‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 93 sur 156 · Livre vert, xxat bis, n · texte numérisé non relu

Livre vert, xxat bis, n

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de portée et trop nombreux. Si l'ennemi s’avance et nous attaque avec ses forces groupées, Je suis sûr de le repousser; la retraite pour lui se changera facilement en désastre. Si l’enneni se porte vers le Mareb, je compte profiter de la circonstance pour l’attaquer de flanc. »

Si, au point de vue militaire, on peut reprocher une erreur à ce programme défensif, dans les conditions où nous nous trouvions, c’est d’être trop déterminé et trop hardi, surtout si lon réfléchit (et le ministère le savait) qu’au camp d’Adigrat il n’y avait qu’un peu plus de 7,000 combattants?.

Toutefois, c'était un programme de pure défensive, avec l’espoir d’un coup offensif, si l'ennemi s'était divisé ou nous avait prêté le flanc. Je n'avais aucune idée de conquête. — Et comment aurais-je pu l’avoir ?

Mais le président du conseil télégraphiait, le 17 décembre :

« Le moment est critique pour toi et pour nous. Nous t’avons envoyé et nous tenvoyons plus que ce que tu as demandé, Si Minsuffisance des moyens ou l'imprévoyance occasionnent des malheurs, ce ne sera pas notre faute. »

Le lendemain il télégraphie : « Tu demandes de nouveaux venforts sans spécifier, attendant pour cela que la situation soit mettement définie. La distance entre l'Italie et Massaoua et de

Massaoua à l’Abyssinie est telle qu'il faut savoir prévoir les Desoins. — Explique-toi immédiatement; il y va de ton honneur et de l'honneur de l'Italie. Il semble que, dans ton esprit, il y ait confusion et incertitude. Il est temps de prendre les mesures nécessaires. »

"Le 23 décembre : « On fait courir le bruit que l'ennemi a 200,000 fusils. Je crois qu’il estnécessaire d'organiser un service d'information qui nous indique avec sécurité ce qu’il y a à faire stnous prévienne d’une surprise comme celle d'Amba Alagi. » MEt le même jour : « Tu devrais connaître les .. de l'ennemi pour pouvoir te décider s’il faut faire une campagne offensive, ou nous mettre sur la défensive. Dans le premier cas, pense que le Passage par Zeila nous est permis, sans cependant que nous puissions nous y arrêter. Pour les deux partis à suivre # faut M Livre vert, XXIII bes, n° 173.

2: Télégramme du 13 décembre, n° 172 : « J'ai de présents, à Adigrat, 5,350 réguliers, 1,450 irréguliers et une batterie de montagne de 8 pièces, »

déterminer le nombre des hommes qui nous sont nécessaires. Dans le cas où nous devrions nous limiter à la défensive, il faut organiser notre Gibraltar. — Décide-toi. — Ne perds pas de temps. »

Et le 25 décembre : « Je ne donne point de conseils, parce que le général qui se trouve sur les lieux peut seul décider ce que doit et peut être l’action qui nous convient le mieux. Je puis cependant faire observer que, pour une guerre offensive, il faut des forces plus considérables que celles dont nous pouvons disposer actuellement. Sur l’armée abyssinienne nous ne pouvons faire que des conjectures.. Il ne faut pas perdre de temps, parce que le temps perdu est au bénéfice de l'ennemi”. »

Bien que ces télégrammes fussent alors secrets et bien qu’ils puissent s'expliquer par l’impatience et par la façon d'agir de l'homme et par la familiarité qui l'unissait à moi, son ancien compagnon d’armes, j'aurais dû répondre en demandant à être relevé de mes fonctions. Mais un soldat pouvait-il faire une sem blable demande à la veille d’un combat? Ne devais-je pas tenir compte des manifestations officielles du roi, du parlement et du gouvernement, qui, à plusieurs reprises, témoignaient, de la façon la plus solennelle, leur confiance en moi, bien que l’on ne connût pas encore, en Italie, les responsabilités d’'Amba Alagi et que la presse hostile eût pu me les attribuer? |

À qui aurais-je pu confier la direction suprême, et pour coms bien de temps et dans quelles conditions aurais-Je dû, attendre un successeur ?

Plus tard, en janvier, la question des renforts se présenta de nouveau, et Crispi télégraphiait, le 7 janvier : « Le gouvernement t'a envoyé tout ce que lu as demandé en hommes et en armes. Le pays attend une autre victoire, et moi je l’attends*”.…. telle qu’elle termine pour toujours la question abyssinienne. Fais attention à ce que tu fais. Il y va de ton honneur et de la dignité de notre Italie. »

Je répondis le lendemain (8 janvier) : « Je mériterais le blâme,

la méfiance et une condamnation, si j'avais demandé moins de troupes qu’il n’était possible d’en nourrir, pour obtenir le meil-

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