‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 92 sur 156 · Livre vert, xxzrr bis, n · texte numérisé non relu

Livre vert, xxzrr bis, n

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de Rome à Massaoua comme vice-gouverneur, avec les pouvoirs de gouver= neur, pendant que je commandais le corps d'opération à la frontière,

. Le major général Lamberti avait été nommé le 23 décembre et envoyé |

question dans le télégramme du président du conseil Crispi, surtout avec ce terrain, avec nos effectifs, avec l'éloignement de la base d'opération, avec ces éléments européens qui entraient à peine en jeu par leur organisation et leur embarquement, et qui étaient encore loin de pouvoir mettre dans la balance même un effet moral, .… et enfin avec les Derviches sur l’Atbara. Mais, même dans l'idée purement défensive, on pouvait observer que mon plan de défendre la colonie de l'Érythrée dans le cœur de l’'Agamé, au lieu de pécher par excès de prudence, péchait au contraire par excès d'audace. Et maintenant, après les événements, la remarque s'est changée en un blâme complet. Alors, on appelait timidité ce que, trois mois après, on a qualifié de témérité. Adigrat (dit-on actuellement) était trop éloignée ; il fallait reculer au moins à Adi Caié, ou à l’'Asmara, parce que la ligne de jonction avec Massaoua était longue et difficile; parce qu'il était compliqué et difficile de concentrer des troupes italiennes à Adigrat at de les y faire vivre; parce que l'ennemi en s’avançant se serait affaibli.

Certes, au lendemain d'Amba Alagi, j'étudiai soigneusement le roblème ; mais je ne crus pas devoir reculer en attirant la guerre wcœur de la colonie. Il me semblait très dangereux de laisser énétrer l'ennemi au delà des anciennes frontières, soit parce (ue, dans ces conditions, une défaite aurait eu des conséquences tréparables et aurait amené probablement la ruine complète de Erythrée; soit parce que, en nous retirant, nous aurions sacriétoutes les ressources des nouveaux pays et nous aurions exosé nos territoires à être dévastés ; soit parce que nous aurions abandonner à son sort la garnison de Macallé et démanteler Mort d’Adigrat. Le général Arimondi, après Amba Alagi, n’ajait-il pas maintenu le fort de Macallé pour servir de pivot et de 45e à nos possibles opérations futures? Et Macallé n’était-il pas M5 kilomètres au sud d’Adigratt?

| Que l’on pense à l'atmosphère d'alors : on voulait la guerre fensive et l'on n’admettait même pas l’idée d'un arrangement. ue l’on pense aux acerbes critiques qui m'ont été adressées pur ne m être pas décidé à attaquer le camp ennemi de Macallé. Le ministre était bien informé sur les forces ennemies, puisque

IL. Télégramme du général Arimondi au gouverneur, du 8 décembre. Voir \apitre XVIII.

dès le 7 décembre, c’est-à-dire avant même de savoir que le coms bat était engagé à Amba Alagi, je calculais que Maconnen avait 30,000 fusils. Le 9, je comptais que les forces de l’envahisseur immédiat pouvaient s'élever à 40,000 fusils, y compris les dans des. Ce chiffre resta peu supérieur au chiffre exact, pendant un mois entier, jusqu’à ce que l’empereur Ménélick, avec toute l’armée choanne, arriva à Scelicot (Celiquot), près d'Antalo, danse rayon des opérations contre Macallé (4 janvier), trois jours avant que le premier bataillon italien ne parvint à Adigrat*.

Le ministre savait parfaitement qu'à Amba Alagi nous avions perdu environ 2,000 hommes tués ou disparus, que nous en avions environ 1,300 enfermés à Macallé, qu'il y avait autour de Macallé plus de 30,000 fusils et que précisément à ce moment-là (20 décembre) Ménélick venait d'arriver au lac Ascianghi avec le même nombre de fusils. Si l’on songe que ce fut plus tard qu’arriva Teclaimanot, regus du Goggiam, avec 20,000 fusils, et que d’autres hommes rejoignirent la colonne choanne, soit par

groupes, soit isolément, on verra facilement que les informa- |

tions étaient conformes à la vérité. € |

Par mon télégramme du 26 décembre, je précise le nombre des fusils, autour de Macallé (32,000, tous se chargeant par la culasse), en indiquant la répartition entre les différents ras (Man-

gascia, Maconnen, ras Micael, ras Olié, ras Alula, Üacscium Guangul, Mangascia Atichim, etc). Mes chiffres furent, plus tard, reconnus exacts?. %

Le ministère savait que mon intention formelle était de rassem: bler les troupes dans la combe d’Adigrat. Et, dès ce moment, les menaces des Derviches contre Cassala étaient évidentes. Je les avais annoncées par les télégrammes des 1°", 15 et 19 décembre* confirmées par des télégrammes ultérieurs; elles furent mises ! exécution deux mois plus tard. Et pendant ce temps (13 décembre je télégraphiais à Rome, sur la situation à Adigrat, entre autre: choses : « Je ne puis attaquer l'ennemi, parce qu'il est encore hor.

1. J'annonce que, d’après trois informateurs, Ménélick est arrivé à Celi quot avec Teclaimanot, roi du Goggiam (télégrammes du 8 janvier, d’Adi grat, du 9 janvier, de Massaoua, livre vert, Xx1I11 bis, n° 284), en disant qu la nouvelle concernant Ménélick est probable et en ajoutant que l'armé choanne avait le même effectif que celle des ras. !

2, Livre vert, xxrrr bis, n° 229, 244.

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