‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 81 sur 156 · Livre vert, xxr11 guater, page · texte numérisé non relu

Livre vert, xxr11 guater, page

heures après l'avorr recu et de facon qu'il n'arriva Jamais à desti= nation, comme jamais n'arriva l'avis du lendemain.

Dans des circonstances ordinaires, j'aurais certainement dû faire rapatrier immédiatement le général Arimondi, ne füût-ce que pour le télégramme prescrivant de se replier à Amba Alagi, qu’il

avait transmis d’une façon au major Toselli et communiqué d’unés

autre augouvernement, — et aussi pour l’ordre de battre en retraite envoyé avec tant de retard et sans que les précautions indispensables eussent été prises pour qu’il arrivât à destination. Mais la chose fut tirée au clair seulement plusieurs jours après, quand le général Arimondi n’était pas présent pour se défendre. Quelques jours plus tard, quand Macallé était investi et au moment où les

événements pressaient, il ne me parut ni sage ni prudent de pren»

Là

dre une mesure aussi grave contre un homme doué d’éminentes qualités militaires, qui avait rendu tant de services à la colonie

et qui avait encore autour de son front la brillante auréole d’A=

gordat.

Et puis, pour juger avec impartialité, il faut tenir compte de la situation spéciale du général Arimondi, de sa position comme commandant des troupes, de la mission qu'il remplissait à ce

moment-là à Massaoua, du grave scandale qui en serait résulté,

en pleine guerre, des soupçons qui — malgré l’éclatante vérité = seraient tombés sur le gouverneur, lequel en ce moment se trous

vait dans une situation particulièrement difficile. Enfin la prus

dence me conseillait d'attendre le jugement du gouvernement central, juge compétent des deux généraux, lorsqu'il aurait reçu

le rapportou, pour mieux dire, les documents qui mettaient tout,

en lumière. Mais les documents relatifs à Amba Alagi, expédiés d'Adigrat au commencement de janvier, malgré mes pressantes instances, ne furent présentés au Parlement et publiés que plus

sieurs mois après (27 avril 1896), au moment où il étaitimpossible

de demander des comptes à un officier tué sur le champ de bataille; lorsque les passions étaient déchaînées et lorsque j'étais considéré comme le seul responsable de toutes les erreurs commisesé

1. Il est pénible, il est triste d'écrire ces pages ; mais c’est nécessaire pour la vérité. Les documents sont clairs, précis, irréfragables. Pourtant ces faits, qui décidèrent l'issue de toute la campagne, ont une telle gravité que je dois faire appel au témoignage des officiers survivants, tels que le colonel Valen-

zano, le major Salza, le capitaine Anghera, les lieutenants Bodrero et Pas |

voni, ainsi qu’à la bonne foi de ce même journaliste, M. Rossi.

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