novembre, livre vert, xxr11 bis, n
De toute façon, après Debra Aïla (9 octobre) et avant Amba Alagi (7 décembre), les indices se rapportant au nombre de nos ennemis nous étaient favorables. Ils indiquaient, en effet, de la part de l’empereur Ménélick, une certaine crainte ou une certaine aversion pour la guerre, car Ménélick avait autorisé ras Maconnen à conclure la paix. De plus, de fortes fractions de troupes du Choa et du Harar devaient être maintenues sur less frontières, vers l’Aussa, vers les Dancalis, vers les Gallas. Certains chefs semblaient disposés à entrer en composition avec nous, tandis que d’autres nous étaient franchement favorables. On savait aussi, d’une façon positive, que le chitet général (c’est-à-dire l’appel aux armes de toutes les forces éthiopiennes, paysans compris), surtout dans le centre, n'avait pas rendu tout ce qu’espérait le negus neghesti. Enfin ras Mangascia lui-même écrivait à l’eccighié Théofilos qu'il était disposé à se présenter à Adoua, se fiant à ma générosité et posant comme seule condition de ne pas être placé sous les ordres de ras Sebath. « Ge pourrait être une ruse. » Voilà ce que je télégraphiai à Rome le 1° décembre‘. Mais en même temps j'envoyai au major Ameglio, commandant à Adoua,! des instructions lui prescrivant, si c'était possible, de détacher le fils du roi Jean de la coalition des Amahras avec ras Alula.
Il était naturel, en ce moment, de soupçonner une ruse; mais, en y réfléchissant plus tard, on pouvait croire que l'offre de ras Mangascia était sincère, si l’on considère que son ami intime ras Agos s'était déclaré pour nous, et que jusqu'alors nous avions pour nous une bonne partie du clergé. De plus, Mangascia re= doutait, pour son antique territoire, l'invasion désolante des Choans, bien qu’ils vinssent en amis; il craignait les prétentions des Tigrins revenant du Choa avec ras Alula, qui par trois fois s'était montré parjure envers lui; il se fiait toujours sur ses relations personnelles avec moi, d'autant plus qu’il prenait à la légère sa trahison et qu’il la considérait comme expiée; enfin des bruits couraient que les Choans lui enlèveraient son pouvoir. Ce chan: gement de l’ancien chef des Tigrins, battu à Coatit, était, du reste, conforme à sa nature impressionnable et inconstante ainsi qu'à las | façon de penser et au caractère des Abyssiniens. D'autre part, il craignait d’être abandonné, au bon moment, par ses amis du