AMBA ALAGI ET SES CONSÉQUENCES IMMÉDIATES
Les combattants d'Amba Alagi. — Ni les ordres ni les renforts ne parviennent. — Glorieuse journée du 7 décembre. — Le mouvement musulman s'arrête; les amis ardents se refroidissent, les tièdes passent à l'ennemi. — Macallé (Enda Jésus) assiégé (8 décembre). — On concentre la défense de l’Érythrée à Adigrat (9 décembre). — Le général Arimondi à Massaoua (14 décembre).
Il est inutile d'exposer bien des détails que l’on peut lire dans le livre vert; il est inutile de refaire l'historique de cette journée, qui, bien que malheureuse, est cependant si glorieuse pour les officiers italiens et pour les troupes coloniales.
La major Toselli se croyait lié aux pieds d’'Amba Alagi; il espérait avoir des renforts lui permettant de remédier aux difficultés du lieu et à l'insuffisance du nombre. Aidé par l’ardente fermeté de ses officiers qui avaient toujours vu le dos de l’ennemi, et parmi lesquels plusieurs avaient combattu pendant les deux Journées de Coatit, il resta en position, disposant ses troupes avec calme et intelligence et réservant une place pour les troupes de secours qui pouvaient arriver. [Il conserva sa position trop longtemps même contre un ennemi qui débordait de toutes parts.
Amba Alagi peut s'occuper comme une roche de montagne, en haut, avec une poignée d'hommes, tout comme un château du moyen âge ; alors elle peut résister des mois et des mois, comme les autres ambas! éthiopiennes, contre un ennemi dépourvu
1. Les montagnes qui constituent l’Éthiopie — le long de la grande arête africaine, se dirigeant du sud au nord, entre les bassins des lacs équatoriaux et du Nil d’un côté, et de la mer Rouge de l’autre — ont en général leurs parois à pic, tandis que le sommet est plat et a la forme d’une grande table. Leurs dimentions sont naturellement. très diverses; souvent, néanmoins,
d'artillerie et placé dans des positions moins favorables. Si on l’occupe comme une position, dans la plaine, on est amené à s’é-= tendre toujours davantage ; alors il faut plusieurs milliers d’hommes, surtout en ce terrain embrouillé qui se prête si bien aux mouvements tournants des Abyssiniens !.
Le major Toselli avait sous ses ordres, les forces suivantes :
Compagnie Issel..,.:.....
— Canovetti....
— eee Re : l'a se pacte.
CE Rice MR ue:
‘08 Bruzrzl: NE Centurie Pagella,,5244% Batterie Anghera:. 302 & canons.
Bandes de l’Oculé Cusai... 300 fusils.
Ras Sebath et degiac Ali... 390 — Cheik Thalas, sucer 350 —
Il y avait en tout, à Amba Alagi, dans la matinée du 7 décembre, 2,350 fusils au service de l'Italie.
Le récit de ce splendide combat se lit dans mon télésramme, adressé le 10 décembre, d’Adigrat au ministère ?, et dans les
rapports des lieutenants Bodrero, Bazzani et Pagella annexés au
rapport du général Arimondi écrit le 13 décembre*.
Comme on l’a dit, le 5 au soir, le général Arimondi, com" mandant du Tigré, reçoit l’ordre de faire replier le major Toselli et de se tenir sur la défensive, à Macallé. Le 5, Toselli informe le général Arimondi qu'il prévoit le contact pour le lendemain et l'attaque pour le 7. En me communiquant cette nouvelle (le 6à 4 heures de l'après-midi), le général Arimondi télégraphie“ « Macallé me semble trop éloigné du poste avancé d’Amba Alagi, et je considère comme inopportun d'assister passivement à une retraite, qui pourrait devenir désastreuse pour la colonne Toselli:
ces montagnes offrent des positions militaires ou des forteresses naturelles qui se prêtent à une défense prolongée. Ces positions rendent très difficile l'occupation du territoire. On donne le nom d’ambas à ces forteresses natu= relles, et ce nom s’étend à toutes les montagnes ayant cette forme spéciale: Voir l’Introduction. *
1. Voir notre carte spéciale d'Amba Alagi, jointe à ce chapitre.
2, Livre vert, xxi1r bis, n° 168. Le télégramme est, par erreur, daté de Massaoua.