparatoires. Ces études furent achevées en 1894. Les
études définitives étaient presque terminées, pour le tronçon
conduisant jusque dans la combe de Ghinda, lorsque, à la fn de 1895, éclata la guerre; ces études furent même continuées pen” dant que l’on était en pleine guerre avec les Choans!.
1. Voir le tracé de voie ferrée Massaoua-Belesa-Chéren-A gordat- Gassala, sur la carte générale de l’Érythrée, annexée à ce volume,
fs MÉMOIRES D'AFRIQUE utile d'établir la liste des autres travaux. Ce qui a été races qui subsistent et le témoignage de tous ceux qui doivent suffire pour rétablir la vérité, c’est-à-dire
uver que l’on a fait AUDAINEneUt Eat ce que l’on a pu,
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