QS M À NN 22,\ D PP" RECTIT
: C a 22. \SRS = £ NA |
\ \ La
ad À scrangh
Ch. XX
Les conséquences de la déroute d'Amba Alagi furent on ne peut plus funestes, bien que, au simple point de vue militaire, la bravoure de nos soldats en ait imposé et ait arrêté la furie des soldats abyssiniens; bien que nos troupes coloniales, dans leur fatalisme martial, aient été peu impressionnées par la défaite.
Mais tout l'édifice politique, indispensable à la défense coloniale, était ébranlé jusque dans ses fondations et s'écroulait méme, en partie, alors que croissaient la hardiesse, l’orgueil, les forces et les prétentions de l'ennemi.
Toute l'agitation musulmane qui, depuis plusieurs mois, avait été créée et fomentée avec tant d'adresse, d’habileté et de courage, par le capitaine Persico {aidé et remplacé ensuite par le lieutenant Giannini), était arrêtée par la disparition, à Amba Alagi, de cheik Thala et par la dispersion de ses soldats. Ceux-ci, moins habitués aux armes que les Abyssiniens, portèrent en fuyant, dans leurs montagnes et dans leurs oasis de la Dancalie, la nouvelle de la défaite; ils l’exagérèrent en la dépeignant sous les couleurs fantastiques qui leur sont habituelles; et ils arrêtèrent le mou- Yement en notre faveur jusque chez les Gallas, jusque dans PAussa, au moment même où il avait pris une tournure décisive, contre la ligne d'opération éventuelle du regus, depuis Adis Abeba jusqu'à Amba Alagi*.
Il ne faut pas se figurer que nous aurions eu des milliers de Yaillants alliés, capables de combattre en rase campagne; mais ilest facile de s’imaginer que même des bandes éparses de gens armés et hostiles, dans un semblable terrain, auraient obligé Pennemi à employer de nombreuses forces pour garder ses flancs. De semblables manifestations auraient probablement empêché Pennemi de s'engager à fond dans ses opérations, car, en cas d'insuccès, une retraite se serait transformée en une débandade, en une fuite.
A la suite de la défaite d'Amba Alagi, nos relations avec les chefs abyssiniens d'au delà de la frontière tigrine reçurent un coup dont elles auraient difficilement pu se relever, même par une victoire ultérieure. Dans le Lasta, le parti favorable aux Îta- | liens, qui allait, un jour ou l’autre, avoir le dessus, tomba tout d'un coup Les petits seigneurs féodaux, principalement ceux du centre,